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    A la Une: le jour le plus long en Algérie

    Sur les pancartes des manifestants à Alger on peut lire : « pas de prolongation, système dégage, foutez-nous la paix... ». Algérie, le 12 mars 2019. REUTERS/Zohra Bensemra

    Premières manifestations depuis l’annonce du report des élections aujourd’hui en Algérie. Ce sera « la grande démonstration », prédit le quotidien algérien Liberté. Soulignant que « les annonces du Président » ont « déjà » été « rejetées par la rue », ce quatrième vendredi de manifestation en Algérie « sera inéluctablement un jour de grande mobilisation », anticipeLiberté, qui se réjouit de « cette dynamique révolutionnaire inédite, mais surtout pacifique » en Algérie.

    Prédiction partagée par El Watan, qui annonce « le vendredi décisif ». Cet autre quotidien algérien souligne que « des appels à manifester s’élargissent » et met en exergue la lettre de Djamila Bouhired dans laquelle cette figure du FLN lance un appel à « la jeunesse algérienne en lutte », ce qui, pour El Watan, consiste à lancer « l’arme chimique à la figure du pouvoir ». Selon ce quotidien algérois, il s’agit-là d’un « coup dur pour l’équipe au pouvoir ».

    En tout cas, cette situation en Algérie ne manque pas d’inspirer au sud du Sahara. Ainsi en Côte d’Ivoire, le journal L’Intelligent d’Abidjan publie ce matin une tribune signée d’Anaky Kobena. Intitulée « l’Algérie et nous », ladite contribution signée par ce dirigeant politique ivoirien, qui fut dans la clandestinité l’un des co-fondateurs du FPI, le parti de Laurent Gbagbo - et qui fonda par la suite le MFA – invite les Ivoiriens à regarder de près ce qui se passe en Algérie.

    Anaky Kobena souligne ainsi qu’à la différence de l’Algérie, « ces deux dernières années, l’Afrique Noire a connu des soubresauts et des révoltes consécutives à des contentieux électoraux dans plusieurs pays, le Togo, le Benin, le Cameroun le Congo Brazzaville, la Guinée etc… Il y a eu des heurts, des dégâts matériels, des blessés, des mutilés, des disparus, et même des morts. Et pourtant, partout, les mêmes pouvoirs sont demeurés en place… C’est ce que nous devons aujourd’hui méditer. Observons et suivons tous, ici en Côte d’Ivoire, comment évoluera et finira le processus engagé en Algérie », invite Anaky Kobena dans L’Intelligent d’Abidjan.

    Le conseil de Macron à Tshisekedi

    Au Congo, c’est Emmanuel Macron qui est à la Une du Potentiel. Ce quotidien kinois publie un article du journal La Libre Belgique selon lequel le président français « a fait passer » le message suivant à son homologue congolais « Il faut vous émanciper de la tutelle de Joseph Kabila ». Le Potentiel rapporte ainsi que « les présidents Kenyatta et Macron partagent la même lecture des événements récents », et que « Félix Tshisekedi doit donner des gages de son autorité en se distançant du pouvoir de son prédécesseur »

    La France prône désormais le « gagnant-gagnant » en Afrique

    En tout cas la visite d’Emmanuel Macron en Afrique de l’Est inspire encore les éditorialistes en Afrique. La France « sort définitivement de son pré-carré traditionnel », énonce ainsi Wakat Sera. Ce journal burkinabè prédit que ses relations avec ses nouveaux « amis » seront sans doute « plus saines » qu’avec ses partenaires traditionnels en Afrique, qu’elles seront bâties sur des partenariats « gagnant-gagnant » et qu’elles serviront peut-être de modèles à un « new deal » entre Paris et tous ses partenaires, « y compris les anciens », veut croire ce confrère ouagalais.

    Rwanda : le « j’accuse » du général français

    Enfin en rappel, ces nouvelles révélations sur le génocide rwandais. Un quart de siècle après les faits, un général français à la retraite dénonce une « faute » de la France. Le général de corps d’armée Jean Varret, 84 ans, le raconte à Mediapart et à la cellule investigation de Radio France. Quatre ans avant le génocide, le chef d’état-major de la gendarmerie rwandaise lui aurait dit ceci : « je vais participer avec l’armée à la liquidation du problème. Le problème, il est très simple : les Tutsis ne sont pas très nombreux, on va les liquider ». Le général Varret accuse la France d’avoir livré des armes au pouvoir hutu de l’époque. Des accusations « totalement réfutées » par l’amiral Jacques Lanxade, qui interroge dans Mediapart : « Qu’aurions-nous dû faire ? Partir ? Mais alors c’était la guerre civile tout de suite ».

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