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    Initiative cacao et forêts: un plan d'action trop lent?

    Récolte du cacao en Côte d'Ivoire. Ute Grabowsky/Getty Images

    Comment réduire l'impact du cacao sur les forêts d'Afrique de l'Ouest? Les deux premiers pays producteurs que sont la Côte d'Ivoire et le Ghana se sont associés à 33 des plus grandes entreprises de l'industrie du chocolat pour former l'« Initiative cacao et forêts », qui vient de définir son premier plan d'action.

    Stopper la déforestation liée au cacao, développer l'agroforesterie et assurer un meilleur revenu au planteur, ce sont les trois axes du plan d'action de l'« Initiative cacao et forêt », qui conjugue les efforts des Etats ivoirien et ghanéen avec ceux des multinationales du chocolat. Les 33 industriels et négociants, de Nestlé à Ecom et Cargill en passant par Mondelez, Unilever, Ferrero et Cemoi s'engagent d'abord à ne plus acheter de fèves provenant des forêts classées d'ici la fin de l'année.

    Géolocalisation

    « On accompagne les coopératives et les planteurs à utiliser des outils modernes de traçage de fèves, explique Joaquim Munoz, le directeur du développement durable de Cemoi. Si un planteur par exemple vous apporte 5 tonnes et que dans le passé vous n'avez acheté qu'une tonne, vous avez un problème dans le calcul, évidemment. Second point, il faut accompagner les coopératives et les planteurs à identifier les zones à préserver. Troisième volet, c'est tout ce qui concerne la géolocalisation et l'identification précise des zones de production avec les coopératives et les dirigeants de coopératives pour éviter que ces zones de production soient dans des forêts classées. »

    « Agro-forêt classée »

    Le deuxième axe, c'est le développement de l'agroforesterie. Il s'agit d'encourager la plantation de nouvelles essences fruitières ou médicinales dans les cacaoyères. L'industrie du chocolat promet d'aider les planteurs. La Côte d'Ivoire compte ainsi restaurer un couvert forestier sur 20% de son territoire d'ici 2030. Une nouvelle catégorie est même inventée dans le nouveau code forestier qui sera voté en avril,  l'« agro-forêt classée ». Un statut intermédiaire qui permettra de régulariser ou non l'intrusion des planteurs de cacao, selon les cas. Les industriels attendent ces nouveaux tracés officiels.

    Pas assez rapide

    « Attention à ce que l'on met sous le terme d'agroforesterie, prévient prudemment Frédéric Amiel, chercheur à l'IDDRI. 5 arbres ou 100 arbres à l'hectare ? Il faut une agroforesterie complexe, estime-t-il, et on en est très loin en Côte d'Ivoire. » Quant à « la géolocalisation des zones de forêts à risque, elle ne va pas assez vite, estime Sébastien Sachet d'Earthworm Foundation. Pendant ce temps, la forêt classée de Cavally continue de subir une dégradation phénoménale. »

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