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    Angola: rendre «la dépouille de mon père est un geste fort» (Savimbi fils)

    Aleluiah Savimbi et Helena Savimbi, les enfants de Jonas Savimbi. RFI

    Des obsèques nationales pour Jonas Savimbi ? Dix-sept ans après la mort au combat du chef rebelle angolais, l'hypothèse est très sérieuse. Le président angolais João Lourenço vient en effet de décider de restituer la dépouille mortelle du chef de l'Unita à sa famille. Helena et Aleluiah Savimbi sont deux des enfants de l'ancien chef nationaliste angolais. Ils témoignent au micro de RFI.

    RFI : Helena Savimbi, Aleluiah Savimbi, c’est le 5 avril prochain que doit vous être restituée la dépouille mortelle de votre père. Quelle est votre réaction ?

    Helena Savimbi : Pour nous, c’est un soulagement énorme. Parce que cela fait dix-sept ans que nous demandons les restes du corps de notre papa. C’était son souhait et notre souhait, aussi, de l’enterrer chez lui à Lopitanga – son village – auprès des siens. Pour nous c’est un soulagement et c’est vrai qu’aujourd’hui nous remercions le président angolais, le président João Lourenço. Nous remercions aussi, bien sûr, le président de l’Unita Isaias Samakuva, puisqu’il a toujours été là pour aider, nous aider dans cette demande.

    Il faut dire que c’est un geste politique qui n’aurait peut-être pas pu avoir lieu du temps de la présidence dos Santos ?

    Aleluiah Savimbi : C’est exactement cela. Je peux vous confirmer, en tant qu’enfant de Jonas Savimbi, que la démarche de la demande de la dépouille de notre père a été faite il y a déjà dix-sept ans. Nous avons nous-mêmes, mes frères et moi, adressé un courrier au président dos Santos pour demander de nous restituer la dépouille de notre père. Nous n’avons jamais eu une réponse à cette demande, cela veut dire que la réponse était négative. Aujourd’hui, je considère que le geste du président Lourenço est un geste symbolique fort pour la réconciliation nationale et je voulais, dans ce sens, le remercier pour ce geste, pour les restes du corps de notre père.

    La dépouille de Jonas Savimbi est censée être enterrée dans le cimetière municipal de Luena, dans l’Etat de Moxico. Et s’il s’agit bien de votre père, il sera ré-enterré. Cette fois-ci, ce sera au cimetière de Lopitanga, dans la municipalité d’Andulo. C’est là qu’ont été enterrés ses parents. Est-ce que vous espérez des obsèques nationales en présence du président Lourenço ?

    Papa sera, comme dans son souhait depuis toujours, enterré auprès des siens, donc dans son village de Lopitanga. Quant aux obsèques nationales, je peux simplement vous dire que l’Unita et la famille n’ont jamais demandé de cérémonie nationale pour notre père Jonas Savimbi. Néanmoins, je considère que, vu l’implication de mon père pour l’Indépendance de l’Angola, il est aussi à l’origine, comme Agostino Neto et Holden Roberto, de l’Indépendance de l’Angola. Je pense qu’il pourrait mériter une autre considération que celle que nous avons encore aujourd’hui en Angola.

    Jonas Savimbi en 1989. Ernmuhl/wikimedia/ CC BY-SA 3.0

    La mémoire de votre père continue de diviser les Angolais et certains lui reprochent d’avoir été soutenu par le régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

    Helena Savimbi : C’est vrai, cela continue. Mais je crois qu’aujourd’hui, les gens commencent à comprendre pourquoi il avait fait ce choix.

    Aleluiah : Il ne faut pas oublier que, malgré le fait de ce soutien qui, effectivement, était très contesté par la communauté internationale, il ne faut pas oublier que papa - Jonas Savimbi -, a toujours demandé aux autorités de l’apartheid qu’ils libèrent Mandela. Et ça, nous pouvons en être sûrs. Parce que Mandela lui-même a écrit et a dit que, bien que pour des raisons politiques et stratégiques Savimbi ait choisi un soutien des Sud-africains blancs, il a toujours demandé à ces mêmes gouvernements qu’on puisse libérer Mandela, parce qu’il disait clairement que l’avenir de l’Afrique du Sud ne pourrait se faire sans lui.

    J’imagine, Helena Savimbi, que vous avez une mémoire très précise du jour où vous avez appris la mort de votre père. C’était en février 2002.

    Helena Savimbi : Tout à fait. Je me rappelle très bien, on se trouvait chez nous… A l’époque, nous habitions toujours à Paris, au centre même de Paris, et on regardait les informations de 20 heures, le journal. Et c’est là où nous avons appris par les images que notre père venait d’être tué. Oui, cela a été terrible pour nous.

    Et vous avez même vu l’image…

    Nous avons vu les images terribles de notre père…

    Du corps de votre père…

    Tout à fait… Nous avons vu, cela a été un choc pour nous. Un mois avant, il nous avait appelés pour nous rassurer qu’il allait bien. Donc cela a été un choc. Vraiment, un choc terrible pour nous tous, pour les frères et sœurs. Nous ne savions pas vraiment si c’était vrai, pas vrai… Nous avons vu la dépouille, c’est vrai. Là, on ne pouvait pas dire que ce n’était pas vrai. Mais cela a été un choc, oui. Terrible.

    On a dit, Aleluiah Savimbi, que votre père a été trahi par son téléphone satellite qui a permis à l’armée angolaise de le géo-localiser.

    Aleluiah Savimbi : Ce que je peux vous dire, effectivement, c’est qu’il est mort en combat. Aujourd’hui, nous pouvons simplement être sûrs que le gouvernement angolais a été soutenu dans cette action par des forces extérieures qui avaient le pouvoir de contrôler le satellite. L’Angola n’avait pas cette force-là et donc je pense que, par des moyens très sophistiqués, ils ont réussi…

    De la part des Russes ou des Américains ?

    Je ne dirais pas des Américains, mais je pense avec le soutien des Angolais qui, bien évidemment, avec le pétrole en contrepartie, ont fait le nécessaire pour pouvoir aller au bout de leur volonté.

    Vous pensez aux Russes ?

    Je pense aux Russes, mais pas qu’eux.

    Aux Chinois ?

    Non, parce que je pense qu’à l’époque ils n’étaient pas impliqués dans la situation en Angola. Je pense en particulier à Israël, qui a beaucoup soutenu l’Etat angolais en termes de moyens militaires, mais des moyens très sophistiqués. Je parle de satellites et de contrôles techniques pour surveiller les mouvements des forces de l’Unita. Aujourd’hui, nous avons des confirmations qu’ils [les Israéliens, ndlr] sont surtout à l’origine de cela. Parce qu’effectivement, quand on se bat contre des Etats qui ont des moyens comme ceux qu’ont Israël, quand on fait une révolution ce n’est pas toujours facile de pouvoir s’en sortir.

    Dix-sept ans après la mort de votre père c’est toujours son ennemi, le MPLA, qui est au pouvoir. Est-ce que Jonas Savimbi n’a pas perdu ce combat-là, aussi ?

    Nous avons aujourd’hui en Angola, effectivement, le MPLA qui est toujours au pouvoir. Je pense que la victoire de mon père ce n’est pas tant que l’Unita soit au pouvoir. C’est surtout le fait que les Angolais se rendent compte - au jour le jour - que tout ce que Jonas Savimbi voulait pour l’Angola n’est pas aujourd’hui réalisé.


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