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    Loubna Ksibi, fondatrice de la start-up «Meet My Mama»

    Loubna Ksibi ©RFI/Gabrielle Marechaux

    « Aujourd’hui l’économie » brossele portait de Loubna Ksibi, une jeune figure de l’entrepreneuriat social et solidaire, qui a monté sa start-up « Meet My Mama » et dont le parcours débute par un choix singulier.

    L’histoire de Meet My Mama commence par un refus. Celui de Loubna Ksibi, sa fondatrice qui décline un poste en CDI chez IBM à la fin de ses études, en 2017. La jeune femme a grandi à Metz en se rêvant docteur. Quelques années plus tard, après des études en médecine interrompue et une bifurcation vers une école de commerce elle a conservé le souhait de trouver un sens à ce qu’elle fait : « J’ai découvert l’entrepreneuriat social lors d’une conférence, et ça m’a énormément plus ça a été une vraie révélation. »

    Avec deux associés et l’audace de ses 25 ans, elle continue alors le projet entrepreneurial qu’elle a lancé pendant ses études, et Meet My Mama naît. L’idée part d’un constat simple : d’un côté, il y a des femmes du monde entier avec un savoir-faire de cuisinière à valoriser, et de l’autre des grandes entreprises qui ont recourt fréquemment à des services de traiteurs.

    Et le succès est au rendez-vous

    A l’heure de fêter sa première bougie, l’entreprise affiche un chiffre d’affaires de plus de 600 000 euros, et collabore avec une centaine de femmes : « Aujourd’hui, on a plus de 350 clients et on n'a jamais démarché, on n'a jamais dépensé zéro euro pour de la communication, c’est vraiment les entreprises qui sont venues à nous et idem du côte des mamas, on n’a pas eu du tout du mal à en trouver et on s’est rendu compte qu’on avait un vrai besoin. »

    Souvent triplement discriminées par l’origine, le sexe et l’âge, sur le marché du travail, les mamas révèlent des talents d’entrepreneures hors pair quand on leur donne la chance assure Loubna Ksibi : « Y’a aucun défi qui les arrêtent. On a eu par exemple une prestation pour 2 000 personnes, on pensait que ça allait être compliqué, mais elles nous ont dit "nan, nan ne vous inquiétez pas" et au contraire ce sont parfois elles qui nous rassurent et qui nous mettent en confiance. »

    Meet My Mama féminise ainsi un secteur très masculin, injustement, constate Loubna Ksibi : plus de 90 % des chefs sont des hommes alors que quand on leur demande d’où vient leur inspiration c’est souvent de leur mère ou de leur grand-mère dont ils parlent. Très souvent, on envoie en CAP cuisine des jeunes qui ont des difficultés scolaires et qui ne sont pas forcément passionnés de cuisine. En parlant avec un chef, il nous a dit : « mais de ma promo, il en reste peut être dix qui sont toujours chefs aujourd’hui, tous les autres ont fait autre chose car on les a mis dans cette voie par défaut. Le gouvernement aurait plutôt intérêt à financer des formations à des personnes pour qui c’est vraiment la passion. »

    Et cette passion justement, une certaine Aminata Kané que vous avez rencontrée l’avait…

    Cette Française originaire du nord de la Côte d’Ivoire était, il y a deux ans, encore cadre dans les ressources humaines, mais elle aimait à côté de ça organiser des buffets de mariage. Elle décide alors de lancer son restaurant et son service traiteur, et de contacter Meet My Mama : « J’ai appelé Loubna, donc je lui ai expliqué ce que je faisais, et tout et elle m’a dit "bah écoute Aminata, tu as ce qu'il nous faut, et nous, on est ce que tu recherches". Parce que, en fait, dans l’événementiel, on a du mal à vraiment percer, vous savez y’a de grosses grosses entreprises, c’est déjà un terrain qui est miné. »

    Chez Meet My Mama, Aminata Kané reçoit des formations en hygiène et sécurité, design culinaire, prise de parole et numérique, et elle est aujourd’hui très fière de servir sa cuisine ivoirienne au Medef, au ministère de l’Intérieur ou bien des Affaires étrangères : « On est des ambassadeurs ! Mon rêve, c’est de présenter la cuisine ivoirienne et africaine différemment, depuis toujours en France quand on pense à la cuisine africaine on pense tout de suite trop gras, trop sucrée, trop salée, donc moi j’ai envie de donner une nouvelle image de la cuisine africaine, loin de la malbouffe, très variée, et bio surtout. »

    Et en travaillant avec Meet My mama, Aminata Kané a aussi fait des ponts entre la cuisine ivorienne et française

    Elle propose par exemple des macarons au gingembre, au bissap, des financiers à la patate douce… Si cette « mama » ivoirienne a changé de voix, d'autres venues d’Islande, du Sri Lanka, d’Ethiopie, de Syrie ou du Pérou ont connu des trajectoires différentes : réfugiée, mère au foyer, prothésiste dentaire dans leur pays d’origine, il y a autant d’histoire que de mamas, et il y a bien plus de mamas que celles qui collaborent avec Loubna Ksibi. D’après la start-up, il y aurait 500 000 femmes sans emploi issues de l’immigration en France, soit autant de mamas entrepreneures potentielles, donc.


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