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    Christiane Lambert, «patronne» de l'agriculture française

    Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. AFP/Eric Piermont

    Le Salon de l'agriculture s'ouvre ce samedi 23 février, porte de Versailles. Pendant une semaine, une ferme s'installe à Paris. L'occasion pour les agriculteurs de promouvoir leur profession et leurs produits. Portrait de Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le premier syndicat agricole de France.

    Christiane Lambert n'est pas arrivée par hasard à la tête de la FNSEA. L'agriculture, c'est toute sa vie. Née dans une famille paysanne, elle se passionne très tôt pour le métier. « J'ai toujours aimé l'agriculture, c'est mon truc ! J'ai choisi ce métier à huit ans, puis j'ai fait une formation agricole », se souvient-elle. Cette activité, elle l'aime pour sa diversité, et se lance dans un inventaire à la Prévert :

    « Faire naître des animaux, élever des veaux, traire des vaches, semer des cultures, récolter, faire des clôtures. C'est un travail en extérieur, avec les animaux, un travail où l'on voit des résultats, un travail de création, un travail qui n'est pas répétitif. » Et si à l'école, professeurs et amis ne comprennent pas vraiment sa vocation, elle a pu compter sur le soutien de ses parents. Au rang de ce qui l'a poussée sur le chemin de l'agriculture, la quinquagénaire place « la confiance » que lui ont témoigné ses parents, elle qui « toute petite a été mêlée aux travaux de la ferme ».

    L'ADN de la responsabilité

    Les responsabilités syndicales, mener des groupes, c'est aussi presque toute sa vie. D'où ça lui vient ? Elle a sa petite idée : « Probablement, l'ADN de la responsabilité que m'ont transmis mes parents. Ils étaient tous les deux militants à la Jeunesse agricole chrétienne (sic), engagés dans beaucoup d'organisations ou d'associations. Et donc à l'école, j'ai été déléguée de classe, capitaine de l'équipe de handball, il y a le gène de la responsabilité et après j'ai été très intéressée par le syndicalisme des Jeunes Agriculteurs. » Syndicat qu'elle découvre pendant ses études et lorsqu'elle s'installe comme agricultrice à 19 ans. Elle gravit les échelons chez les Jeunes Agriculteurs, puis à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles jusqu'à en devenir présidente il y a deux ans, à la mort de Xavier Beulin.

    Exigente et travailleuse

    Une ascension professionnelle avec toujours, selon Henri Bies-Péré, 2e vice-président de la FNSEA et compagnon de route de longue date, les mêmes traits de caractère : « Elle aime connaître bien les dossiers sur le fond, elle passe beaucoup de temps à se renseigner, s'informer. Et elle est exigente, vis-à-vis d'elle-même et de son engagement, et vis-à-vis de ceux qui sont autour d'elle. » Sa combativité, cette éleveuse de porcs la met entre autres au service des négociations sur les prix payés aux agriculteurs. Négociations notamment avec la grande distribution, avec qui les rapports ne sont pas toujours très doux.

    Michel-Edouard Leclerc, le président des supermarchés E. Leclerc, évoquait en faisant allusion à Christiane Lambert sur France info en octobre dernier « la p'tite dame qui se fait passer pour la mère Thérésa des pauvres de l'agriculture et qui est co-responsable de l'échec de la politique agricole ». Sans être aussi acerbe, un spécialiste des questions agricoles, qui préfère rester anonyme, lui reproche un manque de réalisme sur la question des prix. Elle n'aurait pas non plus la vision stratégique de son prédecesseur (lui-même figure controversée).

    Au-delà de la reconnaissance des agriculteurs du point de vue moral et du point de vue de la rémunération, un autre sujet lui tient à cœur. « Elle a été sans doute dans les premières personnes à pressentir ce mouvement du consommateur qui a envie de savoir comment sont faits les produits agricoles, de s'intéresser au bien-être animal, à l'impact environnemental de l'agriculture », explique Henri Bies-Péré.

    Elle a présidé le Farre, le Forum des agriculteurs responsables et respectueux de l'environnement. Et cette mère de trois enfants s'efforce de changer l'image de l'agriculture. « Elle a pris cette dimension médiatique, totalement essentielle aujourd'hui », analyse Philippe Chalmin, président de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. « Christiane Lambert est extrêmement à l'aise sur les plateaux de télévision, elle a une excellente capacité d'expression. Et elle véhicule une image très sympathique de l'agriculture. »

    Une agricultrice plus assez paysanne ?

    Pas de quoi pour autant contenter tout le monde agricole. Pour la confédération paysanne, une campagne de communication pour dire stop à l'agri-bashing, ce n'est pas suffisant. Laurent Pinatel, son porte-parole, respecte la combativité et le dynamisme de la brune au cheveux courts, mais reste en désaccord avec les idées portées par la FNSEA. Il regrette aussi une déconnexion avec le terrain : « C'est une professionnelle du syndicalisme. A la Confédération paysanne, on pense qu'avoir des mandats qui s'étirent sur une période aussi longue, c'est néfaste. L'un des travers que l'on peut reconnaitre à Christiane Lambert, c'est de n'être plus assez paysanne pour porter la parole des travailleurs de la terre. »

    Reproche qui contraste avec le discours de l'intéressée. Elle se revendique agricultrice et dit rester active sur son exploitation. Une double casquette qu'elle peut coiffer grâce à « un mari formidable qui partage [ses] convictions et comprend [son] engagement », grâce aussi « à une organisation au millimètre ». Agricultrice et leader syndicale : « Cela veut dire travailler tout le temps », mais elle « aime travailler donc cela ne [lui] pèse pas », même si selon Henri Bies-Péré cela laisse peu de place aux loisirs à cette amatrice de rugby, de foot et de handball.

    En tous cas, une partie au moins du monde agricole lui fait confiance. Lors des dernières élections aux Chambres d'agriculture, la position de la FNSEA a été confortée. De là à ce que Christiane Lambert se présente à sa succession l'an prochain... elle dit ne pas y avoir réfléchi. Mais la quinquagénaire le répète, elle aime ce qu'elle fait ! Pas de doute en revanche sur la politique. Malgré plusieurs propositions, elle n'a pas l'intention d'entrer dans l'arène.


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