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    Nano-drones militarisés

    Le drone Black Hornet. Flir

    Des mini-drones de 33 grammes rejoignent les rangs de l'armée française. Malgré leur apparente fragilité, ces micromachines volantes, coûtant 40 000 euros l’unité, ne sont en rien des gadgets ! Bardées de capteurs, thermiques, chimiques et de trois caméras en haute définition, les soldats qui en seront équipés pourront mener leurs opérations de reconnaissance à distance et en toute discrétion, dans des zones potentiellement dangereuses.

    Les robots tueurs à l’intelligence plus que primaire sont toujours incapables de rivaliser avec la virtuosité guerrière dont font preuve les soldats humains envoyés en première ligne. Mais la suprématie du biologique sur la machine a toutefois ses limites. C’est la raison pour laquelle, la Direction générale française de l’armement a décidé d’équiper ses fantassins avec des drones minuscules et discrets.

    Ainsi épaulés dans leurs missions de reconnaissance, ils pourront identifier à distance les pièges tendus par des ennemis préparant une embuscade. Ces aéronefs ressemblent à s’y méprendre à des hélicoptères miniatures d’apparence fragile. Mais ne vous y trompez pas ! Malgré leurs allures de joujoux pesant seulement 33 grammes, leurs performances aériennes sont à faire pâlir d’envie tous les amateurs d'aéromodélisme.

    Un « frelon noir » ultra discret

    Surmonté d’une hélice de 17 centimètres de diamètre, l’engin est le champion du rase-motte, capable d’évoluer à 10 mètres au-dessus du sol, de se faufiler entre les gouttes sous une faible pluie et d’affronter sans broncher un vent de 10 m/s. Sa vitesse de pointe est de 21 km/h, sa batterie électrique lui assure 25 minutes d’autonomie et permet à ce « frelon noir » militarisé de parcourir jusqu’à 2 km de distance.

    Ultra silencieux, il peut visiter un bâtiment distant en toute discrétion grâce à son électronique embarquée qui comprend trois caméras de haute définition dont l’une, amovible, se remplace par un modèle infrarouge pour « voir » dans la nuit. Des senseurs de produits chimiques parachèvent le dispositif afin de repérer des charges explosives qui seraient dissimulées sur le terrain. L’appareil se pilote à l’aide d’une télécommande, et un panneau de contrôle affiche sur un petit écran les images et les données de ses capteurs. La télétransmission est assurée par une liaison radio cryptée de niveau militaire qui est insensible au brouillage ou au piratage.

    Des modèles précédents déjà utilisés par l'armée française

    Ce petit drone qui a une origine norvégienne a été mis au point par la société Prox Dynamics, filiale aujourd’hui à 100% du groupe américain Flir. Pour obtenir ces « drones opérationnels de poche » qui répondent au nom de Black Hornet 3e version, la Grande Muette a conclu un contrat avec l’entreprise étasunienne d’environ 77 millions euros. Par ailleurs, ces appareils déjà adoptés par une trentaine de pays ne sont pas une nouveauté pour l’armée française.

    Depuis 3 ans, les troupes participant à l’opération Barkhane au Sahel et au Sahara, en sont équipées, mais avec les modèles d’ancienne génération. Indispensables lors des missions de reconnaissance, expliquent les stratèges militaires français, ces mini-drones qui n’embarquent pourtant aucune arme ont fait la preuve de leur efficacité sur le terrain, quand les soldats se retrouvaient, par exemple, en situation de « combat tactique ».

    Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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