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    Bouteflika à nouveau candidat: va-t-il enfin réformer l’économie algérienne?

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 28 avril 2014. REUTERS/Louafi Larbi

    En Algérie, Abdelaziz Bouteflika a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Son cinquième mandat qui se profile sera-t-il enfin celui des réformes économiques, vingt ans après son arrivée au pouvoir ?

    Il a été élu pour la première fois en 1999 avec une mission impérative : tourner la page de la décennie noire, celle de la guerre civile déclenchée par la victoire électorale des islamistes. L’urgence économique était alors d’assurer la cohésion du pays. C’est ce qu’il a fait grâce à la rente pétrolière. Le pétrole et le gaz fournissent à l’Algérie 95% de ses revenus d’exportation. Les cours des hydrocarbures sont alors au plus hauts, ce qui va lui faciliter la tâche. Des investissements publics massifs sont réalisés en infrastructure, logement, route, équipements, et des emplois publics des subventions sur les biens de première nécessité sont distribués aux Algériens pour acheter la paix sociale.

    Ces dépenses faramineuses ont-elles permis le décollage de l’économie algérienne ?

    La croissance reste poussive, en deçà du potentiel de ce pays jeune où plus d’un habitant sur deux a moins de 30 ans. Les dirigeants algériens poursuivent néanmoins dans la même voie. Celle d’une économie administrée, anesthésiée par les pétrodollars pour garantit la stabilité du pays. C’est très efficace pour éteindre les braises du printemps arabe en 2011 et cela conforte la prospérité de l’élite au pouvoir. Ceux qui ont les bons relais, baptisés les « chouchous du régime », savent en exploiter les failles. Le marché noir en devises prospère et l’économie souterraine pèse aussi lourd que l’économie dite légale.

    La chute des cours du pétrole a-t-elle remis en cause ce modèle de développement ?

    En 2014, les cours flanchent, en deux ans le PIB de l’Algérie recule de 30%. Mais l’Etat conserve le même train de vie. Dépensant toujours plus pour atténuer le choc de la crise. Comme la rivière des pétrodollars s’est asséchée, il puise dans les réserves de changes et il fait marcher la planche à billets pour boucler son budget. Mais cette crise pétrolière constitue un électrochoc pour le gouvernement qui adopte une stratégie pour sortir du tout pétrole. On parle diversification, industrialisation, il y a la volonté de faire émerger l’économie informelle, de rendre les banques plus performantes. Une série de réformes visant à assainir l’économie, à la rendre plus compétitive a été annoncée à partir de 2016, mais ces réformes sont loin d’avoir été mises en œuvre. Et le système perdure - cette année électorale oblige - l’Etat a encore augmenté ses dépenses sociales, elles représentent 20% de son budget annuel.

    Combien de temps l’économie algérienne peut-elle continuer à tourner sous cette assistance artificielle ?

    Plus pour très longtemps selon la plupart des observateurs. Dès cet automne International Global Crisis a annoncé la récession pour 2019, c’est donc maintenant. D’après les calculs d’un économiste algérien souvent cité par la presse algérienne, le professeur Belmihoub, si l’Etat continue à vivre au-dessus de ses moyens, il aura épuisé ses réserves de changes en 2022. L’Algérie sera alors réduite à quémander l’aide du FMI. Pour échapper à cette option, impensable dans un pays très fier qui a toujours refusé l’aide des institutions internationales, le prochain gouvernement qui sera formé après l’élection présidentielle devra accomplir des réformes de toute urgence s’il veut éviter une crise globale, à moins qu’une flambée du pétrole ne lui apporte un nouveau répit, mais ce scénario-là n’est pas vraiment celui des analystes pétroliers.

     

    EN BREF

     

    L’Australie confirme l’achat à la France d’une douzaine de sous-marins. Ce contrat à 50 milliards de dollars a été signé, lundi 11 février, à Canberra en présence du Premier ministre australien et de la ministre française de la Défense. La première livraison est prévue en 2030. Les submersibles seront construits par Naval Group en France et assemblés en Australie.


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