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    A la Une: la cagnotte du boxeur et le salaire de la karateka

    Le salaire de Chantal Jouanno a suscité de nombreuses critiques. Bertrand GUAY / AFP

    C’est ainsi qu’on pourrait résumer succinctement les deux infos qui agitent les plumes des commentateurs ce matin. Deux protagonistes, donc. D’un côté, Chantal Jouanno, championne de karaté, mais aussi et surtout, ancienne ministre des Sports et désormais présidente de la Commission nationale du débat public. De l’autre, l’ancien boxeur Christophe Dettinger, qui a fait le coup de poing samedi contre les forces de l’ordre samedi devant les caméras de télévision et qui s’est rendu à la police lundi.

    Alors, « grosse cagnotte contre énorme salaire, s’exclame Le Midi libre. Alors que ses directs du droit contre les policiers tournent en boucle sur les chaînes d’info, Christophe Dettinger a fait fortune, sans le vouloir, sur les réseaux sociaux, (grâce à une cagnotte de soutien en sa faveur). Louant sa brutalité, de nombreux "bienfaiteurs" l’ont récompensé grassement. En moins de 24 heures, le Battling Joe de Massy a récolté la coquette somme de 117 000 euros. De quoi faire pâlir tous les braves donneurs du Téléthon ou du Sidaction. Le même jour, poursuit Le Midi libre, on apprend que Chantal Jouanno aurait touché 14 700 euros bruts par mois pour coordonner le grand débat national. Entre la "prime à la violence" et "la rémunération de complaisance", on comprend l'indignation générale (…). »

    Ahurissant, honteux, effarant, effrayant !

    Les réactions les plus vives dans la presse concernent l’ancien boxeur. « Ahurissant et honteux !, fulmine L’Union. Cette cagnotte lancée pour défendre un individu déchaîné boxant des gendarmes mobiles qui a recueilli plus de 100 000 euros illustre une dangereuse dérive des comportements. »
    « La somme réunie est effarante, effrayante, s’exclame Paris-Normandie. Les commentaires le sont tout autant. Comment légitimer - peut-être même pour certains approuver - une telle violence ? C’est de l’incitation à la haine. »

    Pour Le Républicain lorrain, « quatre ans après la communion autour des linceuls de Charlie Hebdo, qu’une cagnotte célèbre le quasi-lynchage de policiers est révoltant. L’extrême confusion mentale des donateurs confirme l’incroyable niveau de défiance d’une partie du pays à l’égard de sa classe dirigeante. »
    « Que cette cagnotte ait rencontré un tel succès témoigne de la confusion dans laquelle notre pays est actuellement plongé, renchérit La Croix. Généralement, c’est au profit des victimes que l’on collecte de l’argent. Là, dans une étrange et triste inversion de valeurs, c’est un agresseur que l’on vient soutenir. Il est temps que chacun reprenne ses esprits. »

    Enfin, Les Echos insistent : « Si une fable raconte en peu d’effets les méandres d’une société, alors celle du boxeur et de sa cagnotte en est bien une. Violence, argent, viralité, inversion des valeurs, tout ce que notre époque "gilets jaunes" compte de déraison vient d’être résumé par les 48 dernières heures de ce cogneur de gendarmes devenu le héros de certains. »

    Chiffon rouge pour gilets jaunes…

    Après le boxeur, donc, la karateka : la polémique sur le montant de la rémunération de Chantal Jouanno pour présider la Commission nationale du débat public aura été trop forte (14 700 euros brut mensuels). « Consciente de l’impact des critiques croissantes avant le lancement du grand débat national, pointe Le Figaro, Chantal Jouanno a donc décidé de jeter l’éponge. Il était difficile pour elle d’assumer cette mission dans le contexte brûlant des gilets jaunes où la question du pouvoir d’achat est au cœur de toutes leurs revendications. »

    14 700 euros brut mensuels : « Le chiffre avait tout du chiffon rouge pour gilets jaunes », lance Libération. « Relayée par Marianne, la polémique était montée en flèche, alimentée aussi bien sur les réseaux sociaux que par de nombreux politiques. On en imagine aisément les termes, pointe Libération. Lundi, l’ex-sénatrice avait tenté d’éteindre l’incendie en assurant comprendre combien cette rémunération pouvait choquer. Pour justifier son montant, elle rappelait qu’il s’agissait du "salaire fixé par les autorités pour les présidents de la Commission nationale de débat public, quels qu’ils soient. Cela ne dépend pas de moi, avait-elle rajouté, et ça n’est pas lié au grand débat." »

    Un débat qui fait débat

    Au-delà de cette question du salaire de Chantal Jouanno, il y a ce grand débat qui doit s’ouvrir le 15 janvier. Beaucoup d’inconnues… Et on revient au Figaro : « C’est sans expérience aucune et avec un tempérament latin peu enclin à la discipline que notre pays va se lancer dans ce grand débat national ouvert par Emmanuel Macron. Il y a tout à redouter de cet exercice, estime le quotidien de droite. Sous prétexte d’aérer notre démocratie, il peut rapidement virer à la foire d’empoigne. Sans donner de résultats concrets autres que des propositions plus démagogiques les unes que les autres. Le risque est également grand de voir le prétendu dialogue noyauté par des activistes de tout poil, appelant au grand soir, à faire table rase du passé plutôt qu’à trouver des solutions d’avenir. »

    « Ce grand débat qui inquiète les ministres », relève pour sa part Le Parisien. L’exercice est délicat en effet, relève le journal : « Pour les membres du gouvernement, il s’agit de participer à la consultation nationale qui commence le 15 janvier, mais sans donner l’impression de vouloir la récupérer. (…) "Ils doivent être présents, écouter et apporter des réponses à des questions éventuelles que se posent les Français, sans donner par ailleurs l’impression de tenir un meeting ou de faire de la récupération politique. Bref, il va falloir trouver la juste mesure", résume Matignon, conscient d’être sur une ligne de crête. »

    Un Jupiter au petit pied ?

    En tout cas, soulignent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « pour éteindre les flambées les plus radicales d’antimacronisme, l’effet apaisant de la parole sera le bienvenu. Dans le cadre du débat public, bien sûr, puisqu’il ouvre les vannes du propos exutoire. Mais il manque toujours une voix si attendue, si efficace naguère, pointe encore le quotidien alsacien : celle d’un président qui, lorsqu’il se sera vraiment adressé aux gilets jaunes, yeux dans les yeux, couvrira utilement les polémiques sur des cagnottes pour boxeur à gages. »

    Pour l’instant, Emmanuel Macron campe dans un registre sécuritaire, pointe Le Canard enchaîné. Un Emmanuel Macron « à l’accent guerrier », pour lequel « le désordre ne peut plus durer ». Mais le chef de l’Etat « a également pris en compte un élément plus personnel, relève l’hebdomadaire, son électorat qui serait à la fois effrayé par le bordel ambiant et fortement déçu de ne pas trouver en sa personne un grand chef, capable de ramener l’ordre dans le pays. Comme quoi, conclut Le Canard enchaîné, s’être comparé à Jupiter n’était pas forcément une idée olympienne… »


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