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    Arnaud Froger (RSF): «Une volonté manifeste d'empêcher les informations de circuler» en RDC

    Un agent électoral de la Céni scelle une urne devant des observateurs dans un centre à Kitendo, à Lubumbashi, lors du scrutin du 30 décembre (photo d'illustration). Caroline Thirion / AFP

    La diffusion de Radio France Internationale en FM est coupée depuis mardi dans la quasi-totalité de la RDC et notre correspondante Florence Morice s’est vu retirer son accréditation. Des sanctions prises par les autorités du pays qui accusent notre radio d’avoir proclamé des résultats, ce que nous contestons. Pour Arnaud Froger, le responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières (RSF), « s’attaquer à RFI, c’est un moyen de verrouiller les informations » à quelques jours de l’annonce des résultats de la présidentielle. Il répond aux questions de Pierre Firtion.

    RFI : Depuis mardi, les émetteurs de RFI en RDC sont coupés. Notre correspondante, Florence Morice, s’est vu retirer son accréditation. Certains ont le sentiment que les autorités veulent verrouiller la parole avant l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Est-ce que c’est aussi votre sentiment ?

    Arnaud Froger : En tout cas, ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a effectivement une volonté manifeste d’empêcher les informations de circuler. Vous évoquiez le cas de votre correspondante qui s’est vu suspendre son accréditation. Il y a aussi la coupure d’internet. Nous, à RSF, c’est une stratégie qu’on considère à la fois comme liberticide bien évidement, mais aussi comme contreproductive parce que, couper internet, couper le signal de RFI, renvoyer une correspondante, c’est priver les Congolais d’importants médias d’information, et cela risque d’alimenter les craintes, cela risque d’alimenter les suspicions. Cela porte aussi à l’atteinte à la transparence et donc à la crédibilité du scrutin. Donc c’est contreproductif.

    Comment interpréter justement la coupure d’un média comme RFI ?

    RFI, c’est aujourd’hui un média international de référence. C’est aussi un média très populaire en République démocratique du Congo. Donc, s’attaquer à cette station, s’attaquer à ses journalistes, c’est un moyen de verrouiller les informations, des informations crédibles qui en émanent. C’est un moyen aussi d’empêcher des critiques qui peuvent être exprimées éventuellement à l’antenne. C’est un moyen d’étouffer le débat public. Bref, c’est faire en sorte que les informations, en attendant que la Commission électorale prononce les résultats, ne soient pas divulguées, ne soient pas relayées sur les médias qui bénéficient d’une certaine popularité, et d’un certain écho dans le pays.

    Ce genre de pratique n’est pas nouveau en RDC. Le signal de RFI a déjà été brouillé à plusieurs reprises par le passé, notamment en 2011 au moment de l’élection présidentielle

    C’est la manifestation de la volonté des autorités de la République démocratique du Congo, et ce depuis des années, de verrouiller certaines informations et d’accentuer aussi la pression sur des médias. RFI est particulièrement la cible des autorités, car RFI est très populaire en RDC. Etre en perpétuelle négociation sur ce qu’a le droit de faire ou non RFI, porter atteinte au professionnalisme de ses journalistes et les remettre en cause à longueur de temps, c’est une manière d’intimider et d’exercer des pressions sur un média et sur les journalistes qui le représentent localement.

    Comment cela se passe sur le terrain, concrètement, pour les journalistes qui couvrent ce scrutin ?

    La situation est évidemment très compliquée en ce moment pour plusieurs raisons. D’abord parce que, internet et les services également SMS, qui sont des outils incontournables pour échanger, pour partager, pour vérifier des informations, sont des services qui ne sont plus opérationnels aujourd’hui. Un journaliste me racontait hier matin qu’il n’arrivait pas à joindre ces sources via les réseaux sociaux et qu’il n’avait pas les moyens d’effectuer toutes ses communications avec des appels téléphoniques qui sont évidemment très coûteux. Ensuite parce que, internet, ce n’est pas seulement un outil de travail pour les journalistes, c’est aussi un média. Il y a de nombreux sites d’actualité qui exercent leur activité en ligne qui sont très suivis en RDC et qui ne sont plus accessibles. Et aussi le fait que la coupure de ces réseaux participe comme je l’évoquais, à un climat d’inquiétude et de suspicion. En empêchant les informations de circuler dans un moment aussi important pour la RDC, cela va participer à une montée des craintes et des rumeurs puisqu’on empêche les professionnels de l’information d’effectuer correctement leur travail.

    Vous avez le sentiment que les menaces, intimidations et même les actes de violence se sont multipliés ces derniers mois contre les journalistes ?

    Il y a eu en RDC au cours de l’année 2018 une centaine d’exactions contre les journalistes recensées par Reporters sans frontières. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une accélération due au climat préélectoral. Mais la RDC reste en tout état de cause, au cours de cette année 2018, le pays d’Afrique subsaharienne où RSF enregistre le plus grand nombre d’exactions contre les journalistes. Les responsabilités sont évidemment plurielles. Elles peuvent venir de politiciens locaux, de gouverneurs parfois. Elles peuvent venir de groupes armés. Mais la première responsabilité, c’est avant tout évidemment celle du gouvernement sortant qui n’a rien fait pour améliorer la protection des journalistes ces dernières années. J’en veux pour cela un exemple : le cadre légal qui régit la presse en République démocratique du Congo date de 1987. C’est un texte qui avait été signé de la main du maréchal Mobutu sous la dictature, avec les peines qui sont évidemment extrêmement sévères. Le projet de loi pour réformer ce texte traîne depuis des années dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Et on n’a pas senti une volonté très forte de l’Exécutif pour accélérer cette réforme qui est pourtant indispensable à l’amélioration de l’environnement dans lequel évoluent les journalistes et les médias.

    Comment faire pour lutter contre ce genre de pratique ?

    Notre première arme, c’est d’informer et de démontrer, c’est d’alerter aussi l’opinion publique sur ce qui se passe. Il faut savoir qu’au Tchad par exemple, les réseaux sociaux sont inaccessibles depuis le 28 mars dernier [2018]. La deuxième, c’est de tout mettre en œuvre par une démarche de plaidoyers auprès des autorités pour que celles-ci n’aient plus recours à ce type de méthode. Cela passe évidemment par le dialogue, cela peut passer aussi par des contentieux juridiques. Nous, nous soutenons les acteurs locaux et les autres organisations qui contestent la légalité de ces actes de cyber censure qui peuvent être orchestrés par certains Etats.


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