GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 16 Octobre
Jeudi 17 Octobre
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
Aujourd'hui
Lundi 21 Octobre
Mardi 22 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos

    Mohamed Baghali: «Les Algériens savent que la présidentielle ne va pas trop changer leur vie»

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika dans un bureau de vote, le 23 novembre 2018. RYAD KRAMDI / AFP

    En 2018, l'Afrique a connu son lot d'élections présidentielles. De l'Egypte à Madagascar, en passant par l'Ethiopie, le Zimbabwe ou encore le Cameroun. 2019 devrait être tout aussi riche. C'est cette année que doit se tenir la présidentielle en Algérie. Scrutin a priori prévu au mois d'avril. Mais la date reste incertaine. Mohamed Baghali est rédacteur en chef du quotidien algérien El Khabar.

    Rfi: Les Algériens doivent être appelés aux urnes dans le courant de l’année 2019. Quels sont les enjeux de ce scrutin ?

    Mohamed Baghali: Les enjeux sont très importants parce que les Algériens aujourd’hui, vu l’état de santé du président Bouteflika, se demandent ce que sera la suite. En effet, durant ces vingt années du règne du président Bouteflika, il y a eu beaucoup de vide qui a été provoqué et la classe politique est déchirée, anéantie et donc, les Algériens sentent, aujourd’hui, qu’il y a un grand vide par rapport à cela. Il n’y a pas une élite, parmi l’opposition, qui peut proposer aux Algériens une alternative sérieuse.

    Comment expliquez-vous le fait que l’opposition algérienne, aujourd’hui, n’est pas en mesure de fédérer ?

    Les partis de l’opposition algérienne ne sont pas très indépendants ni très autonomes. Ils sont, la plupart du temps, liés à des cercles de décision.

    Le FLN a d’ores et déjà fait savoir que le président Abdelaziz Bouteflika sera candidat à sa propre succession, pour un cinquième mandat. On n’a pas entendu le président se prononcer lui-même sur la question. On le sait, il est très affaibli depuis son accident vasculaire cérébral. Sera-t-il vraiment en mesure d’être candidat et président ?

    Le FLN d’aujourd’hui ne s’est pas encore prononcé sur cela. Vous avez l’ancien secrétaire général, Djamel Ould Abbès, qui s’est prononcé et qui a dit clairement, il y a quelques semaines, que le président Bouteflika allait être son candidat pour la présidentielle. Comme par hasard, quelques jours après, il a été démis de ses fonctions. Nous avons vécu là quelque chose de bizarre. Il y a eu une déclaration de l’actuel coordinateur du FLN, Mouad Bouchareb, où il dit que le président Bouteflika allait être le candidat du FLN. La déclaration a été publiée sur la page Facebook officielle du FLN et elle a également été publiée sur le site web officiel du FLN. Comme par hasard, la direction du FLN a nié que le coordinateur du parti, Monsieur Mouad Bouchared, ait déclaré cela.

    On est donc en train de démentir une information, une déclaration du coordinateur du parti qui a été publiée sur le site web officiel du parti. Vous imaginez, un petit peu, la « ratatouille » dans laquelle se trouve la classe politique en Algérie et le pouvoir politique, en particulier.

    Du côté des Algériens, est-ce que l’on ressent un engouement particulier pour cette présidentielle ou au contraire, les Algériens sont-ils résignés ?

    Cela fait un bon moment que les Algériens ne s’occupent pas beaucoup de la chose politique. C’est vrai que l’échéance est très importante mais les Algériens savent que, parmi tous les scénarios qui existent (soit le report, soit le cinquième mandat) il s’agit d’un rendez-vous dans lequel ils ne se voient pas. Ils savent que leur vie ne va pas trop changer, que la crise économique est très importante et que leur pouvoir d’achat est en train tomber dans les fins-fonds de la pauvreté. Aussi, je dirais que la plupart des Algériens n’accordent pas beaucoup d’importance à ce rendez-vous, vu que l’impact ne sera pas énorme sur leur quotidien.

    Est-ce que cela veut dire que les Algériens, aujourd’hui, sont démissionnaires de la vie politique de leur pays ?

    Oui, cela fait un bon moment. Il faut juste revoir les taux de participation dans les derniers rendez-vous électoraux, vous remarquerez que les Algériens sont largement démissionnaires de la chose politique en Algérie.

    Justement, à terme, ce fossé qui se creuse finalement entre le pouvoir politique et la population, ne risque-t-il pas de se retourner contre le pouvoir ? Est-ce que, finalement, ce n’est pas une bombe à retardement ?

    C’est vrai et cela fait énormément peur parce que le pouvoir algérien ne s’est jamais retrouvé face au mur, comme cette fois, et que nous pensons, par conséquent, que le danger vient de cela.

    D’habitude, là-haut, on tombe d’accord sur un choix et on le mène. Or, aujourd’hui, le fait que les décideurs ne soient pas d’accord sur quelque chose qui est très importante, à savoir l’élection présidentielle, cela nous fait peur.

    Nous avons entendu, par le passé, que quand ça va mal là-haut, ça va mal en bas parce qu’il y a des gens, là-haut, qui peuvent faire bouger la rue dans un sens ou dans un autre. On l’a vu. La dernière fois, c’était en janvier 2011 et nous avons donc peur de cela.

    J’ai davantage peur de la réaction de ceux qui ne seront pas d’accord avec ce qui sera décidé là-haut, que de la réaction du peuple algérien. Vous savez, le peuple algérien est très fatigué, après la décennie noire. Il est aussi est en train de voir ce qui se passe en Libye, en Tunisie, en Egypte ou encore en Syrie. La peur ne vient donc pas de la réaction du peuple algérien proprement dite qui, je pense, ne sera pas pour demain. La peur vient de là-haut et pas d’en bas.


    Sur le même sujet

    • Algérie

      Algérie: RSF dénonce la condamnation à un an de prison ferme d’un journaliste

      En savoir plus

    • Aujourd'hui l'économie, le portrait

      Algérie: Issad Rebrab, un puissant du privé dont le pouvoir se méfie

      En savoir plus

    • Algérie

      Algérie: manifestation à Béjaïa en soutien aux travailleurs du groupe Cevital

      En savoir plus

    • Religions du monde

      19 Bienheureux pour l’Eglise d’Algérie

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.