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    Hapsatou Sy, une carrière faite d'audace

    Hapsatou Sy. Lesbandits

    Hapsatou Sy, cette entrepreneure née en France d’une père mauritanien et d’une mère sénégalaise, s’est fait connaître pour sa carrière faite d’audace et sa vision personnelle du féminisme.

    Hapsatou Sy ne s’en cache pas, elle a toujours su qu’elle deviendrait cheffe d’entreprise et elle a grandi en le répétant à ses sept frères et sœurs dont elle s’occupe régulièrement. Une famille nombreuse qu’elle considère comme une force : « C’est quelque chose de très positif d’avoir grandi dans cette grande fratrie où on s’ennuyait jamais, où on vivait les uns avec les autres. Je pense que c’est très formateur pour devenir à terme entrepreneur », assure-t-elle aujourd’hui avec une voix calme. Mais ses longues mains manucurées bougent sans cesse et dévoilent toute l’énergie de la jeune femme derrière son apparence toujours apprêtée. Une élégance, explique-t-elle, reçue en héritage : « Je regardais ma maman qui pour aller au marché s’apprêtait, portait son magnifique vêtement avec son foulard sur la tête très coloré, même pour descendre les poubelles finalement et j’ai toujours eu cette vision de la beauté, très pudique, celui de la peul, ma maman est peul, cette beauté très visible, très colorée et en même temps très pudique ».

    Au moment de choisir dans quel secteur elle veut lancer une entreprise, après un diplôme d’affaire internationale passée en cours du soir c’est donc tout naturellement qu’elle se tourne vers l’industrie cosmétique, avec en tête une vision singulière de la beauté : « A l’heure justement où sur les réseaux sociaux on apprend à nos jeunes filles qu’à se maquiller et à se faire belle moi je pense que ce qui est important c’est de leur transmettre cette envie d’être vraiment à la tête de leur vie, les capitaines de leurs destins comme disait William Henley dans un poème que citait Mandela. Voilà je pense que la beauté c’est ça. J’ai dit une phrase d’ailleurs qui a pas forcément été bien comprise, mais qui est très intéressante, c’est “ton premier mari c’est le travail” parce que cette indépendance que les femmes peuvent acquérir les rendent belles ».

    Aujourd’hui, elle est à la tête d’une marque cosmétique qui vend des produits aux noms éloquents - la crème « maman m’a dit », le fond de teint « oh que je suis belle », le pinceau à maquillage « partenaire particulier - mais elle a commencé sa vie d’entrepreneure en 2005 en lançant un salon de beauté. Des débuts pas évidents : « Pendant quinze jours, il n’y avait pas un seul client et donc j’ai commencé à avoir des doutes. Du coup j’ai  pris une cinquantaine de jeunes femmes à qui j’ai mis des T shirt avec le nom de ma marque, on a débarqué chez Cathy Guetta Avenue Georges Cinq à Paris (boite de nuit d’un quartier parisien huppé), et dès le lendemain j’avais mon téléphone qui sonnait non-stop. On avait mis des flyers sur toutes les tables qui disaient “Ethnicia arrive en France”, du coup tout le monde pensait que ça venait des Etats-Unis alors qu’en fait ça venait de Paris et de ma petite tête. » 

    Mais après quelques années, les salons Ethnicia finissent par mettre la clef sous la porte, et Hapsatou Sy fait un burn-out. Autant de moments difficiles qu’elle, refuse de passer sous silence : « La difficulté fait partie de l’apprentissage et de l’expérience tout comme l’échec, ça serait bien qu’on réinvente la définition pour dire à nos jeunes que tomber et échouer est absolument nécessaire pour réussir et que finalement l’échec c’est une réussite différée », assure-t-elle aujourd’hui.

    Une réussite qu’elle croit accessible à tous et toutes et qu’elle tâche de promouvoir dans l’équipe qu’elle dirige : « Je crois dans l’intrapreneurship, c’est-à-dire que je prends des gens à l’intérieur de mon entreprise qui ont une vision entrepreneuriale et qui ne sont pas que de simples exécutants ce qui m’intéresse c’est de partager, de m’enrichir de mes collaborateurs et je pense que pour bien recruter il faut recruter meilleur que soit. »

    Et lorsqu’on demande à celle qui a réussi pourquoi les femmes sont encore en minorité dans l’entrepreneuriat, la réponse fuse : « Je pense que les femmes complexent, n’osent pas prendre leur place, n’osent pas prendre le pouvoir là où les hommes ne demandent pas l’autorisation, et prennent leur place aisément. C’est bien de dire “Oui les hommes les hommes les hommes, mais un moment…”. Je suis dure volontairement parce que j’ai envie de faire bouger les choses et j’ai pas envie de servir un discours crémeux et j’ai envie de dire vraiment ce que je pense que ce qu’on doit enseigner à nos jeunes filles c’est tu as autant de place qu’un homme, et tu ne dois pas complexer, tu dois prendre ta place sinon tu ne peux en vouloir qu’à toi-même. »

    Après sa marque de cosmétique, des magasins à Dakar et Abidjian, Hapsatou Sy vient de lancer sa chaine de télé, la jeune femme reste déterminée, mais ne veut pas se hâter : elle continue de suivre le conseil de son père « conduis lentement je suis pressé ».

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