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    La Côte d'ivoire veut tripler sa production d'huile de palme sans déforester

    Un ouvrier récolte des fruits de palme fraîchement coupés pour la fabrication d'huile de palme dans une plantation gérée par un centre de recherche sur l'huile de palme en Côte d'Ivoire, à Alame, près d'Abidjan, le 5 juin 2013. Sia KAMBOU / AFP

    La Côte d'Ivoire est le deuxième producteur africain d'huile de palme. Elle alimente un marché ouest-africain déficitaire. Et elle entend tripler sa production... sans agraver la déforestation.

    Le troisième plan ivoirien du palmier à huile est ambitieux. Multiplier par trois la production actuelle (550 000  tonnes sur une superficie officielle de 250 000 hectares), sans continuer d'amputer sur les forêts, comme cela s'est passé pour le cacao, peut paraître irréaliste. Pour la Côte d'Ivoire l'enjeu est d'abord alimentaire. L'Afrique de l'Ouest est déficitaire en huile de palme et elle doit en importer d'Asie. 75 % de la production ivoirienne est consommée dans le pays, le reste est exporté vers les pays ouest-africains voisins.

    L'autre enjeu, c'est pérenniser une filière qui fait vivre plus de 10 % de la population ivoirienne. Aux côtés des grandes sociétés industrielles comme Sifca, l'interprofession compte 40 000 petits planteurs, et plus de 21 000 employés dans la première et la deuxième transformation.

    Reconquérir les vieilles friches

    Mais les revenus ne sont pas encourageants pour les planteurs ivoiriens. « Le marché de l'huile de palme est difficile depuis quelques temps », reconnaît Abdoulaye Berté, secrétaire exécutif de l'AIPH, l'interprofession ivoirienne, les prix mondiaux de l'huile de palme sont bas, ce qui encourage par ailleurs les importations asiatiques.

    Mais la cause principale, ce sont les rendements très faibles : 6 tonnes de fruits à l'hectare en moyenne - contre près du double en Indonésie. L'état des pistes empêche par ailleurs souvent les petits producteurs de livrer leurs fruits qui pourrissent avant de rejoindre l'usine, confie le responsable d'une coopérative.

    Jeunes palmiers coupés

    Certains planteurs se détournent de l'huile de palme pour cultiver le manioc, ou la banane plantain. Quand ils ne coupent pas tout bonnement les palmiers alors qu'ils pourraient encore donner, déplore Siaka Coulibaly le représentant du ministère ivoirien de l'agriculture. « Le modèle ancien n'est plus durable, estime-t-il. On ne peut plus produire de façon extensive comme avant, il faut faire en sorte que les plantations existantes produisent plus avec moins de surface, quitte à reconquérir les vieilles friches ». Reste à résoudre les problèmes fonciers et le manque de main d'oeuvre pour entretenir les plantations. Les palmiers très hauts sont dans ce contexte un obstacle, la récolte y est plus difficile.

    Inventaire et suivi par satellite

    La filière ivoirienne du palmier à huile a profité du salon de l'Agriculture à Paris pour demander un soutien accru des chercheurs du CIRAD pour tous ces défis techniques, ainsi que le soutien financier de l'Agence française de développement. L'AFD qui a insisté sur la nécessité de préserver les écosystèmes, elle évoque un inventaire et un suivi des zones à haute valeur de conservation (HCV) et de stockage de carbone (HCS) en Côte d'Ivoire, si besoin par satellite.


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