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    Hongrie: la colère des syndicats et des travailleurs ne faiblit pas

    En Hongrie, la contestation ne faiblit pas. AFP/Attila Kisbenedek

    En Hongrie, la contestation ne faiblit pas. Ce samedi, les Hongrois continuent à protester contre la nouvelle loi sur le travail supplémentaire. Voté le 12 décembre dernier, le texte, qualifié de loi esclavagiste par ses opposants, a déjà fait descendre plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue. Ce ne sont pas les partis d’opposition qui sont à l’origine de cette manifestation, mais les syndicats hongrois.

    Les syndicats avaient été les premiers à descendre dans la rue le 8 décembre, avant même le vote de la loi. La journée d’aujourd’hui est organisée par trois grandes confédérations syndicales, représentant environ 200 000 membres. Dans toutes les régions hongroises – il y en a 19 - des opérations escargot seront menées sur les routes tandis que des défilés, des discours et des concerts auront lieu l’après-midi.

    Au moins 120 événements se tiendront dans tout le pays. Il y a même des petits villages où les syndicats ne seront pas représentés, mais où les habitants ont décidé de manifester. En huit ans de gouvernement Orban, jamais une contestation n’avait autant mobilisé. A Budapest aussi se tiendra une manifestation de soutien aux syndicats, mais c’est la province qui mène la danse. Et cela aussi, c’est quelque chose de nouveau.

    Des revendications au-delà de la loi travail

    Avant toute chose, les syndicats veulent le retrait de cette loi qui autorise les employeurs à demander jusqu’à 400 heures supplémentaires par an à leurs salariés, au lieu de 250 actuellement. Cette loi bénéficie aux patrons qui peuvent compenser la pénurie de main-d’œuvre grâce aux heures supplémentaires. Certes, beaucoup de salariés veulent travailler plus parce qu’ils ont des dettes à payer et que les salaires sont très bas. Le problème est que la loi permet à l’employeur de ne payer ces heures travaillées que trois ans plus tard.

    Le mode de calcul est, de plus, très défavorable aux salariés. Par exemple, si un ouvrier fait beaucoup d’heures supplémentaires pendant un an, mais que l’année suivante il est en chômage technique parce qu’il y a moins de commandes, l’employeur a le droit de faire une moyenne du volume de travail effectué. Ce qui permet tout simplement de faire disparaître les heures supplémentaires dans le calcul.

    Cette loi scandalise les syndicats, d’autant plus qu’ils n’ont pas du tout été consultés, les poussant à s’unir. Le 8 janvier, cette alliance de syndicats a envoyé une lettre au Premier ministre, avec quatre grandes revendications : le retrait de la loi esclavagiste (surnom donné par l’opposition) ; une augmentation de 10% du salaire minimum ; une réforme du système de retraites et une modification de la loi sur le droit de grève. Mais le Premier ministre a rejeté ces demandes, le gouvernement n’ayant pas l’intention de négocier avec les syndicats.

    Vers un appel à la grève ?

    En théorie, les syndicats sont en position de force dû au faible taux de chômage que connait le pays : 4%. Ainsi, ils pourraient facilement appeler à la grève. Mais le gouvernement Orban a énormément limité le droit de faire grève. Par exemple, les employés des transports publics peuvent cesser le travail, mais à condition d’assurer 66% du service. D’autre part, une confédération n’a pas le droit de lancer un appel à la grève, seul un syndicat local a le droit de le faire. Et encore, il faut qu’il ait des raisons économiques solides et qu’il conclue un accord avec la direction de l’entreprise. Si ces conditions sont respectées, le syndicat peut lancer une première grève de deux heures. Et si les négociations n’aboutissent pas, une 2e grève d’une journée, etc.

    Malgré ces contraintes, certains syndicats sont en train de passer à l’action. Hier 4 000 ouvriers de l’usine automobile Audi ont débrayé pendant deux heures. D’autre part, les syndicats de la fonction publique ont déclaré qu’ils feraient grève le 14 mars prochain. En quelques semaines, les syndicats hongrois ont repris du poil de la bête et sont beaucoup plus combatifs. Ils veulent que la loi sur la grève soit modifiée. Mais comment atteindre cet objectif, sans pouvoir faire pression, sans pouvoir organiser une grève générale ?

    Les syndicats hongrois sont face à un dilemme : s’ils restent dans la légalité, la situation a peu de chances de bouger.


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