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    D'un côté le meilleur, le grotesque et le pire de l'autre

    Jean-Baptiste Placca RFI

    Il n’existe pas de virus africain de la contestation systématique des résultats électoraux. Il suffit d'un minimum de transparence et de crédibilité pour que le verdict des urnes inspire confiance aux populations.

    Quelle semaine ! Tentative de coup d’Etat avortée au Gabon ; proclamation, à Madagascar, des résultats de la présidentielle, un processus suffisamment crédible pour que le perdant félicite le vainqueur ; et, en République démocratique du Congo, proclamation des résultats provisoires de la présidentielle, dans une confusion totale, sur fond de soupçons et de contestation. Convenez-vous que la panoplie de ce que vous avez coutume de qualifier, ici, du meilleur et du pire de l’Afrique est complète.

    Plutôt, oui. Et le pire, ici, le dispute, au grotesque, ou se confond avec. Mais, avant d’aborder le pire - notre supplice -, deux mots sur le meilleur, Madagascar. En dépit des imperfections dans le déroulement de la présidentielle, et des réserves notées à la suite des résultats provisoires, le verdict final a été accepté par tous, et vient conforter, dans la Grande Ile, quelque chose qui commence à ressembler à une démocratie crédible. Il y a bien eu des fraudes ; il y a aussi eu des achats de voix et, peut-être même, ici et là, quelques bourrages d’urnes. Mais le processus, dans l’ensemble, aura été relativement honnête et sincère, et la compilation des résultats, suffisamment transparente, pour que le perdant s’incline et accepte d’avoir perdu. Lorsqu’un scrutin offre un minimum de transparence et de crédibilité, les résultats sont presque toujours acceptés par toutes les parties. Il n’existe pas de virus africain de la contestation systématique des résultats électoraux. Jamais les résultats des élections ne débouchent sur une contestation violente au Cap-Vert, au Botswana, au Ghana, en Namibie, en Afrique du Sud, et même, jusqu’ici, au Bénin et, depuis l’an 2000, au Sénégal, pour ne citer que quelques pays qui ont renoué avec la démocratie depuis plus d’une douzaine d’années.

    Où se situent alors le pire et le grotesque, dans les deux autres faits majeurs de l’actualité africaine de cette semaine ?

    Au Gabon, une tentative de coup d’Etat a tourné court. Certains Gabonais se demandent encore si tout cela n’est pas une mise en scène du pouvoir. Il y a pourtant eu des morts. Mais, à l’évidence, ce peuple doute tellement de la parole de ses dirigeants qu’il en est à le soupçonner d’être capable de feindre sa propre déstabilisation. C’est le même déficit de confiance qui fait douter, au Gabon comme en RDC, des résultats électoraux. Si c’était une vraie tentative de coup d’Etat, on ne peut que la déplorer. Mais la lucidité politique impose, en même temps, d’admettre que ce type de tentative se reproduira de plus en plus souvent, partout en Afrique où le jeu démocratique manque de franchise et de sincérité. Il se reproduira partout où persiste la confiscation du pouvoir par un camp, un clan ou une famille, au point de cacher au peuple l'incapacité du président à assumer ses fonctions. Son pouvoir était menacé à Libreville, et Ali Bongo est demeuré à Rabat, muet et invisible. Comme si son état était tel que ses médecins lui avaient déconseillé de prendre l’avion. A qui profite une telle opacité, et qui l'orchestre ? Mystère !

    Rien ne prouve qu’il est dans l’incapacité d’assumer sa charge !

    Et rien ne prouve le contraire, hélas ! Vous souvenez-vous des circonstances dans lesquelles Ahmadou Ahidjo, le premier président du Cameroun, a cédé le pouvoir à son dauphin constitutionnel, le Premier ministre Paul Biya ? En novembre 1982, les médecins français qu’il consultait pour des migraines incessantes lui auraient diagnostiqué un mal qui, selon eux, nécessiterait une absence régulière du pays. Ahidjo était un dictateur froid et redoutable. Mais personne ne pouvait lui contester l’amour de la patrie. Et il a estimé que le contrat qui le liait à son peuple exigeait de lui une présence, nuit et jour, au travail, au service de ses concitoyens. Estimant ne pas pouvoir à la fois gouverner et s’absenter des semaines entières pour se soigner à l’étranger, il avait jugé plus loyal, vis-à-vis de son peuple, de rendre son habit de lumière.

    Ceux pour qui le pouvoir politique n'est qu'un vulgaire fonds de commerce sont capables, par cupidité, de maintenir sous respiration artificielle un président mourant, en faisant croire à son peuple qu’il demeure aux commandes.

    Il nous reste peu de temps pour la RDC, alors, en bref, deux mots…

    En deux mots, comptez donc le nombre de fois où l’on a entendu parler d’opacité, de tractations secrètes, de manque de sincérité, à propos du processus qui vient de déboucher sur la proclamation des résultats de cette présidentielle congolaise, et vous comprendrez pourquoi toute cette tension, pourquoi cette impression de rendez-vous manqué, pour ce peuple juché sur les plus impressionnantes richesses naturelles au monde, et dont les populations, paradoxalement, croupissent dans une indicible misère. L’incurie, à l’évidence, n’est pas près de cesser.

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