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    Les marchés céréaliers paralysés par le «shutdown» et les atermoiements sino-américains

    Le département américain à l'agriculture, l'USDA, premier fournisseur de bilans mondiaux, ne publie de statistique ce qui plonge les marchés agricoles dans l'incertitude. ©REUTERS/Mike Sturk/File Photo

    Depuis plus d'un mois, l'administration des États-Unis est paralysée par le « shutdown », en l'absence d'un vote sur le budget au Congrès. Le Département américain à l'agriculture ne publie plus de statistiques, ce qui plonge les marchés agricoles dans le flou total.

    Le « shutdown » paralyse les intervenants sur les marchés des céréales. De Chicago à Paris, on manque d'informations sur les marchés agricoles depuis que le Département américain à l'agriculture, l'USDA, ne compile plus ses statistiques. Or c'est le premier fournisseur de bilans mondiaux.

    Quelle disponibilité de blé ?

    « Il y a un rapport trimestriel extrêmement important qui aurait dû paraître le 31 décembre, explique Michel Portier, directeur général  d'Agritel, une société de conseil sur la gestion des risques agricoles. Ce rapport devait confirmer la production totale de blé, de soja et de maïs pays par pays et en particulier pour les Etats-Unis.... »
    Or c'est aux Etats-Unis que se concentrera la disponibilité de blé sur la scène internationale jusqu'à juillet prochain, étant donné la mauvaise récolte européenne et tout ce qu'a déjà exporté la Russie. Mais sur cette disponibilité de blé américain, c'est le flou total puisqu'on n’a aucun chiffre non plus sur les exportations américaines.

    Les prix ne bougent pas

    Cette incertitude se traduit concrètement sur les marchés dérivés des matières premières agricoles, de Paris à Chicago. Ni les opérateurs, ni les traders ne prennent de risque, d'autant qu'ils ne savent pas non plus quelle tournure prendra le différend sino-américain. La Chine vient d'annoncer qu'elle serait prête à importer 3 à 7 millions de tonnes de blé américain, mais rien n'est moins sûr. Sur les marchés de céréales, la prudence est de mise, les volumes en jeu sont faibles, les marchés bougent très peu. Depuis un mois sur Euronext, le prix du blé est scotché à 200 euros la tonne.

    « Comme un ressort comprimé »

    « Ce qui risque de se passer, prévient Michel Portier, quand les chiffres américains finiront par être publiés, c'est qu'on aura automatiquement une grande surprise, et donc, un peu comme un ressort qu'on a comprimé, une explosion de la volatilité à la fin du shutdown. » Un mouvement brutal des cours à la hausse ou à la baisse, en particulier à Chicago, qui pourrait être amplifié s'il intervenait au sortir de l'hiver, au moment où se rajoute le risque météo sur la récolte 2019.


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