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    «Jamais la Libye n'avait atteint un niveau d'insécurité comme aujourd'hui»

    De la fumée s'échappe d'un quartier de Tripoli en proie à de violents affrontements entre milices rivales, le 28 août 2018. REUTERS/Hani Amara

    Le 17 février 2011, débutait la révolte qui a mis fin à 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi, en Libye. Huit ans plus tard, le pays est toujours en proie au chaos. Quelles traces et quel héritage l’ancien Guide libyen a-t-il laissés dans son pays ? Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam), basé à Genève, en Suisse, répond aux questions de Magali Lagrange.

    RFI: Huit ans après, que reste-t-il de Mouammar Kadhafi, en Libye ?

    Hasni Abidi: Il reste un pays qui ressemble à un champ de ruines sur le plan politique, économique et social. Jamais la Libye n’avait atteint un tel niveau d’insécurité mais aussi de déstabilisation interne et externe, comme c’est le cas aujourd’hui.

    Le deuxième élément, c’est qu’aujourd’hui, l’héritage de Kadhafi poursuit un peu la classe politique. On en est encore à parler d’une succession ou d’une arrivée au pouvoir du fils de Kadhafi, Saïf al-Islam. C’est vous dire que les nostalgiques du règne de Kadhafi sont toujours là.

    Justement, puisque vous parlez de Saïf al-Islam, lui, effectivement est toujours là et il fait parler de lui. Il a été libéré en juin 2017 et il a annoncé, par personnes interposées, vouloir revenir sur la scène politique. Néanmoins, on ne l’a jamais vu depuis sa libération. Est-ce que l’on sait où il est ?

    Saïf al-Islam, officiellement, est en liberté. Il craint pour sa sécurité parce qu’il est recherché à la fois par des milices armées et il fait aussi l’objet d’un mandat international. Il ne faut pas oublier que du côté de l’est de la Libye, c’est-à-dire du côté de Benghazi et des forces proches du maréchal Haftar, Saïf al-Islam peut gêner la candidature de ce dernier. Il peut aussi gêner les hommes du maréchal Haftar et il peut donc se poser en tant qu’alternative à cette poussée spectaculaire du maréchal Haftar.

    Cependant, on pense qu’il doit être dans une région un peu plus sûre et c’est, bien-sûr, la région de l’est ou du centre de la Libye. Ceci étant, Saïf al-Islam entretient d’excellentes relations avec certaines tribus qui se trouvent tout au long des frontières entre la Libye et l’Egypte.

    Pourquoi dites-vous qu’il peut gêner le maréchal Haftar ?

    Parce que ce dernier est contesté par l’ouest et par une partie de l’armée libyenne. Par ailleurs, au sein de l’armée libyenne, certains gardent un bon souvenir du colonel Kadhafi et ne sont pas opposés à un retour politique de Saïf al-Islam.

    L’autre élément, c’est que certaines régions et certaines tribus sont tout à fait disposées à négocier avec la tribu al-Kadhafa dont est issu Saïf al-Islam, pour un retour aux affaires.

    Dernier élément, c’est que Saïf al-Islam, pour certaines capitales arabes et même occidentales, pourrait constituer une alternative à ce duel mortel qu’est celui de l’est et de l’ouest, et notamment au maréchal Haftar qui est contesté par toute la région de Tripoli et de Misrata.

    Dans la situation de crise actuelle que connaît la Libye, quelle image les Libyens ont-ils, aujourd’hui, de Mouammar Kadhafi et de son régime ?

    Il est très difficile de parler d’une perception libyenne. Les Libyens sont loin d’être un bloc homogène. Il y en a certains qui gardent un bon souvenir - pas forcément du colonel Kadhafi lui-même, mais plutôt du climat ou de la politique, en matière de sécurité. On est nostalgique à l’ordre, finalement. On l’est aussi à une abondance, par exemple, de produits alimentaires alors qu’aujourd’hui ils sont rares, mais les Libyens ont tourné la page Kadhafi.

    Evidemment, avec cette insécurité, cette situation économique très difficile dans un pays très riche, dans un pays qui disposait d’un matelas de devises très confortable, d’un pays aussi qui dispose d’une production pétrolière importante, les Libyens, aujourd’hui, sont arrivés à cette situation de détresse économique et sociale. C’est cet élément-là qui s’ajoute à l’insécurité et qui devient un élément d’inquiétude pour les Libyens.

    Est-ce qu’il existe, aujourd’hui, des réseaux kadhafistes, sur la scène politique libyenne ?

    Absolument. Il existe des réseaux, des journalistes, des universitaires et des militaires qui affichent leur soutien à l’ère Kadhafi. L’homme est mort mais disons que son héritage, en quelque sorte, c’est-à-dire l’homme qui a régné sur la Libye mais aussi sur l’Afrique est toujours là.

    Il ne faut pas oublier que c’est le seul homme, jusqu’à maintenant, qui a compris cet équilibre fragile entre les régions libyennes - l’est, le centre et l’ouest – mais aussi entre la multitude des tribus en Libye. Equilibre fragile aussi avec les contradictions, les Etats voisins, les Etats d’Afrique…. Et ça, c’est tout de même un exercice du pouvoir très important qu’a excellé Kadhafi. Bien sûr, il y a une page sombre, une page noire qui a accompagné l’ère de Kadhafi et qui est toujours présente aujourd’hui dans les esprits. Vous savez que Kadhafi a régné depuis 1969 et qu’il y a, par conséquent, toute une génération de Libyens qui n’ont connu que Kadhafi.

    Et est-ce que ces soutiens qui sont encore présents en Libye, jouent un rôle important ? Est-ce qu’ils ont un poids ?

    Ils ont un poids parce qu’à la fois, les forces qui sont à l’est et celles qui sont à l’ouest veulent gagner la confiance et le soutien de cette force qui se réclame de l’héritage de Kadhafi. Il va y avoir une nouvelle configuration et je pense que les proches ou les héritiers de Kadhafi vont avoir leur rôle.

    Si aujourd’hui, le plan des Nations unies qui est d’organiser une conférence inclusive avec tous les acteurs libyens, je vois mal, en tout cas, les proches de Kadhafi exclus de cette conférence. D’ailleurs, ils sont présents et ils jouent un rôle d’influence auprès des acteurs visibles, aujourd’hui, en Libye.


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