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    RDC: «La France n'actionne pas les pays africains» (l'ex-ambassadeur Jacquemot)

    Pierre Jacquemot sur RFI le 28 novembre 2017. RFI

    Au Congo Kinshasa, la France « prend note » de la victoire de Félix Tshisekedi à l'élection présidentielle et ne sera représentée jeudi, à la cérémonie d'investiture, que par son ambassadeur sur place. Mais pour Pierre Jacquemot, chercheur associé à l'Iris, la France n'actionne pas les pays africains hostiles au scénario Tshisekedi.

    RFI :Vu du palais présidentiel à Kinshasa, le camp africain anti-Kabila, où l’on retrouve entre autres l’Angola, le Rwanda, le Tchad, la Guinée et la Commission de l’Union africaine, serait actionné en sous-main par la France et l’Union européenne…

    Pierre Jacquemot : Je ne pense pas. Cela fait partie un petit peu de l’histoire secrète des relations de la France avec les pays africains. Mais là, en l’occurrence, pour bien connaître la position française sur la RDC, je doute fort de la réalité de cette analyse. Je pense simplement que la France a émis un doute sur le résultat des élections très tôt. Jean-Yves Le Drian l’a dit très tôt [le 10 janvier, quelques heures après l’annonce des résultats provisoires de la Céni], avant ses collègues européens, peut-être l’a-t-il fait un peu vite d’ailleurs, parce que cela a immédiatement nourri les arguments de certains, en particulier de Lambert Mende, le ministre de la Communication, sur l’ingérence étrangère. Ce n’était peut-être pas très adroit à ce moment-là, mais il se trouve que l’Union européenne reprend aujourd’hui le doute émis par la France. Mais de là à actionner un certain nombre de pays membres de l’Union africaine pour les influencer, je ne pense pas, franchement. C’est ce qui me paraît une interprétation abusive et tout à fait exagérée. Il faut remarquer que la RDC n’est pas un enjeu diplomatique majeur pour la France. Il l’est peut-être davantage pour la Belgique.

    C’est quand même un enjeu économique, non ?

    Oui, il y a un enjeu économique, mais compte tenu du chaos qui règne dans ce pays. Les entreprises étrangères, qui sont intéressées par le secteur minier, sont plutôt des entreprises nord-américaines ou britanniques que des entreprises françaises. La France n’a pas de véritable stratégie minière internationale, faute d’avoir des entreprises de rang international. Elle a des intérêts pétroliers certes. Total est intéressé par certains sites, en particulier autour du lac Albert, mais vu le chaos qui règne dans le pays, les entreprises étrangères ne sont pas très emballées à l’idée d’investir dans ce pays tant que la situation politique et la situation sécuritaire seront aussi instables.

    Quelles seront les marges de manœuvre du nouveau président, Félix Tshisekedi ?

    D’abord, il s’est mis à dos définitivement une partie de l’appareil politique congolais. D’abord, parce qu’il avait sabordé l’accord qui était passé le 11 novembre 2018 entre les partis d’opposition pour une candidature unique. Donc il avait nié sa signature 48 heures après. Ensuite, il a passé une alliance avec un clan, le clan Kabila, que lui-même et que son père avaient farouchement combattu pour des dérives autoritaires, voire dictatoriales. Troisième observation, c’est que son élection restera entachée par le soupçon de fraude. Les données qui ont fuité de la Céni, la Commission électorale [Commission électorale nationale indépendante], ou de la Conférence épiscopale [Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco)] sont quand même assez frappantes. Il s’est mis à dos des pays voisins importants, comme l’Angola, le Rwanda et d’autres membres de l’Union africaine. Puis enfin, le clan Kabila va lui imposer un Premier ministre parce que l’Assemblée nationale est composée majoritairement par des pro-Kabila. Donc il aura une marge de manœuvre particulièrement étroite. Donc on peut souhaiter bonne chance à monsieur Tshisekedi pour gérer une situation très compliquée, qui est le résultat d’un processus électoral parfaitement opaque. Il est contesté. Enormément de litiges persistent. Donc, on a une situation tout à fait étonnante, assez chaotique. On peut craindre qu’avec un tel passif et autant d’entraves, les marges de manœuvre du futur nouveau président seront particulièrement étriquées.

    Mais concrètement, comment voyez-vous le partage du pouvoir, notamment dans les secteurs sécuritaire et économique ?

    Monsieur Tshisekedi, avant même qu’il ne soit élu, a fait une déclaration en ce qui concerne le précédent président, donc Joseph Kabila. Déclaration particulièrement élogieuse. On sait qu’il aura un statut de sénateur à vie, avec la pension qui lui est associée. Et on peut penser que Joseph Kabila, qui évidemment a mis les hommes qui lui sont proches dans l’appareil sécuritaire, dans l’appareil judiciaire et dans l’appareil politique, continuera de gérer le système sécuritaire, en particulier dans les régions de l’Est et du Centre -ce sont les régions les plus fragiles-, aura une influence sur la gestion des intérêts miniers, puis enfin probablement jouera un rôle dans le domaine diplomatique, même si ça n’a jamais été la spécialité de Joseph Kabila, qui n’a jamais été très emballé par les relations extérieures de son pays. Il aura quand même malgré tout un œil, une relation de proximité avec l’ensemble de ces leviers, de ces rouages du pouvoir.

    Un porte-parole de Joseph Kabila aurait eu ce mot : « Nous avons perdu le chapeau, mais nous conservons la tête de l’Exécutif » …

    Oui, je pense que c’est tout à fait explicite sur les intentions du clan Kabila après cette élection dont les résultats sont assez contestables et contestés, sont assez stupéfiants. Ce n’est vraiment pas du tout ce qu’on s’attendait à voir sortir du verdict de la Commission électorale, puis de la Cour constitutionnelle.


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