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    Bénin: «l’essentiel est d’avoir une élection transparente» (Séverin Quenum)

    Sévérin Maxime Quenum, Garde des Sceaux, ministre béninois de la Justice et de la législation (capture d'écran). facebook.com

    Au Bénin, les législatives ont lieu le 28 avril prochain, mais toutes les listes de l'opposition ont été rejetées par les autorités. Une première depuis trente ans ! Vendredi dernier, vous avez entendu le cri de détresse et de colère de l'opposant Eric Houndété, vice-président de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, le ministre de la Justice lui répond. Il n'exclut pas un repêchage des partis recalés grâce à une décision de l'Assemblée nationale. Depuis Cotonou, Séverin Maxime Quenum, le Garde des Sceaux béninois, répond aux questions de RFI.

    RFI : Pas d’opposition aux législatives, n’est-ce pas dommage ?

    Séverin Maxime Quenum : A priori oui. Mais si tel est le vœu ou la volonté de l’opposition, que pouvons-nous ?

    Pourquoi dites-vous que c’est la volonté de l’opposition ?

    Voyez-vous, l’Assemblée nationale a voté une série de lois, qui ont abouti à une réforme à la fois du système partisan et du Code électoral. Il s’agit de lois qui mettent à la charge des partis un certain nombre de formalités. Ceux qui ont pu faire les formalités iront aux élections.

    Mais un parti comme les FCBE de l’ancien président Boni Yayi, qui a déjà une trentaine de députés à l’Assemblée nationale, il devrait normalement continuer à exister, non ? L’opposant Eric Houndété compare ces partis, qui ne sont pas mis à jour, à ces couples qui se sont mariés sous un régime ancien et qui restent mariés sous un nouveau régime. Ont-ils l’obligation de devoir se remarier ?

    Comparaison n’est pas toujours raison. Nous avons des lois qui sont très claires et je crois plutôt que nous sommes là en présence d’un syndrome lacunaire. Les anciens partis se conforment aux dispositions de la nouvelle loi et un délai a été prescrit pour cela. Alors, est-ce qu’il s’agit d’un vieux mariage ou d’un nouveau mariage ? Moi, je ne m’inscris pas dans ce registre-là. Il y a un certain nombre d’obligations qui découlent de la loi. Il faut le faire.

    Le président Patrice Talon a déclaré la semaine dernière : « Le constat est malheureux. Organiser des élections sans aucun parti d’opposition, cela n’honore pas le Bénin ».

    Je partage ce constat du président de la République et je crois que vous devrez saluer avec moi cette initiative du président de la République. Non seulement il fait le constat de ce qu’il faut que tous les partis y soient, mais en plus, c’est lui qui prend l’initiative de demander à tous les partis de faire en sorte que tout le monde y soit. C’est-à-dire de prendre toutes les initiatives. Législatives, voie constitutionnelle. Je crois que la balle se trouve de leur camp, désormais.

    Dans le camp de qui ?

    De ceux qui veulent effectivement aller aux législatives du 28 avril.

    Donc il y a une voie de sortie de crise ?

    Prônée par le président de la République. Mais il ne me semble pas voir les autres saisir la balle au bond.

    C’est-à-dire ?

    Je suis ministre en charge - entre autres -, des relations avec les institutions, je n’ai pas encore vu de proposition concrète. Le président de l’Assemblée nationale, que le président a chargé de cette formalité, ne m’a pas fait savoir qu’il y a eu un projet, une proposition de loi quelconque, destinée à trouver la solution.

    Si, il y a eu une proposition concrète ! Elle vient de l’ancien président Nicéphore Soglo. C’est le gel des réformes électorales de l’année dernière.

    C’est une incongruité, de mon point de vue.

    Et pourquoi ?

    C’est-à-dire que, lorsque l’on fait une réforme, on doit aller de l’avant ! On ne fait pas une réforme pour renoncer à une réforme. Vous savez quoi ? Ces réformes-là ont été votées par l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi il faudrait les remettre en cause, parce que certains partis seraient en retard. Parce que, ce dont il est question, c’est un retard. C’est une lenteur. A la limite, c’est de l’incurie.

    Est-ce que des partis d’opposition comme les FCBE de Boni Yayi et l’USL d’Ajavon pourront être repêchés ?

    Ça… Nous avons là à régler un problème politique. La décision appartient aux politiques et à l’institution la plus politique qui est l’Assemblée nationale. Voilà donc pourquoi le président de la République – et je salue son initiative – a souhaité que le président de l’Assemblée nationale prenne le lead pour proposer et assez rapidement une solution et qui ne passe pas forcément par le gel des réformes.

    S’il n’y a pas de parti d’opposition aux législatives de cette année, ne craignez-vous pas que l’image de la démocratie béninoise ne soit entachée ?

    Oh ! C’est relatif ce que vous dites. L’essentiel est une élection transparente. A partir de ce moment-là, si certains, par leur propre fait, par leur propre négligence, par leur propre lenteur, n’ont pas pu se présenter, je ne crois pas que cela entacherait le processus. Parce que, ce qu’il faut regarder, c’est le processus tel qu’il a été mené du début jusqu’à la fin et non pas sur des petits ratés qui sont imputables à ceux-là mêmes.

    Mais ces petits ratés ne risquent-ils pas de provoquer l’absence de l’opposition ? Ce qui serait une première depuis la Conférence nationale souveraine de 1990 !

    Et je l’entends bien. C’est une première. Vous savez que cela peut être un choix ! Et c’est pour cela que je dis, si ces partis-là choisissent de ne pas aller aux élections, à partir de ce moment-là c’est un choix clair de ne pas participer.

    Mais Boni Yayi, Ajavon et Soglo disent exactement le contraire. Ils disent qu’ils veulent aller à ces élections législatives !

    Bon… Est-ce qu’ils sont incontournables ? Est-ce qu’il faut - absolument - que les partis présidés par ces personnalités-là aillent nécessairement à l’élection pour que notre élection soit crédible ? Il n’y a pas exclusion de certains partis. Il y a, de mon point de vue, une incapacité de certains partis à pouvoir candidater.

    Nous avons appris hier que le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji avait été convoqué à la Brigade criminelle de Cotonou sur instruction du procureur de la République. Pour quelle raison ?

    C’est à la suite d’une dénonciation par un citoyen, qui a porté directement plainte contre les dirigeants du parti du Renouveau démocratique.

    Comme vous le savez, le parti PRD d’Adrien Houngbédji est très mécontent d’être écarté de ces élections législatives et son avocat accuse la Commission électorale de favoritisme. Il a même présenté des documents secrets qui compromettent les deux listes de la majorité qui sont en lice pour les législatives. Il a pointé des irrégularités dans leur dossier. Est-ce pour cela, aussi, qu’Adrien Houngbédji a été convoqué, hier ?

    Non. Il faut séparer les choses. Que le PRD ait été recalé pour ce qui concerne les élections législatives à venir, je comprends qu’il soit mécontent. Que le PRD reproche des choses à la Céna, je crois que ce n’est pas une cuisine qui regarde le gouvernement.


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