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    Pédophilie: pour le père Bodjoko, l’Eglise africaine «n’est pas épargnée»

    Père Jean-Pierre Bodjoko, journaliste à la Radio Vatican en Italie (Capture d'écran). Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

    C'est la fin ce dimanche 24 février du Sommet sur la protection des mineurs dans l’église. L'événement, qui s'est ouvert jeudi au Vatican, a réuni les plus hauts responsables religieux de tous les continents. Son objectif : réfléchir aux moyens de lutte contre les abus sexuels au sein de l'institution religieuse, éclaboussée ces dernières années par une série de scandales de pédophilie. En Europe comme en Amérique, certains cas sont devenus emblématiques. Et si le phénomène est moins médiatisé en Afrique, le continent n'est pas épargné pour autant. Le père Jean-Pierre Bodjoko, prêtre d'origine congolaise et coordonnateur du programme africain au sein de Radio Vatican, est notre invité.

    Rfi: C’est la première fois, dans l’histoire de l’Eglise, qu’un sommet de ce type est organisé. Que pensez-vous de cette initiative ?

    Père Jean-Pierre Bodjoko: C’est en effet la première fois qu’un tel sommet se tient mais ce n’est pas la première fois que l’on aborde le sujet. C’est très important et il est nécessaire, pour l’Eglise, de se réunir pour essayer d’étudier et d’approfondir la question, pas seulement sur les abus sur les mineurs mais aussi pour voir comment protéger les mineurs contre les abus sexuels. Je crois que c’est une dimension très importante que l’Eglise prend au sérieux. Il fallait bien que l’Eglise se réunisse pour prendre à bras-le-corps ces problèmes de protection des mineurs ou bien - si on peut le dire autrement – d’abus sur les mineurs.

    Ces dernières années, des scandales d’agressions sexuelles sur mineurs au sein de l’Eglise ont défrayé la chronique en Amérique ou en Europe. Est-ce que cela signifie que l’Afrique est épargnée ?

    L’Eglise en Afrique n’est pas du tout épargnée. Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas que ce phénomène n’existe pas. C’est un problème universel. C’est sans doute dû aux manifestations, à l’écho qu'en donnent la presse ou encore la société européenne ou américaine...

    En Afrique, c’est peu médiatisé puisqu’il n’y a pas eu encore probablement beaucoup de dénonciations. Peut-être qu’un jour ce sera médiatisé. Cela dépend, aussi de la façon dont la presse et le monde de la communication médiatisent ce problème et ce phénomène avec, je dirais, encore plus d’injustice. En effet... nous vivons dans une société où ce phénomène ne touche pas seulement l’Eglise. Si nous devons défendre les mineurs, nous devons les défendre dans la société en général.

    L’Eglise est touchée parce qu’elle doit être un modèle, mais c’est un phénomène de société. Il y a abus sur mineurs un peu partout, même dans les familles et c’est même là où la plupart des cas arrivent, même si ce n’est pas aussi médiatisé comme c’est le cas pour l’Eglise. Aussi, l’Eglise doit d’abord lutter contre les abus à l’intérieur de l’Eglise mais elle doit aussi penser à une pastorale qui cherche à défendre les mineurs, même en dehors du cercle de l’Eglise...

    Comment peut-on encourager, selon vous, la libération de la parole des victimes ?

    La libération de la parole des victimes dépend du contexte. En Afrique, il y a encore un peu de pudeur. Chaque famille cherche à protéger l’honneur de la famille et, dans la plupart des cultures africaines, c’est la honte de toute la famille lorsque l’on rend public, par exemple, qu’un enfant a été violé. Cela entame d’abord la réputation de la victime qui sera toujours pointée du doigt car elle ne sera pas comprise par les gens. La famille subit, elle aussi, les conséquences de cette honte. Alors, on en parle très peu.

    Comment libérer cette parole ? C’est tout un contexte. Ce n’est pas évident. Probablement qu’un jour cela se libérera quand d’autres facteurs entreront en jeu. Par exemple, nous savons qu’aux Etats-Unis d’Amérique les victimes sont indemnisées et sont payées très cher. Peut-être qu’un jour, si ce phénomène commence à sortir, on va sacrifier un peu la pudeur pour viser plutôt l’aspect économique. C’est là un point de vue que je donne mais cela arrivera-t-il ? Pour l’instant, ces coutumes et cette pudeur sont encore très profondes en Afrique.  

    Comment l’Eglise africaine peut-elle prévenir en amont les agressions sexuelles sur mineurs ?

    Par la sensibilisation, comme le fait l’Eglise universelle, et en essayant évidemment d’être à l’écoute de certaines personnes ou de certains cas qui peuvent se présenter. Dans des congrégations religieuses où certaines religieuses peuvent être victimes, elles en parlent, par exemple, à leurs supérieurs et on essaie de voir comment trouver une solution.

    Donc, par l’écoute et par l’accompagnement puisque nous attendons des victimes, aujourd’hui, qu’elles rendent publics leurs cas. Or, nous voyons, quand même, que c’est très traumatisant. Il y a toute une vie qui est gâchée.

    Et puis, il faudrait aussi, pour l’Eglise en Afrique, une sorte de leadership pour anticiper certaines situations pour ne pas en arriver là. Parfois on pense que les évêques sont tout puissants pour essayer de résoudre, seuls, ces problèmes. Or, c’est tout un problème de la communauté. Je crois que tous ces aspects, il faut les mettre ensemble pour essayer de les anticiper.

    La vulnérabilité des mineurs et des enfants à protéger, c’est la lutte que tout le monde doit mener et à l’intérieur de l’Eglise et à l’extérieur de l’Eglise.

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