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    RDC: Un impérieux devoir d’honorabilité

    Jean-Baptiste Placca RFI

    Le respect ne se réclame pas. Il suffit juste de l’inspirer. Ce que vous faites de votre pays détermine la façon dont on vous parle. Et dont on parle de votre pays.

    Peut-on parler coup de théâtre, avec ce communiqué publié jeudi 17 janvier à Addis-Abeba, par lequel les chefs d’Etat de l’Union Africaine demandent explicitement aux autorités congolaises de suspendre la proclamation définitive des résultats des élections, en raison « des doutes sérieux quant à la conformité des résultats provisoires proclamés par la Ceni avec les suffrages exprimés » ?

    Nous avons en tout cas eu droit à un grand moment de courage, comme l’Union Africaine ne nous y avait pas habitués. Et comme l’on aimerait tant voir les dirigeants africains en faire preuve, un peu plus souvent. C’est d’autant plus remarquable que le contexte congolais illustre parfaitement ce en quoi un tel courage peut aider à prévenir une crise grave, sinon le chaos ! Pour les félicitations, nous attendrons leur retour de Kinshasa pour leur adresser nos félicitations et, éventuellement, nos excuses, pour les critiques passées.

    Il est regrettable que certains politiciens, lorsqu’ils sont au pouvoir, perçoivent des démarches comme celle-là comme une tentative visant à les mettre en difficulté. Lorsque surviennent les crises post-électorales, plus personne ne veut reconnaître d’avoir, le premier, posé l’acte qui déclenche le naufrage de leur pays. Le vainqueur aura ainsi beau jeu d’accuser le perdant des crimes les plus abominables. Mais, au-delà des fraudes et autres paravents de la confiscation du pouvoir, tout régime qui prospère sur la kleptomanie électorale et les injustices devrait avoir conscience des risques qu’il fait courir à son peuple.

    Ces « résultats non conformes aux suffrages exprimés » font-ils, à ce point, courir des risques au pays ?

    Oui. Et vous ne pouvez imaginer à quel point. Surtout lorsqu’un candidat avec des résultats aussi… flagrants se fait déposséder de sa victoire. Avec, en toile de fond, une population excédée par des décennies d’humiliation et de confiscation du pays et de ses richesses par quelques-uns, toujours les mêmes. Ceux qui ont eu le privilège de plonger dans les chiffres méticuleusement rassemblés par la Cenco et de parcourir les procès-verbaux comprennent quel sentiment d’injustice peut animer celui qui, à l’évidence, apparaît comme le vrai vainqueur. On comprend mieux les mises en garde et les injonctions de la Cenco, alors que semblait tergiverser la Céni. On comprend mieux, aussi, les appels à l’honnêteté, lancés à la ronde par certaines chancelleries occidentales. Les chiffres que ceux-là avaient sous les yeux interdisaient tout ce à quoi semblaient se préparer les prestidigitateurs, et qu’ils n’ont pu s’empêcher de mettre en œuvre. L’idée que le fait accompli du non-respect du choix des électeurs puisse relever de la fatalité peut, de temps à autre, révolter, y compris les pairs africains de ces dirigeants pour qui le bulletin de vote de leurs concitoyens n’a pas plus de valeur que le morceau de papier, ou le coin de machine à voter où l'électeur glisse son doit. L’Union Africaine a impressionné, en espérant que ce courage saura être contagieux, pour le plus grand bonheur des peuples de ce continent.

    Certains Congolais, et pas seulement du pouvoir, estiment que le Congo est un pays souverain…

    Oui, et que l’on devrait les laisser faire ce qu’ils veulent, etc., etc. On connaît la musique. Se barricader derrière une souveraineté nationale qu’ils ont eux-mêmes bafouée avec une constance déroutante est juste un peu triste, et relève du pire et du grotesque que nous évoquions ici la semaine dernière.

    Les injustices flagrantes, les vols massifs dans une élection, peuvent finir par faire sombrer dans le chaos toute une nation. C’est sans doute ce que viennent de réaliser les voisins du Congo, qui ont estimé que ce pays, qui leur a déjà causé tant d’insomnies, ne mérite pas de replonger, simplement parce qu’un pouvoir contraint de faire place nette peut avoir choisi de piéger son propre peuple, en lui imposant un président qu’il n’a pas élu.

    Protester de ce que l’on est un pays souverain paraîtrait risible si, pour le démontrer, l’on ne devait refaire l’historique de toutes les défaillances de leadership, de toutes les défections, de toutes les trahisons, et du comble de l’irresponsabilité qui a conduit les mêmes qui clament aujourd’hui leur souveraineté à devoir quémander l’intervention des Nations unies, puis convier au banquet de leur terre de nombreux Etats voisins, qui en ont fait une vache à lait, avec leur propre bénédiction, sinon leur complicité.

    Il est des pays africains à qui même la première puissance mondiale n’oserait s’adresser comme certains s’adressent aux dirigeants congolais. Parce que le respect, encore une fois, vous n’avez pas à l’exiger. Il suffit juste de l’inspirer. Ce que vous faites de votre pays détermine la façon dont on vous parle. Et dont on parle de votre pays.

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