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    A la Une : Muhammadu Buhari garde son fauteuil

    Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, reçoit son certificat, il représente la preuve légale de sa victoire, à Abuja, au Nigeria, le 27 février 2019. Bayo Omoboriowo/Nigeria Presidency/Handout via Reuters

    « Jusqu’au bout, le suspense est demeuré, s’exclame Le Monde Afrique. Après quatre jours d’attente, la Commission électorale nationale indépendante du Nigeria a annoncé, dans la nuit de mardi à mercredi, le nom du vainqueur. Le chef de l’Etat sortant, Muhammadu Buhari, du Congrès des progressistes, a été réélu pour un deuxième mandat de quatre ans à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique. A 76 ans, ce général à la retraite, qui a participé à un des nombreux coups d’Etat qu’a connus le Nigeria jusque dans les années 1990, a récolté 56 % des voix, contre 41 % pour son principal adversaire, Atiku Abubakar. […] Cette nette victoire, qui correspond à une avance de près de 4 millions de voix, constitue une surprise, alors que les experts anticipaient un duel très serré avec le candidat de l’opposition, qui a déclaré se pourvoir en justice. »

    « Je vais diriger un gouvernement inclusif », tels sont les premiers mots du président Buhari, rapporte le quotidien nigérian Vanguard. Buhari qui tend la main à ses adversaires : « Tous les Nigérians, pour aller de l’avant, doivent se réunir en fraternité pour un avenir brillant et épanouissant. Je tiens donc à assurer que nous continuerons à engager toutes les parties qui ont à cœur les meilleurs intérêts des Nigérians. »

    Les urnes boudées

    En tout cas, ce scrutin a très peu mobilisé la population. A peine 33 % des 84 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes. Pourquoi ? Réponse de Vincent Hiribarren, historien spécialiste du Nigeria, interrogé par Jeune Afrique : « trois facteurs expliquent cela. Tout d’abord, il y a une cause structurelle. Au Nigeria, très peu de personnes ont foi en la capacité des politiques à changer le cours de leur vie, sur le plan tant économique que social. Puis se pose la question du renouvellement de la classe politique. Les deux candidats sont depuis une vingtaine d’années dans le paysage, donc la jeunesse ne se sent pas vraiment représentée. Enfin, d’un point de vue conjoncturel, le report des élections a sûrement accentué ce manque d’engagement chez les Nigérians. »

    Une nouvelle génération ?

    Les deux principaux candidats, âgés de plus de 70 ans, ne représentaient pas vraiment le renouveau… C’est ce que souligne le quotidien nigérian This Day (https://www.thisdaylive.com/index.php/2019/02/27/they-came-they-saw-and/). This Day qui donne un coup de chapeau aux jeunes candidats, les dirigeants de demain, qui ont animé la campagne avec fougue : « Kingsley Moghalu du Parti des jeunes peuples, Omoyele Sowore du Congrès d’action africaine, Oby Ezekwesili du Parti du Congrès allié du Nigéria, Donald Duke du Parti social démocrate et Fela Durotoye de l'Alliance for New Nigeria, tous ont  donné plus de vie à la campagne en introduisant du porte à porte et des assemblées publiques. Bien que n’ayant pas le pouvoir financier de leurs aînés, ils ont également parcouru le pays à la loupe pour obtenir le vote des électeurs. (…) Ces petits partis et leurs candidats à la présidentielle n’ont peut-être pas été victorieux, mais ils ont lancé la renaissance de notre processus électoral, estime encore This Day. Lors de cette dernière élection présidentielle, ils sont venus, ils ont vu et ils ont eu un impact significatif. »

    Baba go slow… (Papa va doucement…)

    En tout cas, relève L’Observateur Paalga au Burkina, le président Buhari a du pain sur la planche… « "Baba go slow" (Papa va doucement), comme on l’a surnommé, en raison de ses ennuis de santé, va devoir se hâter et mettre le turbo pour d’abord combler les lacunes de son premier mandat, notamment dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram et la corruption. » Et puis « des trésors de persévérance il lui en faudra pour tenir ses nouvelles promesses électorales, note encore le quotidien ouagalais. Et Dieu sait qu’elles sont ambitieuses : création de 15 millions de nouveaux emplois ; formation de 200 000 jeunes aux métiers des services, des loisirs et technologies ou encore la réhabilitation de 10 000 écoles […]. Des engagements électoralistes dont on se demande si le nouvel élu aura les moyens et surtout la force de les réaliser. »


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