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    Les agriculteurs veulent voir rémunérés leurs efforts pour produire mieux

    Un agriculteur moissonne son champ de blé, à Beauvilliers, en Eure-et-Loir. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

    « Des femmes, des hommes et des talents », c'est le thème du salon de l'agriculture qui ouvre ses portes ce samedi, à Paris. Cette année, la profession agricole veut mettre en avant la diversité de l'agriculture française et les solutions qu'elle propose pour préserver la planète. Mais elle réclame aussi des prix suffisants pour ses efforts.

    La mutation vers une agriculture moins polluante est en cours en France.
    « Oui il faut changer de posture », reconnaît Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le premier syndicat des agriculteurs, longtemps rétif à cette évolution. « Mais nous voulons être accompagnés dans le changement, défend-t-elle, plutôt que de tirer les barbelés tout le temps ».

    L'agriculture se diversifie, « elle fourmille d'idées positives pour le climat, encore faut-il soutenir les avancées qualitatives, et pas seulement le bio, par des assurances risque, des crédits d'impôts, de la formation... » La profession agricole attend de ce côté beaucoup du « contrat de solution » qui sera signé lundi soir avec le gouvernement.

    « Des caméras dans les box de négociation »

    Les agriculteurs veulent aussi défendre les prix de leur produits. « Plus vert, c'est plus cher », insiste la responsable du syndicat agricole. Or les négociations commerciales se passent mal avec la grande distribution, alors que les Etats généraux de l'alimentation étaient censés ramener plus d'équité dans la filière.

    « Ca fonctionne à peu près pour le lait, mais sur des volumes restreints. Ca ne fonctionne pas du tout sur la viande, se lamente Christiane Lambert, que ce soit pour la viande bovine, porcine ou la volaille... Carrefour veut des caméras de surveillance dans les abattoirs ? Nous voulons des caméras dans les box de négociation commerciales ! », ironise-t-elle. A tout le moins un contrôle et des sanctions contre ceux qui ne respecteraient pas leurs engagements, inscrits dans la loi EGALIM.

    Viticulture en première ligne

    Autre grand sujet de préoccupation des agriculteurs français, à la veille du salon : le départ imminent du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le Brexit va amputer le budget de la Politique agricole commune, la PAC, dont les agriculteurs français sont les premiers bénéficiaires. Surtout, ils s'inquiètent de voir leur gros débouché qu'est le Royaume-Uni se fermer, si les taxes et les contrôles sont rétablis aux frontières. La viticulture française et son vin rosé sont particulièrement en péril. Mais les produits laitiers, les fruits et légumes et les céréales françaises sont également menacés par le Brexit.

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