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    Algérie: «Le 5e mandat écourté ? Une provocation !» pour le RAJ (société civile)

    Université d'Alger, le 3 mars 2019: des étudiants qui protestent contre le 5e mandat du président-candidat Abdelaziz Bouteflika donnent des fleurs aux soldats. REUTERS/Zohra Bensemra

    Comment réagit la rue à Alger après la décision du président Bouteflika de ne pas aller au bout de son 5ème mandat s'il est réélu le mois prochain ? Abdelhouab Fersaoui préside un mouvement de la société civile algérienne, le RAJ, le Rassemblement Action Jeunesse, qui a déjà 25 ans d'âge. Les deux derniers vendredis, le 22 février et le 1er mars, il a manifesté à Alger contre le projet Bouteflika de 5ème mandat. Que fera-t-il vendredi prochain ? De passage à Paris, il répond aux questions de RFI.

    Abdelhouab Fersaoui préside un mouvement de la société civile algérienne,

    Abdelhouab Fersaoui, président du Rassemblement Action Jeunesse, le RAJ (société civile). RFI/Christophe Boisbouvier

    le RAJ, le Rassemblement Action Jeunesse.

    RFI : S’il est réélu le mois prochain, Abdelaziz Bouteflika est prêt à quitter le pouvoir en cours de mandat. Quelle est votre réaction ?

    Adelouahab Fersaoui : En fait, ce n’est pas la première fois que nous entendons des promesses. Bouteflika a parlé de réformes démocratiques, déjà, en 2011. Donc, aujourd’hui, le peuple algérien ne croit plus à ses promesses. La preuve, elle est donnée juste après l’annonce officielle du dépôt de sa candidature. Le peuple algérien est sorti partout, dans toutes les wilayas, pour dire : « Non. Arrêtez de mépriser le peuple algérien ».

    Tout de même, dans sa lettre aux Algériens, le président dit : « J’ai écouté et entendu le cri du cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m’ont interpellé sur l’avenir de notre patrie. Ils ont exprimé une inquiétude compréhensible. J’ai le devoir de répondre à leur exigence fondamentale, qui est le changement de système ».

    Ce n’est qu’une manœuvre pour gagner un peu de temps et rien ne garantit que ses promesses seront réalisées sur le terrain. Ce genre de déclarations, personnellement, je les considère comme une provocation pour le peuple algérien. Parce qu’aujourd’hui le pouvoir algérien est dans cette logique du dialogue de sourds, donc ce n’est pas de cette manière… Et nous attendons des décisions politiques, pour amorcer un véritable processus démocratique avec la participation de toutes les forces vives qui existent en Algérie.

    S’il est réélu le 18 avril prochain, Abdelaziz Bouteflika s’engage à organiser une conférence nationale qui fixera la date d’une présidentielle anticipée. Cette conférence nationale, est-ce que vous êtes prêt à y aller, si elle existe ?

    Le peuple algérien a prononcé son verdict. Donc, pour nous, l’organisation des élections, dans le contexte actuel, est caduque et représente un danger pour la Nation et pour le peuple algérien. Tout ce que le pouvoir déclare au-delà du 18 avril, nous le considérons comme étant des manœuvres et des manipulations. Donc, nous ne nous inscrivons pas dans cet agenda du pouvoir en place, qui veut gagner du temps, qui veut tenter de casser ce mouvement extraordinaire, un mouvement pacifique. Jusqu’à présent, il est bien géré, avec une spontanéité extraordinaire. Dans toutes les marches, il n’y a pas eu de violences. Pour nous, il faut aller vers une période de transition ouverte et inclusive, de manière apaisée et calme.

    Donc pour vous, cette lettre n’est pas un geste d’apaisement. C’est plutôt un signe de faiblesse ?

    Malheureusement, ce n’est pas un geste d’apaisement. Au contraire, c’est une provocation. Nous souhaitons que le pouvoir en place – je pense qu’il n’est pas trop tard – saisisse le message du peuple algérien, qui est clair. Il veut un changement. S’il continue de cette façon, nous ne souhaitons pas que cela dégénère, mais il assumera sa responsabilité, si le mouvement évolue d’une manière ou d’une autre.

