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    Fespaco, 50 ans déjà

    Denise Epoté. © RFI/Pierre René-Worms

    Les Têtes d'affiches de Denise Epote avec Assane Diop comme tous les dimanches, aujourd'hui, en ligne de Ouagadougou, la capitale burkinabé qui accueille le 26 eme Festival panafricain du cinéma et de la télévision. Et pour ouvrir votre palmarès, justement le Fespaco qui souffle cette année ses 50 bougies.

    Très tôt dans ce pays sans ressources qui s’appelait encore la Haute Volta, on a compris qu’il fallait miser sur la culture pour se faire connaître. C’était deux décennies avant que les Nations unies ne décrètent que la culture était un facteur de développement. En 1969, des pionniers comme le Nigérien Oumarou Ganda et le Sénégalais Sembene Ousmane décident de lancer la Semaine du cinéma. C’est une femme, Alimata Salambere qui présida le premier comité d’organisation. Annuel à sa création le festival devient bi-annuel dès 1979.

    Pour le Burkina Faso, il fallait pouvoir mobiliser des ressources. Et au Pays des hommes intègres, ils font rarement les choses au dessus de leurs moyens. Les réalisateurs ne sont pas peu fiers de remporter la distinction suprême l’Etalon d’or de Yenenga. Un seul réalisateur a remporté le trophée deux fois en l’espace de trois éditions. C’est le Sénégalais Alain Gomis.

    Des pays comme le Maroc ont eu l’honneur de l’obtenir trois fois grâce au talent de Mohamed Mouftakir ainsi qu’à celui des frères Ayouch, Nabil et Hichem. Les pays à l’avoir obtenu deux fois sont le Burkina Faso avec « Tilaï » d’Idrissa Ouedraoga  et « Wen Kuni » de Gaston Kaboré. Puis il y a le Mali avec Souleymane Cissé et Cheick Omar Sissoko.

    Fespaco toujours, pour votre deuxième tête d'affiche, le souvenir d'un grand absent. Le cinéaste burkinabé et figure emblématique du Fespaco, Idrissa Ouedraogo décédé il y a tout juste un an, en février 2018

    Pour tous il était le « Maestro ». Un titre amplement mérité pour ce réalisateur à la filmographie si riche et si variée plusieurs fois primé en Afrique, en Europe et même en Asie. Premier étudiant de l’Inafec, l’école de cinéma fondée en 1976 au sein de l’université de Ouagadougou, Idrissa Ouedraogo a offert au Burkina Faso son premier étalon d’or en 1991 avec son film « Tilaï ». Un an plus tôt au festival de Cannes, « Tilaï » avait remporté le Grand Prix.

    Quinze ans avant ses confrères, Idrissa Ouedraogo avait senti que les séries télévisées seraient un filon inépuisable. Plusieurs séries à succès portent sa marque. À Ouagadougou, capitale par excellence du 7ème art en Afrique, une salle de cinéma située sur le site d’une ancienne salle ouverte à l’époque de la révolution porte désormais le nom de cet immense réalisateur qu’était Idrissa Ouedraogo. Une heureuse initiative des autorités locales et des dirigeants du groupe CANAL+ saluée par les habitants de la commune de Pissy.

    Pour refermer votre rendez-vous, un hommage à plusieurs journalistes ouest-africains qui ont été distingués ces dernières semaines

    Fespaco oblige, mes premiers lauriers vont à Yacouba Traoré. L’ancien attaché de presse de l’ambassade du Burkina Faso à Paris, devenu directeur général de la télévision nationale est le président du comité d’organisation de la 26ème édition du Fespaco. Un poste taillé sur mesure pour celui qui a animé une émission sur le cinéma. Monsieur le président entend faire de ce cinquantenaire une édition toute particulière.

    Autre pays, autre confrère: Salif Sanogo. Ancien journaliste à la télévision nationale, ancien directeur de l’Information et conseiller à la Comunication à l’ambassade du Mali aux Etats-Unis, cet ancien directeur Afrique de la BBC est le nouveau directeur général de l’ORTM. Sa riche expérience ne sera pas de trop à la télévision nationale fortement critiquée par une opposition vent debout contre le pouvoir.

    C’est également une belle promotion que vient de connaître notre confrère ivoirien Fousséni Dembele. L’ancien cofondateur des quotidiens l’Expression et Le Patriote, qui dirigea pendant cinq ans le cabinet du ministre de la Culture et de la Francophonie est le tout nouveau directeur général de la RTI. A un an de l’élection présidentielle son principal défi sera de ne pas faire démentir le slogan de la chaîne nationale: « RTI, la chaîne qui rassemble ».

    Pour finir, cap sur le Sénégal. Ancien directeur général de la RTS, la chaîne nationale, et ambassadeur en Gambie puis aux Etats-Unis pendant les années Obama tient-il à préciser, Babacar Diagne est le tout nouveau président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel. Son premier défi aurait été d’arbitrer le débat entre les cinq candidats à la présidentielle sénégalaise. Faute de participant, le débat n’a pas eu lieu !


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