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    Le papetier Sequana de nouveau en difficulté en France

    Un rouleau de papier produit en usine. Getty Images/FinnBrandt

    Le tribunal de commerce de Nanterre, près de Paris, doit se prononcer ce mardi 8 janvier sur l'avenir de trois usines françaises de Sequana. Le papetier est devenu un géant du secteur, mais il est à nouveau en difficulté. Il a demandé la procédure de sauvegarde, le temps de trouver un repreneur pour les sites français, qui emploient un peu plus de 900 salariés.

    Trois sites de Sequana, la plus grande usine européenne de pâte à papier recyclé, à Château-Thierry, dans le nord de la France, et deux parmi les plus anciens fabricants de papier en France, dans l'ouest, sont en sursis. A Bessé-sur-Braye et au Bourray, on fabrique du papier graphique haut de gamme, du papier couché ou laminé, pour l'imprimerie. Des produits dont la consommation a structurellement chuté depuis dix ans, rappelle Bernard Lombard, de la Confédération européenne des industries du papier - on lit de moins en moins de journaux et de magazines papier. Sequana avait déjà taillé dans ses activités de production en 2014, le groupe donnait de plus en plus la priorité à la distribution de papier plutôt qu'à la fabrication.

    Envolée des prix de la pâte à papier

    Pourtant la crise frappe à nouveau les usines de papier qui lui restent. Alors que Sequana avait dégagé une marge en 2017, l'année 2018 a été catastrophique pour le papetier. Il a dû encaisser une hausse vertigineuse du prix de la pâte à papier. Une matière première qui, elle, ne connaît pas la crise. Elle est toujours plus demandée pour les papiers d'hygiène et pour l'emballage, avec l'essor des colis commandés sur Internet. Or non seulement la production de pâte à papier a été perturbée au Brésil, par la grève géante des routiers, mais la Chine s'est mise à en commander encore plus que prévu après avoir stoppé net l'importation de vieux papiers occidentaux à recycler.

    Effet de ciseau

    Les prix mondiaux de la pâte à papier se sont envolés à plus de 1 100 dollars la tonne, alors que Sequana connaissait la pire baisse des ventes de papier graphiques en volumes depuis dix ans, -7%. Un effet de ciseau redoutable. En panne de trésorerie Sequana demande la procédure de sauvegarde ou le redressement judiciaire, le temps de trouver un repreneur, le précédent candidat le Néerlandais Fineska ayant finalement échoué dans ses négociations avec l'actionnaire public de Sequana, Bpifrance.

    Emballage, textile et édulcorants

    En Europe, les industriels qui s'en sortent sont intégrés, souligne Bernard Lombard. C'est le cas des papetiers scandinaves UPM, Stora Enso, présents de la gestion de la forêt au papier, en passant par la pâte à papier. Ce qu'ils perdent d'un côté ils peuvent le gagner de l'autre. De plus en plus de papetiers se désengagent du papier graphique pour se consacrer à l'emballage (les Irlandais DS Smith et Smurfit Kappa, l'Espagnol Saica, qui a racheté l'usine française Emin-Leydier près de Paris). Ils parient aussi sur les nouveaux usages de la pâte à papier : les biocarburants, le textile, avec la viscose, ou les édulcorants, avec le xylitol... Mais cela demande de gros investissements.

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