    Visiblement, vous allez continuer de manifester. Est-ce que ce sera tous les jours ? Est-ce que ce sera tous les vendredis ?

    Jusqu’à présent, le mouvement est spontané. Il y a le génie populaire qui organise ce mouvement au niveau national. Il y a des sorties et des appels, les Algériens sortent chaque vendredi... Il y a des manifestations d’étudiants, il y a des manifestations d’avocats, il y a des femmes qui ont prévu de sortir le samedi… Donc il y a cette organisation. Il y a un seul mot d’ordre : « Non au cinquième mandat » et « Pour le changement ». Donc, la pression sur le terrain est là et - j’en suis sûr - elle va rester, parce que le peuple algérien s’est libéré. Il a cassé le mur de la peur et il ne croit plus en ces discours trompeurs. A chaque fois, le pouvoir vient pour tromper le peuple algérien. Il nous parle de la peur, de ce qui se passe en Syrie… Donc, il y a cette carte de la peur. De dire : Voilà… Il y a le risque de dériver. Mais les Algériens ont répondu à ces discours en disant que les Algériens sont différents. Ce n’est pas la Syrie, ce n’est pas la Libye. Nous avons notre propre mouvement. Jusqu’à présent, le peuple algérien a démontré sa capacité de s’organiser, sa capacité de manifester de manière pacifique. Jusqu’à présent, il n’y a pas de débordements. Donc aujourd’hui, le pouvoir algérien, à travers les forces de l’ordre qui existent - la police et d’autres forces -, est appelé à ne pas réprimer.

    Il n’y a pas eu de débordements, dites-vous. Mais vendredi dernier, cela a été quand même assez chaud, devant le Palais du gouvernement à Alger ! Est-ce que vous ne craignez pas que, la prochaine fois, la police tire à balles réelles et qu’il y ait des affrontements meurtriers ?

    Il faut signaler que, durant la marche – j’étais dans la marche à Alger –, il n’y a pas eu de violence. Il y a eu de la casse, mais c’était à la fin de la marche. Quand la marche s’est terminée, les manifestants sont rentrés dans le calme. Il y a des gens qui sont restés là-bas et qui n’ont rien à voir avec la marche. Ils ont profité de la situation pour casser et voler. Là, ce n’est pas de la responsabilité des manifestants. Il appartient à l’Etat et aux forces de l’ordre de protéger les biens publics.

    Après les émeutes de la fin des années 1980 contre le régime de Chadli Bendjedid, on a vu l’émergence des islamistes dans votre pays. Est-ce que le même phénomène ne peut pas se reproduire aujourd’hui ?

    Non. J’ai participé à la première marche du vendredi 22 février. Dans cette marche, il n’y a aucune connotation idéologique ou religieuse. La majorité des jeunes est une génération ouverte. C’est une génération de jeunes en pleine mutation. Ils sont en contact avec l’environnement. Ils savent très bien ce qui se passe dans le monde, donc on ne peut pas les manipuler facilement. Il n’y a pas la présence des islamistes. Il y a la présence des Algériens.

    Oui, mais il y avait le Front islamique du salut, il y a à peine trente ans. Et aujourd’hui, il y a de nombreux partis islamistes, comme le MSP, qui peuvent tirer parti d’un éventuel chaos politique. Non ?

    Le contexte est différent. Nous ne pouvons pas comparer ce qui s’est passé en 1992 et ce qui se passe actuellement. Aujourd’hui, il n’y a aucune force qui encadre ce mouvement, ni parti politique démocrate ni parti politique islamiste. Je suis sur le terrain. Nous avons marché et nous avons vu. Il n’y a ni la présence ni l’encadrement des islamistes, ni la possibilité que ce soit récupéré par les islamistes.

    Nous ne sommes pas dans le scénario du FIS [Front islamique du salut] dans les années 1988-1989-1990 ?

    Non, non… Nous ne sommes pas dans ce scénario. La société a changé. Il y a ces jeunes qui sont là, qui ont une autre vision et qui aspirent à la démocratie. Il n’y a pas la menace que des islamistes viennent récupérer ce mouvement, jusqu’à présent.


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