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    Nigeria: pourquoi l’économie est au cœur de l’élection présidentielle

    Une raffinerie de pétrole de Kaduna au Nigeria. Getty Images/Andrew Holt

    Au Nigeria, un pays encore sonné par l’effondrement des cours du pétrole de 2014, l'économie est l’un des grands enjeux de la prochaine élection présidentielle, le 16 février 2019.

    Avec son pétrole et sa démographie galopante ce grand pays d’Afrique de l’ouest est le plus riche du continent en termes de produit intérieur brut, et c’est aussi celui où le logement est le plus cher, le salaire minimum l'un des plus bas. Le Nigeria concentre le plus grand nombre de pauvres au monde d’après les évaluations de la Banque mondiale. Ce triste record a été aggravé par la récente crise économique. La récession de 2016 consécutive à la chute des cours du baril a fait bondir le chômage, il a triplé en trois ans: un actif sur 4 est aujourd'hui sans emploi. La crise a aussi déchaîné l’inflation, dévorant le pouvoir d'achat des ménages.

    Un bilan peu flatteur pour le président sortant Mohamed Buhari, candidat au renouvellement de son mandat.

    Il n'est pas responsable de cette débâcle puisqu'il est arrivé au pouvoir après le choc pétrolier mais on lui reproche aujourd'hui d'avoir mis en œuvre des remèdes qui ont aggravé la crise. Fidèle à sa conception dirigiste de l'économie, il a voulu contrôler la monnaie, le naira, bloquer les prix de l'électricité pour protéger les consommateurs. En fait ces mesures ont surtout fait fuir les investisseurs étrangers et elles ont étranglé les entreprises locales et donc, in fine, desservi les ménages.

    Son programme pour développer l’agriculture a t' il connu plus de succès?

    C'est un échec cinglant. Prenons le cas du riz dont le Nigeria est un très gros importateur. Le président impose des droits de douane de 60% pour promouvoir la production locale. Il accorde des aides très importantes aux paysans. Mais une fois la céréale récoltée les voilà confrontés à des problèmes bien plus vastes que l’Etat nigérian s'avère incapable de gérer: d’une part un manque d’infrastructures pour acheminer le riz vers les consommateurs et d’autre part la concurrence de la contrebande, difficile de lutter contre dans un pays aussi corrompu. Résultat: la filière nationale n'existe pas encore et le prix du riz s'est envolé, pénalisant tous les Nigérians.

    Quelles sont les nouvelles recettes préconisées aujourd'hui par les deux candidats?

    Sortir du pétrole. Ils sont d’accord là-dessus. L’or noir ne représente que 10% du PIB du Nigeria mais c'est l'essentiel de ses revenus d'exportation et des recettes de l'Etat. Cette configuration rend l'économie trop vulnérable aux aléas des marchés pétroliers. Buhari veut la diversifier en mettant le paquet sur le made in Nigeria pour développer des industries exportatrices. Son plan vient d'obtenir le soutien financier des institutions internationales. Son adversaire Atiku Abubakar, ancien vice-président et également un richissime homme d’affaires compte sur le marché pour mettre un terme à la malédiction de l'or noir. Il veut privatiser la compagnie pétrolière nationale. Laisser plus de marge à la banque centrale du Nigeria. Son mot d'ordre: mettre les Nigérians au travail. Des projets idéologiquement très éloignés mais qui pourraient bien se briser sur le même écueil: celui de la corruption, les deux candidats doivent donc surtout démontrer qu'ils ont la capacité et la volonté réelle de lutter contre ce fléau.

    ►En bref

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    Donald Trump fait un geste d'apaisement dans la guerre commerciale qu'il a déclenché avec la Chine: il est prêt à repousser l'ultimatum fixé au 2 mars. Cette date butoir après laquelle de nouvelles sanctions américaines seront appliquées s'il n'y a pas d'accord n'est plus impérative laisse entendre le chef de la maison blanche. Xi Jinping fait aussi un effort: il recevra l'équipe des négociateurs américains venue à Pékin.


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