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    Pour Julien Raickman, «l'Europe favorise le renvoi des migrants en Libye»

    Des migrants attendent d'être pris en charge par les garde-côtes italiens, à 30 milles marins de la côte libyenne, le 6 août 2017. ANGELOS TZORTZINIS / AFP

    La réplique cinglante du chef de la mission de Médecins sans frontières (MSF) en Libye à Emmanuel Macron. Julien Raickman a publié vendredi dans le quotidien « Le Monde » une réponse au président français, qui a récemment appelé les Européens à effectuer leur « renaissance ». Pour l’association humanitaire, qui s’efforce d’apporter un soutien difficile aux migrants enfermés dans les centres de détention de Libye, la France, en livrant bientôt des navires aux garde-côtes libyens, et l’Europe, en sous-traitant la sécurité de ses frontières à la Libye, mettent des vies en péril et renient leurs principes. Julien Raickman répond aux questions de RFI.

    RFI: Vous soulignez que le président français dénonce les crimes contre l’humanité perpétrés dans les centres de détention de migrants en Libye et, en même temps, fournit aux garde-côtes libyens les moyens de refouler les exilés vers l’enfer des prisons. Est-ce donc ce double discours que vous dénoncez ?

    Julien Raickman: On connaît tous les conditions de détention dans les geôles libyennes. On en parle très souvent. Il y a pas mal de reportages qui ont été faits dessus. Malheureusement, cela ne suffit pas.

    Premièrement, on continue à encourager et à soutenir le système qui est en place aujourd’hui et qui est celui d’aller rechercher des migrants qui essaient de traverser toujours plus loin. Donc, on délègue le contrôle des frontières européennes à la Libye et cela suppose que les gens repartent dans les geôles libyennes. Or, on a eu de nombreuses déclarations des Nations unies mais aussi des Français, des Européens concernant le fait qu’on ne pouvait plus accepter de renvoyer des gens dans ces centres de détention. Nous avons donc, d’un côté, un discours et de l’autre, nous avons des actions qui sont complètement contradictoires. C’est cette hypocrisie-là que j’essaie d’exprimer dans cette lettre.

    J’imagine que MSF discute avec les autorités européennes. Que leur dites-vous et que répondent-elles ?

    On fait part de la réalité. Malheureusement, je pense que le principe de réalité, la peur de l’extrême-droite fait qu’on veut arrêter l’immigration à tout prix y compris au prix de ces vies humaines et des principes européens.

    La mission de MSF en Libye, précisément, s’efforce d’assister les migrants, essentiellement subsahariens, dans des conditions sécuritaires et, j’imagine politiques aussi, très difficiles. Quelles sont les limites qui vous sont fixées par les autorités libyennes ou, en tout cas, les autorités qui contrôlent les secteurs où vous opérez ?

    Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le contrôle réel des autorités libyennes sur les centres de détention en Libye est extrêmement variable. On en a qui sont effectivement contrôlés par le ministère de l’Intérieur, puis d’autres qui échappent très largement au contrôle des autorités centrales. Par conséquent, notre présence dans ces centres varie fortement, en fonction du bien vouloir de la personne en charge de ces centres de détention, à ce moment-là. Souvent, on a un accès qui est théorique mais qui, en réalité, varie d’une fois à l’autre, d’un jour à l’autre. On peut parfois attendre de nombreuses heures avant de voir trois patients qui nous sont amenés alors que l’on sait qu’il y a au moins 400 personnes dans ce centre de détention-là. Ensuite, on a une liberté de témoigner qui est très largement limitée. Le témoignage lui-même, les prises de photos ou encore discuter avec les détenus, c’est très difficile.

    Il y a aussi une chose que vous soulignez dans cette observation tragique que vous faites de la situation, c’est le reniement des valeurs fondatrices de l’Europe. On vous réplique bien sûr, selon la formule consacrée, que « l’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Que répondez-vous à cet argument ?

    C’est précisément cela, le fond du problème. Ce n’est pas simplement que l’on n’accueille pas les gens, c’est que l’Europe favorise le renvoi des personnes en Libye. Il ne s’agit pas d’un principe moral ou d’une position morale faciles. Il s’agit simplement de dire qu’il y a 5 700 personnes dans des centres de détention dont 20% de femmes et d’enfants. On essaie d’assister environ 3 000 personnes. Toutes ces personnes-là ont été ramenées alors qu’elles étaient en mer et qu’elles étaient souvent à quelques encablures des côtes européennes. Mais, grâce ou à cause du système qui est mis en place aujourd’hui, elles ont été ramenées en Libye. Leur situation actuelle est donc due à cette politique européenne et, quand on connaît les conditions de détention, en tant qu’Européen, quand on voit ça, le sentiment de malaise, je vous assure, est vraiment très important.

    On voit bien la situation, c’est une espèce de mécanique bloquée. Quelles sont les principales propositions portées par MSF pour répondre au drame humanitaire des migrants en Libye ?

    La première, et c’est aussi simple que cela : si les conditions de détention sont telles qu’on les connaît, on ne peut pas aujourd’hui ramener les gens en Libye.

    La seconde, c’est évidemment le nombre de réfugiés, c’est-à-dire le nombre de personnes enregistrées par le HCR [Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés] dans ces centres de détention et qui se monte à 75%. Il faut plus de places, de réinstallations dans les pays qui peuvent accueillir des réfugiés.

    Ensuite, il faut absolument laisser l’espace aux ONG pour pouvoir intervenir en Méditerranée pour secourir les migrants.

    Et puis, bien sûr, aujourd’hui en Libye, il n’y a pas d’alternatives à la détention pour les migrants en situation illégale, c’est-à-dire des femmes, des enfants… Un de nos patients a 6 ans, par exemple. Il est tout seul dans un centre de détention. Pour eux, il n’y a, aujourd’hui, concrètement, pas d’alternative à la détention en Libye. Par conséquent, c’est aussi aux acteurs humanitaires extérieurs et notamment aux Nations unies de proposer une alternative à la détention en Libye.


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