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    A la Une: l’Union africaine et l’Union européenne devant le fait accompli en RDC

    Le Parlement européen, à Bruxelles. Eddy LEMAISTRE / Contributeur / Getty Images

    « Il aura fallu bien du temps à l’Union européenne, note Le Monde Afrique, pour réagir officiellement à la confirmation des résultats des élections en République démocratique du Congo. [...] Plus question des “doutes sérieux” quant à la victoire du futur président Tshisekedi sur son opposant. Cela, c’était le verbatim la semaine dernière, avant la confirmation des résultats par la Cour constitutionnelle, à Kinshasa, dimanche dernier. »

    Hier, donc, poursuit Le Monde Afrique, l’UE « a salué la tenue d’élections qui sont, dit-elle, “une avancée majeure” avec laquelle le peuple congolais a pu exprimer sa “volonté de changement”. Les Européens ont, par ailleurs, “pris note” de la décision de la Cour constitutionnelle. Difficile, sans doute, de contester celle-ci sans s’exposer à des accusations d’ingérence, même si des informations parvenues à Bruxelles jettent un trouble évident sur le déroulement du scrutin. En clair, les interrogations subsisteront, mais, faute d’éléments objectifs et de preuves irréfutables, impossible de ne pas reconnaître la légitimité de Félix Tshisekedi. »

    Une position qui fait dire au site d’information congolais Objectif Infos que « l’Union européenne n’émet plus aucun doute sur la victoire du nouveau Président. »

    Realpolitik

    Rétropédalage également de la part de l’Union africaine… dont les représentants étaient réunis hier à Bruxelles aux côtés de ceux de l’UE. Même attitude donc, constate Aujourd’hui au Burkina : « les deux organisations continentales ont choisi d’accompagner le processus et même le nouvel élu. Autrement dit, l’UA et l’UE reconnaissent la victoire du patron de l’UDPS, Félix Tshisekedi et laissent tomber leurs exigences. » Et ont donc « opté pour la realpolitik ».

    Reste que « Kabila et Tshisekedi doivent avoir le triomphe modeste, estime pour sa part Ledjely en Guinée. Car une chose est de l’emporter sur une communauté internationale dont les agissements ne sont pas toujours catholiques. Mais c’en est une autre que de faire face aux nombreux défis qui sont ceux de la RDC et des Congolais. [...] La reconnaissance internationale, quoique tardive, est une forme de victoire, en tant que telle. Mais celle-ci ne doit pas faire perdre de vue que c’est seulement maintenant que le véritable travail commence, en particulier pour Félix Tshisekedi. »

    L’Eglise catholique ne signera pas de chèque en blanc

    De leur côté, les autorités catholiques congolaises ont fait entendre leur différence hier… C’est ce que pointe le site d’information congolais Cas-Info : « l’Église catholique était en première ligne pour contester les résultats de l’élection présidentielle. Après la confirmation de la victoire de Félix Tshisekedi, les évêques semblent maintenant vouloir tourner la page. Pour autant, pas de chèque en blanc au nouveau Président, relève Cas-Info. [...] Face à une victoire qu’elle conteste, l’Eglise catholique laisse planer le doute sur sa participation à la cérémonie d’investiture. “Cette invitation n’est pas une convocation. Ce serait nous renier nous-mêmes”, a déclaré hier l’Archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo. [...] Jusqu’à l’annulation de la visite de la délégation de l’Union africaine à Kinshasa, rappelle le site congolais, Mgr Ambongo continuait à espérer présenter aux chefs d’États africains les conclusions de l’Eglise catholique. Des conclusions qui remettaient en cause les résultats proclamés par la CENI et confirmés par la Cour constitutionnelle. »

    Primature : des noms circulent déjà…

    Et puis avant même l’investiture du président Tshisekedi prévue demain jeudi, des noms circulent déjà pour le poste de Premier ministre… D’après le site d’information congolais Politico CD, « Henri Mova Sakanyi, actuel vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur tenterait de s’imposer. De même qu’un autre homme clé du système Kabila, Albert Yuma, patron des patrons congolais et patron de la Gécamines, la Générale des Carrières et des Mines, le fleuron minier du pays. » Deux hommes donc très proches de Joseph Kabila. Du coup, « bonjour la continuité ! », s’exclame Politico CD. « Pourtant, rappelle le site congolais, le monde entier et les Congolais attendent Félix Tshisekedi au tournant. Il est appelé à incarner la rupture avec l’ancien système. A ce titre, conclut Politico CD, le visage qui sera à la Primature jouera à envoyer un signal fort. »

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