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    Côte d'Ivoire: les difficultés d'Olheol Industries

    Un homme ramassant du coton en Côte d'Ivoire. Naashon Zalk/Bloomberg via Getty Images

    Faisant partie des rares gros employeurs privés de Bouaké, la deuxième ville du pays, Olheol Industries Côte d’Ivoire, filiale de la société française Olheol Investissement, n’a jamais fonctionné à plein régime depuis la reprise de l’entreprise Trituraf en 2009. Spécialisée dans la transformation des graines de coton en huile et en tourteaux, endettée, elle est à l’arrêt depuis trois ans. L’usine est aujourd’hui convoitée, selon son propriétaire.

    Olheol Industries Côte d’Ivoire fait face à un problème d’approvisionnement. En quatre campagnes, cette unité n’a obtenu que 122 000 tonnes de graines au lieu des 800 000 tonnes attendues.

    « On a perdu pour cela entre 800 millions et 1,2 milliard de francs CFA chaque année, explique Sékou Keita, son directeur général. J’ai repris la direction générale en septembre 2016 et j’ai pu commencer à rembourser les banques à hauteur de 1 milliard de francs CFA et 100 millions d’arriérés de salaire. Ce qui fait que fin septembre 2016, on était à 4 milliards de francs CFA de salaires versés à nos employés » depuis 2009.

    L’usine est donc à l’arrêt depuis 2016, faute de graines de coton, alors que la Côte d’Ivoire produit chaque année au moins 300.000 tonnes de coton, s’étonne Sékou Keita. « La matière première est vendue plutôt à l’extérieur, alors que l’État avait promis de nous garantir notre matière première. Les discussions se poursuivent jusqu’aujourd’hui, on continue d’espérer que quelque chose sera fait. »

    Pour une usine évaluée à 16 milliards de francs CFA en 2015, selon son propriétaire, l’un de ses créanciers, la Banque Atlantique, dit avoir vendu aux enchères seulement 300 millions de francs CFA l’unité de trituration, aussi bien les murs que les installations. Du matériel industriel qui est plutôt la propriété d’Olheol Investissements, la maison mère d’Olheol Industries. Une vente que le propriétaire ne reconnaît pas. L’affaire est aujourd’hui devant les tribunaux, après qu’un groupe de personnes a tenté de prendre possession de l’unité de transformation.

    Mais le groupe s’est heurté aux salariés, explique Sangaré Bengaly, délégué du personnel : « Ils disent qu’ils sont disposés à travailler avec le personnel, mais ils ne reconnaissent pas notre ancienneté et donc les arriérés de salaires. C’est comme s’ils venaient, ils nous reprenaient [en mettant les compteurs] à zéro. »

    Avec les difficultés de l’entreprise de fonctionner, cela fait plus de deux ans que les employés d’Olheol Industries Côte d’Ivoire n’ont pas été payés. « Le dernier salaire que nous avons perçu date d’octobre 2016. Mais il faut dire qu’il y a quelque mois, la direction a fait un geste à l’endroit des travailleurs. Il y avait un peu d’huile vendue et chacun a reçu 250 000 francs CFA. » Soit 380 euros.

    En attendant de pouvoir retravailler, la plupart des salariés d’Olheol Industries Côte d’Ivoire se sont tournés vers des activités du secteur informel et la situation actuelle inquiète Sangaré Bengaly. « Nous les travailleurs, on se retrouve entre le marteau et l’enclume. Là, on est parti pour une procédure judiciaire. Alors, quand est-ce que ça va prendre fin, pour que nous les travailleurs on puisse reprendre nos emplois ? On ne sait pas. »

    Le paradoxe, c’est que les égreneurs ivoiriens vendent au Mali et au Burkina Faso les graines de coton pour seulement 1 franc CFA de plus par kilogramme, par rapport au prix proposé par l’usine de Bouaké.

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