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    Espagne-Maroc: Felipe VI et Mohammed VI scellent leur «partenariat stratégique»

    Le roi d'Espagne Felipe VI (arrière-G) et le roi marocain Mohamed VI (arrière-C) président une réunion au cours de laquelle leurs deux pays ont signé 11 accords bilatéraux à Rabat, 13 février 2019. STRINGER / AFP

    Le roi d'Espagne était en visite à Rabat. Mohammed VI et Felipe VI ont signé onze accords bilatéraux. Rabat et Madrid s'engagent à établir un « partenariat stratégique » dans plusieurs domaines : énergie, lutte contre la criminalité, développement d'une troisième interconnexion électrique Maroc-Espagne... L'Espagne est un des principaux alliés du Maroc en Europe et son premier partenaire commercial avec des flux commerciaux dépassant les 12 milliards d'euros en 2018. Les relations historiques entre les deux voisins sont en dents de scie, les dossiers qui fâchent ont été mis sous le tapis... Pierre Vermeren, professeur d'Histoire du Maghreb contemporain à la Sorbonne (il vient de publier chez Belin avec Khadija Mohsen Finan «Dissidents du Maghreb: depuis les indépendances»). Il est notre invité.

    Pierre Vermeren. RFI

    RFI : Madrid-Rabat, Rabat-Madrid, c’est du « Je t’aime moi non plus » ?

    Pierre Vermeren : On peut dire cela. Parce que la relation entre les deux pays est extrêmement forte, proximité oblige, histoire oblige, intérêts obligent… Il y a aussi tout un tas d’irritants, pour reprendre un terme que les diplomates aiment bien, entre les deux pays. Mais du coup, il y a de l’affect, il y a une relation affective forte, mais la relation affective n’empêche pas des petits coups de patte ou des coups de mauvaise humeur. Et donc c’est une relation qui est à la fois très forte, mais aussi heurtée depuis quelques décennies, maintenant.

    Le communiqué d’annonce de la visite du roi d’Espagne Mohammed VI, évoque : « La profondeur et la qualité des relations bilatérales unissant les deux pays voisins et amis ».

    Pour le palais de Rabat, c’est très important d’avoir de bonnes relations avec l’Espagne, qui est un royaume. Donc une monarchie européenne qui, évidemment, a beaucoup de poids aux yeux de la monarchie marocaine. Parce qu’il y a vraiment une condition d’égalité entre le roi du Maroc et le roi d’Espagne et par rapport au régime républicain ou démocratique c’est, bien sûr, fondamental pour Rabat. Ensuite, aujourd’hui, l’Espagne c’est, bien sûr, le pays directement voisin du Maroc. Pas seulement parce que ce sont des pays voisins sur la Méditerranée, mais aussi parce que l’Espagne possède des enclaves dans le nord du Maroc. Et puis, c’est le pays qui a les relations économiques et notamment commerciales les plus proches du Maroc, puisque l’Espagne est devenue récemment devant la France le premier partenaire commercial de ce pays.

    Justement, vous diriez d’un côté la realpolitik, Madrid est le partenaire économique privilégié de Rabat en Afrique, plus d’un millier d’entreprises espagnoles sont investies au Maroc, et de l’autre côté, des anicroches politiques. Vous citiez les enclaves, notamment Melilla, la question migratoire, le Sahara occidental… Mais c’est d’abord la realpolitik qui prime ?

    Absolument. Disons qu’il y a beaucoup de contentieux, aussi, lié au terrorisme. On se rappelle des attentats de Madrid en 2004, il y a le problème des enclaves, on se rappelle de la crise de l’îlot Persil au début des années 2000, au début du règne de Mohammed VI… Il y a, bien sûr, la question de l’immigration avec régulièrement ces assauts qui ont été organisés sur les enclaves, notamment avec des migrants africains que la police marocaine retient et à certaines occasions a pu les laissez-passer… Il y a la question des bateaux, il y a la question de la pêche, des zones de pêche, notamment avec l’intégration récente au Sahara… Mais tout cela fait qu’effectivement, il y a un contentieux historique ancien. Le fondamental pour la monarchie marocaine c’est une bonne entente avec le Palais, avec le roi à Madrid et sa famille. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Cela n’empêche pas les anicroches politiques régulières, mais à la fin il y a toujours une réconciliation. Il y a toujours de grandes embrassades pour signifier l’excellence des relations.

    Peut-on reprocher à Madrid une certaine forme d’hypocrisie, notamment sur le Sahara occidental, alors que les Nations unies et Bruxelles, l’Union européenne, ont, semble-t-il, enterré le dossier ?

    Oui, ce n’est pas la question de l’Espagne. L’Espagne a une priorité très concrète. Vous savez que les Espagnols sont de très gros consommateurs de poisson et ils ont besoin d’avoir accès aux eaux du Sahara. Mais c’est l’Union européenne qui a endossé la discussion. Le vote récent du Parlement européen a à peu près 60 ou 70% des députés européens qui ont voté en faveur de l’accord de pêche qui concerne désormais les côtes marocaines. C’est une affaire européenne. Que l’Espagne cautionne c’est certain… D’ailleurs, elle est dans cette politique-là, je pense, aux côtés de la France, aussi.

    Couverture du livre « Dissidents du Maghreb depuis les indépendances » de Pierre Vermeren et Khadija Mohsen Finan aux Editions Belin belin-editeur.com

    Vous évoquiez donc ce vote du Parlement européen, le Parlement européen, qui a validé le nouvel accord de pêche entre l’Union européenne et Rabat. Un accord qui inclut le Sahara occidental et plus de 90 % des captures de la flotte européenne se font dans les eaux du Sahara occidental.

    Oui, c’est une affaire importante. L’accord va permettre au Maroc de gagner pour quatre ans 220 millions d’euros, ce qui est loin d’être négligeable pour le royaume. C’est une reconnaissance de fait par l’Union européenne de la souveraineté de Rabat sur ses eaux. Et cela, c’est capital pour Rabat. C’est le point absolu qui vaut, évidemment, toutes les amnisties et toutes les réconciliations avec l’Espagne et la monarchie marocaine. Parce que, encore une fois, la diplomatie marocaine, l’essentiel de son activité depuis longtemps, c’est d’essayer de faire reconnaître par la communauté internationale la marocanité du Sahara. Et là, la mer évidemment, est une manière indirecte d’arriver à cela. On voit qu’en ce début d’année 2019, nous avons à la fois la signature de l’accord sur le Sahara et la signature sur l’immigration, puisque le Maroc s’engage à ne plus laisser passer les migrants dans les enclaves espagnoles, voire à travers le détroit. Et récemment, un communiqué des autorités marocaines se félicitait même que près de 100 000 migrants aient été empêchés de traverser le détroit. Donc on voit que les deux informations sont tout à fait connexes et reliées.


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