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    Algérie: Issad Rebrab, un puissant du privé dont le pouvoir se méfie

    Issad Rebrab, le président du groupe Cevital. AFP/Farouk Batiche

    Le patron algérien Issad Rebrab, à la tête du groupe Cévital, était début novembre à Charleville-Mézières dans le nord de la France, à l’occasion de la visite du président Emmanuel Macron. Il annonçait vouloir créer près d’un millier d’emplois. Première fortune de son pays, il multiplie les investissements.

    « Nous avons gardé en France tout ce qui est rentable, tout ce qui est de très haute technologie... »

    Nous sommes à l’usine Brandt d’Orléans. Issad Rebrab, qui a racheté la marque en 2014, fait visiter le site à des journalistes de France Média Monde. Il en profite pour expliquer un concept qui lui tient à cœur, la « colocalisation », où comment profiter des avantages comparatifs de deux pays. Il rajoute : « Nous avons construit une nouvelle unité de production en Algérie pour compléter. »

    En Algérie, Issad Rebrab est une figure atypique. Il a créé en vingt ans, le plus grand groupe privé du pays, Cevital, quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires, dix-huit mille employés, un conglomérat présent, entre autres, dans l’industrie métallurgique, l’agro-alimentaire, la distribution. Ishane El Kadi, directeur du média Maghreb Emergent, a suivi l’ascension de cet homme qu’il qualifie de précurseur : « C’est quelqu’un qui est optimiste sur la capacité de l’Algérie à devenir un grand acteur dans la région ».

    Issad Rebrab a su profiter de l’ouverture de l’économie algérienne au tournant des années 1990. A l’époque, l’étatisme est à bout de souffle et l’Etat décide de libéraliser des pans entiers de l’économie. C’est alors que l’ancien expert-comptable, devenu métallurgiste, prend son envol.

    « Je me rappelle dans les années 70, les opérateurs économiques algériens privés étaient à peine tolérés. Aujourd’hui, on est quand même accepté. L’Etat continue de se mêler de certaines activités économiques, au lieu de les laisser au secteur privé beaucoup plus efficace. Donc, pour faire évoluer ces mentalités, il faut beaucoup de temps. »

    Les relations entre l’Etat et l’entrepreneur sont complexes, ambigues. Dans un pays où rien ne se fait sans l’aval du gouvernement, le patron doit composer. Depuis quelques années, il accuse l’administration de freiner son essor. « J’ai de projets industriels qui sont bloqués depuis près de dix ans et même au-delà ! »

    L’homme le plus riche du pays, né dans une famille pauvre de Tizi Ouzou il y a soixante-quatorze ans, se veut pourtant un modèle pour son pays. Le patriotisme économique en bandoulière, il répète sur tous les tons son credo : « Ma seule et unique ambition, c’est le développement économique du pays ».

    Ses ambitions économiques, ses investissements dans la presse indépendante, ses dénonciations de l’incurie des dirigeants, font de lui un homme dont le pouvoir se méfie. Mais si le courant passe mal, c’est selon Ishane El Kadi, parce que l’efficace patron d’un empire privé renvoie aux cercles dirigeants l’image de leurs propres lacunes.

    « Je ne dirai pas que c’est un patron social au sens classique, mais c’est un patron proche de ses équipes, qui s’intéresse beaucoup aux procès industriels, et il est dans le monde... il fréquente les patrons ailleurs, il connait les économies étrangères, etc. » Avant de rajouter :« C’est quelqu’un qui a pu voir le potentiel économique de l’Algérie, ce que la génération Bouteflikha n’a pas. C’est-à-dire qu’il y a un grand dessein algérien qui existe dans la tête d’Issad Rebrab, mais qui n’existe pas dans la tête des politiques. En tous les cas dans celles de ceux qui ont dirigé l’Algérie depuis vingt ans. »

    L’homme a aussi ses faiblesses et sa part d’ombre. Ainsi, il apparait dans l’enquête sur les Panama Papers et le système d’évasion fiscale mise en place par le cabinet Mossack Fonseca. Il aurait possédé dans les années 90 des comptes off-shore alors que la loi algérienne l’interdisait.


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