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    «L'Argent fou de la Françafrique» pour tout savoir des sujets tabous

    «L'Argent fou de la Françafrique» aux Editions Glénat. Editions Glénat

    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Françafrique sans oser le demander, c’est avec cette bande dessinée : L’Argent fou de la Françafrique aux éditions Glénat. Une bande dessinée qui revient sur l’affaire des « biens mal acquis ».

    L'Argent fou de la Françafrique revient sur l'affaire des biens mal acquis. Une affaire qui a révélé l'extraordinaire patrimoine constitué en France par des dirigeants africains, grâce à l'argent de la corruption.

    La bande dessinée s'ouvre sur une scène marquante. Le 28 septembre 2011, dans le 16e arrondissement de Paris, la police saisit les voitures de luxe de Teodorin Obiang Nguema, le fils du président équato-guinéen.

    42, avenue Foch

    « C’est vraiment le début de l’affaire des biens mal acquis, c’est-à-dire cette procédure judiciaire qui a commencé en 2007, le début de la plainte, explique Xavier Harel, journaliste et scénariste de L'Argent fou de la Françafrique. Mais cette affaire prend véritablement de l’épaisseur le jour où l’on commence à saisir les voitures de Teodorin Obiang Nguema qui a, à l’adresse 42, avenue Foch, un domicile absolument gigantesque, 2 000 mètres carrés, un immeuble entier, et des dizaines de bolides de luxe, dont des Bugatti Veyron à un million d’euros. »

    Cette bande dessinée permet de comprendre le système de la Françafrique, avec des personnages hauts en couleur, du suspense et quelques schémas très clairs. Tout cela fait l'intérêt de la bande dessinée L'Argent fou de la Françafrique... Françafrique, un terme décrit sous forme de triangle dès le premier chapitre du livre.

    Des relations politiques incestueuses

    « La Françafrique est quelque chose de très particulier, souligne Xavier Harel. Cela tient à l’histoire de la France avec ses anciennes colonies qui ont obtenu l’indépendance de Paris et qui ne l’ont pas obtenu les armes à la main. Si bien que, à la tête de ces pays, bien souvent la France, Paris, l’Élysée, a mis en place des régimes amis. Et dans le Golfe de Guinée, au Gabon, au Congo, au Cameroun, il s’agissait de pays qui étaient riches en pétrole, où Elf a pompé du pétrole dès les années 1950 ou 1960. Et c’est cette triangulaire entre compagnie pétrolière Elf, ces régimes amis de Paris et l’Élysée qui a donné naissance à la Françafrique, c’est ce mélange de relation politique incestueuse, d’affairisme et d’intérêts stratégiques pétroliers. »

    Restituer les biens détournés aux peuples spoliés

    Si l'affaire des biens mal acquis éclate, c'est à cause d'un changement de réglementation internationale. L'ONU proclame que l'on peut restituer aux peuples spoliés les biens détournés par la corruption. C'est sur cette base qu'une plainte est déposée en France. Selon le scénariste Xavier Harel, ce changement de législation a été un déclic :

    « En tout cas, cela a été un déclic pour le CCFD [Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement], qui est à l’origine de cette affaire. La première plainte remonte à 2007. L’idée était de faire un état de lieu des détournements de fonds, des biens mal acquis – pas seulement en Afrique, mais un peu partout dans le monde. Et puis de trouver un débouché judiciaire. Dès 2007, il y a une plainte qui est déposée, en vue de poursuivre le Gabon, le Congo, l’Angola, la Guinée équatoriale et le Burkina Faso. »

    C’est une première et une grande surprise

    Après cette plainte déposée en 2007 pour recel de détournement de biens publics, le parquet de Paris ouvre une enquête, et cette plainte a été déclarée recevable. C’est une première.

    « C’est une première et surtout, c’est une grande surprise. Cette affaire va prospérer, parce que le parquet, en ouvrant une enquête, va mettre à jour un patrimoine colossal de la famille Bongo, de la famille Sassou, de la famille Obiang en France. Et d’un seul coup, ce qui était un peu un secret de Polichinelle pour les journalistes qui suivent ces sujets devenait une vérité qui pouvait être écrite, décrite et publiée. Et cela a été évidemment un grand coup de pied dans la fourmilière de la Françafrique. »

    La force de la BD est de nous donner à voir des scènes extraordinaires. Comme quand l'avocat Robert Bourgi déclare avoir remis quatre djembés remplis de 3 millions de dollars à Jacques Chirac, alors président de la République. Somme qui provenait, selon l'avocat, du régime Compaoré, au Burkina Faso.

    La magie de la BD

    « C’est la magie de la bande dessinée, remarque Xavier Harel. C’est-à-dire, enfin on a pu se glisser dans le bureau de Jacques Chirac avec Robert Bourgi et compter les billets d’Omar Bongo, de Sassou ou de Teodorin Obiang Nguema. C’est ça la force de la bande dessinée. Quelque chose qui est abstrait devient concret. En bande dessinée, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, vous pouvez être partout, à partir du moment où les informations sont vérifiées et recoupées, ce qui est le principe de cette bande dessinée, c’est avant tout un travail journalistique. »

    Et la bande dessinée permet de toucher un public qui n’a pas suivi toute l’affaire des biens mal acquis dans ses moindres détails. Et un public plus jeune ?

    Aller à l’os

    « Oui, plus jeune et plus large. Effectivement, la bande dessinée est un média qui permet d’aller à l’os. On ne se perd pas. On n’a pas le droit de se perdre. Il faut dire les choses de façon très simple, très didactique et tout cela est mis en images. Donc, vous avez un média qui est extrêmement efficace. Cela permet aussi de mettre en scène les flux financiers, de raconter l’histoire en images. Et d’un seul coup, vous touchez un public beaucoup plus large. »

    La bande dessinée L'Argent fou de la Françafrique s'achève sur la condamnation de Teodorin Obiang Nguema, le fils du président équato-guinéen, à 3 ans de prison et 30 millions d'euros d'amende avec sursis. Condamnation qui ne l'empêche pas de s'offrir deux yachts de luxe et de se préparer à succéder à son père, à Malabo. Mais l'impunité n'est plus la règle.

    Xavier Harel (scénariste), Julien Sole (dessinateur) : L’Argent fou de la Françafrique, éditions Glénat.


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