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    A la Une: l’opération séduction du pouvoir algérien

    Les nouvelles autorités algériennes Ramtane Lamamra (G) vice-Premier ministre et Noureddine Bedoui (D), Premier ministre. Photo/Montage RFI

    « 90 minutes pour convaincre de la sincérité du Président et de ses annonces formulées lundi, c’est la lourde mission, constate le Huffpost Algérie, que le Vice Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a voulu 'vendre' aux algériens à travers une émission spéciale organisée spécialement pour lui par la radio nationale, même si la veille il avait réservé l’exclusivité de sa première interview à la radio française RFI. Questionné par des journalistes 'maison' de la radio et la télé publique, le ministre a évité de répondre aux questions embarrassantes, pointe le Huffpost. Interrogé sur l’absence d’une assise juridique pour reporter la présidentielle, le ministre a botté en touche. Au sujet de la conférence nationale, là aussi rien de concret. Ramtane Lamamra n’a pas donné de date précise sur le début de ses travaux. Selon lui, elle pourrait être composée de trois blocs : les partis de la mouvance présidentielle, l’opposition avec toutes ses tendances et la société civile. 'Ce n’est pas le gouvernement qui va les désigner. Tout cela doit être discuté. Nous n’avons pas de recette magique', a-t-il insisté. »

    Justifier l’injustifiable ?

    Pour le site Algérie Focus, les propos tenus par le vice-Premier ministre « défient toute logique. Pour tenter de justifier l’injustifiable, Ramtane Lamamra a versé dans l’absurdité indécente. Ainsi selon lui, le prolongement du quatrième mandat est parfaitement faisable du moment qu’il est compatible avec l’esprit de la loi fondamentale ! Pis encore, poursuit Algérie Focus, il a avoué que ce prolongement du quatrième mandat ne trouvait aucun ancrage dans la constitution, mais qu’il était, cependant, compatible avec l’esprit de la loi fondamentale ! Interrogé sur le 'report des élections', qui est en réalité une annulation pure et simple du scrutin, il a répondu, dénonce encore Algérie Focus, que la décision avait été prise pour répondre à la volonté du peuple ! »

    « Ce jeudi, note TSA, Ramtane Lamamra sera de nouveau face à la presse en compagnie de son chef hiérarchique, le Premier ministre Noureddine Bedoui. » On attend donc de nouvelles explications sur les dernières propositions du pouvoir en place.

    En attendant, poursuit TSA, « la contestation ne faiblit pas », avec de nouvelles manifestations et grèves : professeurs, lycéens, étudiants, juges, avocats, notaires, huissiers… Et demain, vendredi, on attend à nouveau des manifestations monstres à Alger et dans les grandes villes du pays.

    Aveugle et sourd ?

    En fait, analyse le quotidien Liberté, le pouvoir algérien n’a toujours pas compris… « S’il continue à manœuvrer, c’est parce qu’il a des difficultés à assimiler la nature du mouvement qui s’exprime, estime le quotidien algérien. Pourtant, quelques caractéristiques le distinguent d’entrée : la dominante jeune des foules qu’il mobilise, la concision de sa revendication, même si elle se décline en multiples slogans, l’option consciente et partagée pour l’action pacifique et l’évidente détermination des manifestants à aller au bout de la cause. Si ce pouvoir avait su percevoir ces signes, pointe encore Liberté, il aurait aisément saisi qu’une entreprise d’envergure nationale, armée de tels attributs, ne peut être contrée par les moyens de répression politique classiques et familiers à notre système : le discours de la peur, l’usage de la menace et le recours à la manœuvre politique. »

    Gagner du temps ?

    Enfin, la presse ouest-africaine pour sa part reste très méfiante face à cette offensive du pouvoir algérien…

    Témoin, ce questionnement du quotidien Aujourd’hui à Ouaga : « qu’est-ce qui prouve que le régime, dos au mur, n’essaie pas de gagner du temps, de flirter avec le dilatoire, le temps de savoir quelle aspérité trouver pour s’accrocher et se redonner de l’élan. La personnalité dite indépendante qui doit diriger cette transition ne serait-elle pas liée et menottée au clan au pouvoir par un long mais invisible et solide cordon ombilical de manœuvre et de manipulation ? (…) Il n’est pas dans les plans des dirigeants du moment de débarrasser aussi facilement le plancher. Du reste, permettre cette proposition, c’est prolonger de fait le mandat du président algérien et rien n’exclut que cette transition n’inscrit dans les calendes de son échéance de vie, 12 nouveaux mois, voire plus. Désormais, ce pouvoir va alterner calinothérapie et menaces et aura en face, une Algérie en marche contre ce 'glissement' au forceps que tente de donner Boutef. »

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