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    A la Une: Bouteflika candidat

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger le 4 mai 2017. REUTERS/Zohra Bensemra

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, sera donc bien candidat à un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle du 18 avril. L’annonce en a été faite, hier, par l’agence de presse officielle algérienne.

    El Moudjahid, le quotidien officiel du FLN, applaudit : « il est l’homme qui sied, en fonction de son long et riche parcours personnel, et donc d’une expérience avérée en matière de gestion du pouvoir politique et d’une grande expertise dans le domaine des relations internationales, sans oublier sa profonde connaissance du pays et des hommes. Les arguments ? Après la tragédie à laquelle elle a été confrontée, l’Algérie est debout, en paix, stable et plus forte que jamais, dans un environnement régional troublé et une conjoncture économique difficile. Et ce résultat n’a été rendu possible, estime El Moudjahid, que grâce au Président Bouteflika, appelé à poursuivre son programme, ses réformes et ses réalisations. »

    « Mystification » !

    A contrario, le quotidien Liberté parle de « mystification » : « la stabilité est présentée, comble d’ironie, comme une fin en soi, et les citoyens sont sommés de s’en contenter comme d’une réalisation prodigieuse. Or, l’on sait que, jusqu’ici, seul l’argent du pétrole a évité à l’Algérie d’entrer dans un cycle de récession économique que n’aurait pas pu endiguer “la gouvernance judicieuse” de Bouteflika. [...] On ne peut pas continuer une “œuvre” qui a coûté quelque 1 000 milliards de dollars, à présent que les caisses de l’État sont quasiment vides, poursuit Liberté, sachant qu’il n’y a aucune chance de les voir se renflouer à court ou moyen terme. Mais l’“Alliance” présidentielle n’en a cure. Elle s’est investie pour la promotion du 5e mandat et, dépourvue d’arguments sérieux, elle se voit contrainte de faire de la mystification. [...] Ses membres ne savent faire que cela. Ils s’y attellent donc, cette fois-ci avec plus d’ardeur, car c’est pour eux une question de survie. Mais ils n’y gagneraient, au mieux, qu’un sursis. »

    Sous la chape d’un système

    Le Monde Afrique rappelle pour sa part que Bouteflika « est très affaibli depuis un accident vasculaire cérébral en 2013 et ne s’est plus adressé publiquement à la population. [...] C’est donc un président absent et inaudible qui est désormais candidat à sa propre succession. »

    Quant à l’opposition, poursuit Le Monde Afrique, elle est « affaiblie et émiettée, oscillant entre l’idée de boycotter une élection jouée d’avance et celle de soutenir un candidat. »

    En fait, estime Aujourd’hui au Burkina, « l’Algérie est sous la chape d’un système, celui de “Boutef” ; des voix discordantes se font bien sûr entendre, mais restent inaudibles, et ce système qui gouverne en son nom et qui répond de lui est très puissant. Tous ceux qui ont cru, vu son état de santé, se passer de lui l’ont payé cher : les renvois, les révocations et les disgrâces sont fréquents. C’est un “Boutef” qui est engoncé dans ses certitudes messianiques, qui se résume à gouverner l’Algérie jusqu’à la fin, et qui tient le gouvernail par son entourage. Il a survécu au printemps arabe, depuis six ans, il résiste à un AVC, qui dit mieux ? »

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