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    La France est-elle prête en cas de Brexit dur?

    Le président français Emmanuel Macron. AFP/Philippe Lopez

    Avec la crise politique qui perdure au Royaume-Uni, la perspective d’un Brexit dur d’ici trois semaines apparait de plus en plus vraisemblable. La France et ses entreprises sont-elles suffisamment préparées à cette rupture sans filet ?

    Etant donné sa proximité avec les côtes britanniques, il n’y a que 23 kilomètres entre Douvres et Calais, la France est en première ligne. Le quart des marchandises échangées entre l’Angleterre et les Vingt-Sept empruntent le tunnel sous la Manche, sans parler du trafic par le ferry. Les entreprises et l’Etat ont donc mis les bouchées doubles pour assurer la fluidité de ce trafic, priorité de tous les acteurs économiques. Les douanes, la police de l’air et des frontières, les services sanitaires, des services publics qui avaient disparu dans ces lieux de transit que sont les ports des Hauts de France, de Bretagne et de Normandie, sont ou seront réactivés. La France se targue d’être l’Etat le mieux préparé de toute l’Union.

    Les grands groupes ont tous dédié budget et personnel à ce divorce

    Cela passe parfois par des investissements dans la numérisation, par des recrutements d’agents pour effectuer les démarches administratives en zone douanière. Malgré cette anticipation, les sociétés demeurent très inquiètes, notamment dans l’industrie automobile, de loin la plus intégrée. Les stocks constitués pour éviter les retards en cas d’embouteillages ne permettront pas de tenir très longtemps dans cette industrie habituée au juste à temps d’après Marc Mortureux, le directeur général de la plateforme automobile. Sans parler des conséquences à moyen terme. Une revue complète de la chaîne des valeurs et de probables délocalisations du Royaume-Uni dont pâtiront les fournisseurs français. Et des hausses de prix avec la réapparition des tarifs douaniers dissuasifs. Les exportateurs français ont déjà beaucoup perdu dans le Brexit, Euler Hermes estime leur manque à gagner à 6 milliards d’euros depuis le référendum de juin 2016.

    Les petites entreprises sont-elles aussi averties ?

    C’est la grande inconnue. C’est pourquoi Bercy a appelé hier à la mobilisation générale. Au total 30 000 entreprises françaises exportent vers le Royaume-Uni et sont donc concernées de près ou de loin par le Brexit. Or, pour les petites entreprises aux finances déjà contraintes, pas question de dépenser un euro pour assurer un service dont on n’est pas sûr à 100 % d’en faire usage fait remarquer Jean-Marc Roué le président de Britanny Ferries. L’autre grande crainte de tous les opérateurs ce sont les autres : les petits Français, mais aussi les petits transporteurs ou exportateurs venant d’autres pays que la France, ceux d’Europe de l’Est entre autres et qui convergent vers les ports français. Ont-ils les informations, les moyens de faire front, ne vont-ils pas freiner la circulation par leur impréparation ? Impossible aujourd’hui de répondre à cette question.

    Malgré toutes les mesures prises par l’Etat, l’hypothèse d’une congestion du trafic demeure la plus grande peur des transporteurs ?

    « Nous sommes en zone de risque économique » met en garde Jean-Marc Roué le patron de Britanny Ferries. Pour éviter que le marché naturel que détient la France ne glisse vers le nord de l’Europe, il faut tout faire et même plus pour que la fluidité soit au moins équivalente estime-t-il. Son entreprise a investi 400 millions d’euros dans l’achat de nouveaux bateaux, histoire de conserver les mêmes cadences et d’ouvrir de nouvelles lignes, vers l’Irlande par exemple. Le Brexit est un risque certes, mais aussi une opportunité économique que les plus agiles ont déjà saisie.

     

    EN BREF

    Apple a présenté hier sa nouvelle palette de services, sans convaincre. Son offre est pléthorique : vidéo, kiosque à journaux, jeux en ligne et moyen de paiement. Mais encore bien floue. On ne connait pas le prix des services proposés, leur contenu parait bien maigre, pour l’instant la vidéothèque d’Apple est quasiment vide, et Apple n’a rien dit non plus sur le montant qu’il prévoit d’investir pour devenir un rival sérieux de Netflix ou Amazon.

    La directrice du FMI plaide en faveur d’un renforcement de l’impôt sur les sociétés. L’architecture actuelle de l’impôt sur les sociétés est dépassée, selon Christine Lagarde, il faut repenser le système actuel qui permet aux multinationales d’échapper largement à l’impôt via les paradis fiscaux. L’optimisation fiscale a érodé les recettes des Etats et elle pénalise encore plus les pays à bas revenus, argumente la directrice du FMI.


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