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    RDC: «Le dégagisme ne parvient pas à s'exprimer»

    Un membre de la Céni après les élections générales en RDC, le 1 janvier 2019. REUTERS/Baz Ratner

    En République démocratique du Congo (RDC), le processus électoral est toujours aussi contesté. La coalition Lamuka de Martin Fayulu a déposé une série de recours pour la présidentielle. Après celle-ci, c’est désormais les résultats des législatives qui font débat. Egrénés par la commission électorale dans la nuit de vendredi à samedi, ils donnent une majorité absolue à la coalition au pouvoir. Cette même coalition sanctionnée à la présidentielle. Que penser de ces résultats ? Comment expliquer des résultats aussi différents entre la présidentielle et les législatives ? Gérard Gerold, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, ancien conseiller politique de l’ONU au Congo aux élections de 2006, répond aux questions de Sonia Rolley.

    Comment peut-on expliquer une telle disparité entre les résultats annoncés de la présidentielle et les résultats que l’on a pu suivre, que ce soit des législatives ou des provinciales ?

    Gérard Gérold: Se prononcer sur les résultats qui ont été donnés par la Céni - que ce soit la présidentielle, les provinciales ou les législatives - est extrêmement difficile car les chiffres qui sont donnés ne sont pas traçables. Pour ceux de la provinciale et ceux des législatives, ils ne sont pas issus des CLCR, les centres locaux de compilation des résultats. Ils n’ont pas été compilés ni affichés dans ces centres locaux de compilation. Par conséquent, il est extrêmement difficile de savoir d’où proviennent ces chiffres et de se prononcer.

    Est-ce que cela serait possible d’avoir des électeurs qui décident de voter pour des candidats de l’opposition à la présidentielle et de rester très largement liés à des candidats de la majorité aux provinciales et aux législatives ?

    Il y a un phénomène assez général dans le monde qui est le dégagisme ou la volonté de changement. Généralement quand la volonté de changement s’exprime, elle s’exprime à la fois aux présidentielles et dans les législatives, au minimum. Cela a été le cas non seulement en Europe, dans certains pays, mais également tout récemment au Brésil ou un peu partout. Ce que l’on constate, c’est qu’au Congo, en tout cas, ce dégagisme ne parvient pas à s’exprimer.

    Si les résultats provisoires se confirment, la coalition au pouvoir, le Front commun pour le Congo (FCC), se retrouve à avoir une majorité absolue dans la plupart des assemblées provinciales, au niveau des législatives. En quoi c’est important dans le fonctionnement des institutions ?

    C’est absolument fondamental évidemment. Au niveau des provinciales, une majorité très importante qui a été donnée à la coalition FCC lui permet de facto d’élire une très large majorité de gouverneurs qui seront de son bord et en plus, de pouvoir avoir une majorité de sénateurs. Avoir la majorité au Sénat, permet de désigner le président du Sénat et donc d’avoir une grande puissance institutionnelle de ce côté-là. Tout le monde imagine bien que ce pourrait être le président actuel [Joseph Kabila] qui pourrait devenir demain le président du Sénat.

    Et cela fera de lui le deuxième personnage de l’Etat qui viendrait à remplacer le président de la République en cas d’empêchement ou de retrait ?

    Exactement. Cela ferait de monsieur Kabila, le deuxième personnage de l’Etat. Cela lui conférerait une immunité très forte et le replacerait, très haut, dans la hiérarchie des nouvelles institutions. Par ailleurs, compte tenu de la très forte majorité qu’aurait le FCC au sein de l’Assemblée nationale, ils pourraient même garder, au sein du congrès, une majorité de 3/5 qui leur permettrait, à terme, de procéder à une modification constitutionnelle par la voie parlementaire.

    Mais le président de la République, dans la Constitution congolaise, a quand même des pouvoirs et notamment celui de démettre le Premier ministre, même s’il est dans l’obligation de le choisir dans la majorité. Est-ce qu’on ne risque pas d’assister à un blocage des institutions ?

    Je ne crois pas. Vous aurez donc un nouveau président, monsieur Tshisekedi, mais qui pourra s’appuyer sur quoi ? Au niveau des gouverneurs, il aura au mieux un gouverneur en sa faveur, un gouverneur kasaïen qui pourrait être en sa faveur. 1 sur 26.

    Par ailleurs, au sein de l’Assemblée nationale, il aurait un soutien de moins de 10 % des députés et, en plus, son Premier ministre serait désigné en dehors de son groupe parlementaire. Vous voyez donc déjà qu’au sein des institutions, il apparaîtrait comme un président extrêmement affaibli. Par conséquent, je vois surtout la mise en place d’un président extrêmement protocolaire.

    On voit que les coalitions de l’opposition sont mécontentes. Est-ce que la solution, c’est vraiment de passer, comme ils le font pour la présidentielle ou comme ils le feront certainement pour les législatives et les provinciales, par des recours auprès des Cours de justice compétentes ?

    C’est la seule voie légale. Ils auront donc recours au Conseil constitutionnel à la fois pour la présidentielle et pour les législatives. Je vous rappelle tout de même qu’en 2011, il y avait eu aussi beaucoup de recours. Ces recours avaient traîné pendant des mois et avaient donné lieu à des tractations souvent extrêmement obscures entre les juges de la Cour et les différents candidats et on n’avait pas réussi à bien comprendre comment le contentieux électoral s’était exercé. Je pense que malheureusement, on risque d’avoir les mêmes phénomènes en 2018 que ceux que l’on a constatés en 2011.


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