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    Madagascar: «L'aide internationale est fondamentale pour le pays»

    Andry Rajoelina a remporté la présidentielle malgache. REUTERS/Malin Palm

    Le nouveau président de Madagascar doit prêter serment ce samedi 19 janvier. Andry Rajoelina a remporté la présidentielle avec 55,6 % des voix, selon les chiffres officiels, contre 44,34 % pour Marc Ravalomanana. A 44 ans, il revient à la tête de la Grande Ile, après l’avoir dirigée pendant une période de transition, entre 2009 et 2014. Les Malgaches attendent beaucoup de leur nouveau chef de l’Etat, notamment pour améliorer leurs conditions de vie au quotidien. Thibaud Kurtz, consultant indépendant et analyste en géopolitique africaine, répond aux questions de Magali Lagrange.

    RFI: Plusieurs défis attendent le nouveau président de Madagascar, au premier titre desquels la lutte contre la pauvreté puisque le taux d’extrême pauvreté dépasse les 75 % à Madagascar. Est-ce que c’est sur ce sujet que Andry Rajoelina est le plus attendu ?

    Thibaud Kurtz: Absolument. Le pays est dans un cas très particulier. Il s’agit du seul pays qui n’a pas connu de conflits et qui a pourtant vu son taux de développement baisser, depuis l’indépendance. A titre de comparaison, on estime que le revenu par tête, à Madagascar, est moins élevé aujourd’hui qu’il ne l’était en 1980.

    Comment explique-t-on cette situation qui est donc assez inédite ?

    Une partie des hypothèses concernant ces explications est du côté de la corruption et du côté de l’accaparement par les élites malgaches des richesses du pays, qui a consisté notamment à faire qu’une bonne partie de l’argent échappe en réalité à l’Etat malgache et échappe au système de redistribution.

    Peut-on penser que Andry Rajoelina va s’atteler à combattre cette corruption et à favoriser une meilleure redistribution des richesses ?

    Cette question est d’autant plus importante qu’il y a beaucoup de doutes autour de l’argent dont il a pu bénéficier pour cette campagne. Néanmoins, certaines personnes se souviennent que pendant les quelques années où il a dirigé lors de  la transition, il y avait eu l’émergence de plusieurs réalisations de centres de santé et de plusieurs petits services publics dans les campagnes malgaches. C’est peut-être quelque chose qui a compté dans son élection.

    Que va-t-il ou que peut-il faire pour améliorer ce quotidien ?

    Les maîtres-mots de sa campagne étaient « patriotisme » et « développement ». On peut imaginer qu’il va s’atteler, déjà, à faire des choses visibles. Le président Hery [Rajaonarimampianina ndlr] s’est beaucoup attelé à faire revenir la croissance, à obtenir la confiance des financiers internationaux comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale mais cela ne s’est pas traduit forcément, en cinq ans, par une amélioration considérable des revenus des Malgaches sur le terrain ou encore sur la construction de dispensaires ou  l’amélioration des conditions des écoles.

    Nous pouvons donc considérer que Andry Rajoelina qui a un faible pour ce qui est visible, va se concentrer sur le fait de délivrer et d’amener, dans chaque région, des constructions et des choses qui seront tangibles aux yeux de nombreux Malgaches.

    Est-ce que Andry Rajoelina pourra compter, lui aussi, comme son prédécesseur, sur l’aide internationale ?

    L’aide internationale est fondamentale à Madagascar. Elle représente presque 20 % des recettes de l’Etat. Par conséquent, il n’aura pas le choix que de travailler avec les bailleurs internationaux qui eux, de leur côté, devront aussi tenir compte qu’il y a un président élu, semble-t-il bien élu, et dans un processus qu’ils ont eux-mêmes validé et accepté. Cela donne, par conséquent, une grande marge de manœuvre au nouveau président dans le fait qu’il puisse imposer ses priorités avec ces acteurs.

    La croissance économique est là, sur la Grande Île. Plus de 5 % en 2018, selon les prévisions du FMI. Comment les investisseurs voient-ils l’élection de Andry Rajoelina ? Vont-ils rester ? Vont-ils venir plus nombreux ?

    En tout cas, l’absence de crise postélectorale est vraiment quelque chose de positif à court terme pour la situation malgache. A court terme, il va y avoir les législatives qui risquent de décaler le temps économique et le temps des investissements. En tout cas, pour l’instant, il n’y a pas eu de défis supplémentaires négatifs concernant l’attrait des bailleurs et pour les investisseurs.

    L’une des autres préoccupations des Magaches et l’un des autres défis que devra relever le président Andry Rajoelina, c’est celui de l’insécurité. On pense notamment – mais ce n’est pas le seul sujet - aux voleurs de zébus. Comment régler ce problème de l’insécurité à Madagascar ?

    Les voleurs de zébus mais aussi les kidnappings. C’est quelque chose qui existe à Madagascar depuis quelques années et qui semble aller crescendo. Il s’agit là, une fois de plus, du retour de l’Etat malgache. Il y a eu un affaiblissement de l’Etat malgache, depuis plusieurs décennies, et une accélération pendant la phase de transition, avec des problèmes de financement de l’Etat.

    Il va donc s’agir de mettre en priorité le retour à un Etat malgache, présent sur tout son territoire, avec des forces de police et des forces de gendarmerie, à nouveau respectées, équipées et un travail de la justice plus efficace.

    Avec qui Andry Rajoelina va-t-il gouverner ?

    La situation politique est d’autant plus chaude qu’il y a désormais des législatives attendues. Le nouveau président a besoin d’une majorité parlementaire pour avoir les mains libres pour appliquer son programme. La question se pose désormais suite à la présidentielle qui vient de se dérouler.

    Le président Héry n’a pas donné d’ordre concernant le deuxième tour de décembre 2018, mais on peut penser qu’il existe là des réserves pour Andry Rajoelina afin de trouver une majorité politique. On risque de retrouver une opposition, celle que l’on a connue au deuxième tour de la présidentielle 2018, Rajoelina contre Marc Ravolamanana.

    Une fois de plus, se posera la question de la capacité à convaincre ces gens. Cela passera sans doute par l’utilisation de moyens financiers mais aussi par le fait que Andry Rajoelina va bénéficier d’un outil formidable qui est celui de pouvoir nommer des personnes ministres, avant et après les élections législatives.


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