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    Cecilia Malmström ou le libre-échange bousculé

    La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. REUTERS/Denis Balibouse

    Ce vendredi, RFI dresse le portrait de Cecilia Malmström, la commissaire européenne au Commerce. La Suédoise a eu fort à faire cette année avec la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre la Chine et l'Union européenne. Des circonstances qui l'ont incitée à monter au créneau et à défendre le libre-échange coûte que coûte.

    Cecilia Malmström a notamment porté le plus grand accord commercial jamais signé par l'Union européenne avec le Japon. Le JEFTA couvrira à partir de 2019 plus de 600 millions d'habitants. Il est censé augmenter de 20 milliards d'euros les exportations européennes. Cecilia Malmström n'avait pas besoin de mentionner Donald Trump pour que tout le monde comprenne le message dirigé contre le protectionnisme. Qui mieux qu'elle dans le rôle du porte-drapeau du libre-échange ? La Suède, son pays d'origine a tiré sa réussite de ce libre-échange.

    Elle le défend à travers ses voyages incessants, à l'aide d'une dizaine de tasses de café par jour et avec opiniâtreté. Urban Strandberg, maître de conférences en sciences politiques à l'Université de Göteborg la connaît depuis les bancs de la fac de sciences politiques il y a trente ans : « Je pense qu'elle est dure tout en étant très compétente. Mais à la différence de beaucoup, elle reste une personne aimable. Cette combinaison entre une bonne connaissance des dossiers, la concentration sur l'objectif dans les négociations, mais avec beaucoup d'humour, je pense que c'est un très bon atout dans n'importe quelle situation, mais encore plus quand on doit négocier avec des personnes très dures comme le sont les membres de l'administration Trump ! »

    Quelle autre part de son héritage scandinave revendique la commissaire européenne ?

    Outre le libéralisme qu'elle défend bec et ongles face aux critiques contre des accords « climaticides » ou complètement naïfs dans le contexte mondial, Cecilia Malmström a aussi faite sienne la sacro-sainte transparence qui marque en fait depuis le début son mandat. « Elle a fait énormément énormément de changements, elle met des textes en ligne et elle a un site plus dynamique, salue Cécile Toubaut de l'ONG Transport et environnement. Elle a fait un effort vraiment incroyable. [Il reste encore] beaucoup de travail à faire mais surtout, ce qu’on espère, c’est qu’avec les élections européennes et la prochaine commission, que cette porte va rester ouverte avec un dialogue très positif ».

    Rappelons qu'en plus du facteur Donald Trump, c'est sous la pression de la société civile qu'ont été abandonnées les négociations sur le très controversé projet d'accord de libre-échange TAFTA avec les Etats-Unis.

    Cecilia Malmström a dû aussi aller contre son penchant naturel : menacer de riposter en cas de sanctions américaines.

    En menaçant de taxer plus lourdement une liste de produits ciblés comme les motos Harley-Davidson ou le Gin, la commissaire européenne au Commerce a égratigné ce dogme du libre-échange à son corps défendant. C'est la première fois qu'il est si fortement remis en cause par ses habituels tenants, Etats-Unis en tête.

    Et si cette polyglotte qui maîtrise l'anglais, le français, le suédois, l'espagnol, l'italien, l'allemand, et même le catalan, n'a pas perdu sa volonté de discuter, de convaincre et de négocier, on peut penser que quelque chose s'est brisé dans l'élan qui était le sien depuis son arrivée à la tête du Commissariat en 2014.

    Le Quotidien de Suède, journal conservateur, a publié une interview il y a quelques jours où elle raconte qu'elle se verrait bien arrêter la politique après les élections européennes de mai prochain.

    Reviendra-t-elle enseigner à l'université de Göteborg où elle a soutenu sa thèse sur les partis régionaux en Europe ? « Elle adore revenir à l'université ! C'est un lieu qui incarne ses (deux) valeurs : celle de la recherche du savoir, et celle du débat. L'université, c'est l'esprit des lumières avec toutes ses valeurs-là. C'est ce qu'elle vous répondrait et c'est pourquoi elle aime y être », assure son ancien camarade Urban Strandberg.

    Un retour au pays n'étonnerait pas ses proches mais ce serait une immense page de tournée pour celle qui a fait presque toute sa carrière dans les institutions européennes, du Parlement à la Commission.


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