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    L'Afrique manque d'emplois qualifiés: investir dans la formation

    Gilles Tonelli, ministre monégasque des relations extérieures et de la coopération (à gauche) et Jean-Michel Severino, Président d'I&P (à droite), le 15 janvier 2019 à Monaco. NDAYISHIMIYE Stanislas/RFI

    L’Afrique en quête de personnels qualifiés pour le développement de ses entreprises. Les initiatives privées dans l’enseignement restent limitées. La principauté de Monaco et le groupe Investisseurs & Partenaires viennent de lancer un Fonds d’impact sur l’éducation dédié au continent. Il devrait être doté, d’ici fin 2020, de 30 à 50 millions d’euros, avec entre autres, le défi de l’employabilité et de l’accès à un emploi décent et stable. La Principauté de Monaco finance sa préparation.

    Promouvoir un enseignement de qualité, accessible à tous les jeunes, afin de répondre aux besoins des entreprises de toute taille, c’est le défi que veut relever le Fonds d’impact sur l’éducation en Afrique. Stéphanie Cohn-Rupp, Directrice générale du programme d’Impact investing de Tiedemann Wealth Management, fait partie du conseil d’orientation stratégique du Fonds :

    « C’est un défi immense et c’est important de faire une étude d’abord, pour voir où l’investissement aura le plus d’impact. Ce qui me paraît très vraisemblable, c’est d’avoir une focalisation plus sur la formation professionnelle que sur les cycles [scolaires] primaires et secondaires, vu les organisations qui ont besoin d’investissements pour l’instant. »   

    Il y a un énorme besoin de personnels qualifiés dans beaucoup de domaines en Afrique, explique Jean-Michel Severino, Président d’Investisseurs & Partenaires, l’opérateur du Fonds :

    « C’est très difficile de recruter un chef comptable, un ingénieur informaticien, un directeur financier ; mais c’est très difficile de trouver aussi un bon plombier, un bon électricien, un bon coiffeur, etc. »   

    Des besoins en formation non satisfaits qualitativement et quantitativement dans la majorité des pays africains. L’enseignement supérieur y est dominé par des formations généralistes, peu adaptées au marché du travail, alors que des entreprises cherchent du personnel qualifié et les diplômés grossissent chaque année les rangs des chômeurs. Jean-Michel Severino :

    « Pour tous ceux qui travaillent dans le monde économique en Afrique et dans notre cas, qui finançons des entreprises, nous assistons, particulièrement dans l’univers des PME, à une véritable crise des ressources humaines que rencontrent les entreprises, mais aussi d’une manière dramatique les jeunes qui sortent sur le marché du travail. Donc, il faut massivement augmenter cette offre de jeunes gens qualifiés. » 

    Les opportunités d’investissement pour le Fonds d’impact sur l’éducation, c’est par exemple en Côte d’Ivoire tout ce qui concerne la formation des filles. Ramata Ly-Bakayoko, Ministre ivoirienne de la Femme, de la famille et de l’enfant, elle, fait partie des six membres du conseil d’orientation stratégique du Fonds :

    « On vient de mettre en place une direction de l’entrepreneuriat féminin. Il y a des sorties avant d’arriver au niveau supérieur et même au niveau supérieur il y a des pertes ; donc ce sont toutes ces personnes-là, qui sont sorties du système scolaire [et universitaire], qui peuvent être mises dans des institutions. Nous des structures d’éducation féminine. Nous avons 112 institutions d’éducation féminine en Côte d’Ivoire. »   

    Selon la Banque africaine de développement, la croissance économique en Afrique reste insuffisante pour réduire le chômage et la pauvreté.


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