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    Twitter dans le viseur

    Le gouvernement veut donc obliger les plateformes comme Twitter ou Facebook, à installer un appareil de modération capable de déceler une injure antisémite, par exemple, avec des moyens humains. REUTERS/Kacper Pempel

    Cette semaine dans la Chronique des médias, nous évoquons la mise en cause de Twitter à l’occasion de l’annonce de la future loi pour lutter contre les propos racistes ou antisémites sur les réseaux sociaux.

    Emmanuel Macron est venu confirmer mercredi au dîner du CRIF tout le mal qu’il pensait de Twitter. « Il y a, a-t-il dit, des plateformes comme Twitter, pour citer le mauvais exemple, qui attendent des semaines ou des mois pour donner les identifiants qui permettent de lancer des procédures judiciaires contre ceux qui appellent à la haine, au meurtre ». À l’inverse de Facebook, qui se serait mis depuis peu à collaborer, le réseau social à l’oiseau bleu est accusé de ne pas prendre la mesure d’un danger qui ronge la société, que ce soit à travers des injures racistes ou antisémites, ou via des pratiques de cyberharcèlement en meute.

    Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au Numérique, a lui-même estimé sur France Info que le patron de Twitter Jack Dorsey « est celui qui est peut-être le moins collaboratif ». Selon lui, il met au point, dans son coin, tous les six mois, les règles de sa communauté, comme l’interdiction de la nudité, mais n’est pas transparent sur le retrait des contenus haineux. Si Twitter examine neuf fois sur dix dans les 24 heures les contenus signalés, il ne les retire que dans 43,5 % des cas. Le gouvernement veut donc obliger les plateformes comme Twitter ou Facebook, à installer un appareil de modération capable de déceler une injure antisémite, par exemple, avec des moyens humains.

    Révéler le nom du coupable rapidement

    Si le contenu de haine passe au travers des mailles du filet, il faudra que la plateforme révèle très rapidement le nom du coupable en donnant son adresse IP. Il y aura en ce sens une responsabilisation des opérateurs qui ne seront plus de simples hébergeurs, mais considérés comme des « accélérateurs de contenus ». C’est ce que préconise la députée LREM Laetitia Avia qui déposera en mai un texte de loi pour endiguer le flot de haine sur les réseaux sociaux. Ce ne seront plus simplement les auteurs des propos haineux qui seront poursuivis. Une lourde amende, de 37,5 millions d’euros, est prévue pour les plateformes.

    Il reste néanmoins bien des questions. Ne risque-t-on pas d’encourager un contrôle des socionautes par les réseaux ? L’algorithme lui-même est-il bien adapté dès lors que s’il est possible d’identifier le drapeau de Daech, il n’est pas toujours aisé de cerner un message haineux. Quid du tweet dénonçant, en citant, une insulte raciste ? Quid du propos antisioniste ? C’est pourquoi le regard humain, donc des moyens s’imposent. Des moyens en tout cas nécessaires si l’on en juge par la déferlante de propos antisémites qui se sont exprimés à l’occasion d’un Facebook live interrompu sur France 3, lors de la visite de Macron au cimetière profané de Quatzenheim, en Alsace.

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