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    Togo: «Mon retour est sécurisé» dit l'opposant François Boko

    Vue de Lomé, capitale du Togo. Creative commons Flickr CC BY-NC 2.0 Joshua Turner/Climate Centr

    Après quatorze ans d'exil, l'opposant François Boko s'apprête à rentrer au Togo. Est-ce risqué ? Il affirme que ce retour est sécurisé par le président Faure Gnassingbé.

    RFI : Après 14 ans d’exil, vous vous préparez à rentrer à Lomé. Est-ce que les autorités togolaises sont prévenues ?

    François Boko : Bien sûr que oui. La décision que j’ai prise de rentrer dans mon pays après 14 ans d’exil est le fruit d’une longue réflexion qui s’est fondée sur des discussions qui ont eu lieu par émissaires interposés entre le président de la République togolaise et moi-même. Et le chef de l’Etat du Togo, suite à ces discussions, a donné son accord de principe pour un retour en toute sécurité. Cet accord de principe a été réitéré auprès des autorités françaises par son émissaire, puisque vous savez que, depuis 14 ans, les autorités françaises m’ont accordé leur protection. Donc dès lors que cet accord de principe a été confirmé auprès des autorités françaises, il n’y avait pas de raison que je doute de la sincérité de la parole présidentielle, en dépit de quelques hésitations, notamment celles liées à la délivrance de mon passeport togolais, et celles liées aux modalités de sécurité.

    Ces quelques hésitations dont vous parlez, c’est notamment la difficulté que vous avez aujourd’hui à avoir un certificat de nationalité qui permettra d’avoir un passeport togolais, c’est cela ?

    Oui, l’avocat mandaté sur le terrain à Lomé attend avec impatience la délivrance de ce certificat de nationalité qui doit permettre de me délivrer un passeport. Mais ce sont des détails. L’essentiel est que le chef de l’Etat a donné son accord de principe et a confirmé cet accord de principe auprès des autorités françaises qui, depuis 14 ans, m’ont accordé leur protection.

    Risquez-vous d’être arrêté ?

    Pour moi, l’essentiel est que le chef de l’Etat togolais a donné sa parole et j’ai pris la décision, après avoir consulté les partenaires qui à l’époque avaient contribué efficacement à mon exfiltration, je parle des Etats-Unis, je parle de l’Allemagne, je parle de l’Union européenne, donc après avoir consulté ces partenaires, j’ai pris ma décision, au vu de l’accord de principe que le chef de l’Etat a donné, de rentrer, et au vu de la main tendue, parce que je dois avouer que le chef de l’Etat a envoyé trois émissaires me proposer un retour sécurisé.

    Quelle est votre situation devant la justice togolaise ?

    Aucune procédure n’est engagée à ma connaissance contre moi.

    Vous rentrez un an avant la présidentielle prévue en avril 2020. Avez-vous des ambitions politiques ?

    C’est trop tôt pour le dire. Ce n’est un secret pour personne que je nourris des ambitions pour mon pays. Elles sont légitimes. Est-ce que de là je serai candidat en 2020 ? Je crois que c’était le sens de votre question, je pense qu’il est trop tôt pour se prononcer. Néanmoins, je peux vous rassurer que je ne m’interdis rien quand il s’agit de servir mon pays. Mon pays est englué depuis des décennies dans les antagonismes politiques qui empêchent son développement. Je veux aider à sortir de cet antagonisme permanent qui déchire la société togolaise. Je veux pouvoir aider à la réconciliation.

    Vous avez été le ministre de l’Intérieur du régime de feu Gnassingbé Eyadema. Et en avril 2005 lors de la première élection de son fils, Faure Gnassingbé, vous avez eu le courage de dénoncer la fraude, mais cela a failli vous coûter la vie. Vous avez été exfiltré à l’aide notamment des Allemands et des Américains. Quelle leçon tirez-vous de cette élection sanglante d’avril 2005 ?

    La grande leçon, c’est qu’il ne faut pas forcer les choses. Une élection à marche forcée débouche toujours sur des situations chaotiques qui, demain, ont du mal à permettre une vraie réconciliation. En tout cas, il n’y a pas de raison fondamentale que la conquête du pouvoir puisse déboucher sur des atteintes à des vies humaines. La grande leçon que je tire, c’est qu’il faut que des élections servent à la réconciliation au lieu qu’elles ouvrent des blessures qui demain seront difficiles à panser. Donc tant que cette approche des processus électoraux crédibles n’est pas ancrée dans nos habitudes, on aura toujours des prises de pouvoir chaotiques qui, malheureusement, ne peuvent pas permettre à l’élu de mettre en place son projet de société.

    Et pour la présidentielle de l’année prochaine, de 2020, pensez-vous que le président sortant, Faure Gnassingbé, a le droit de se représenter ou pas ? C’est la question qui divise aujourd’hui au Togo…

    Pour l’instant, je ne suis pas encore dans l’arène politique. J’ai encore des obligations de réserve et je ne souhaite pas me prononcer sur cette question. En temps opportun, je donnerai mon avis. Mais il appartient à la classe politique tout entière, y compris le président de la République, de faire preuve de bonne volonté pour apaiser ce pays et l’amener vers la voie de la réconciliation.

    Mais si la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’est pas indépendante, « à quoi bon faire des élections », dit l’opposition ?

    Elle a raison, l’opposition. Il faut travailler pour que la transparence du scrutin effectivement passe par l’institution qui l’organise, pour que déjà, l’institution qui l’organise soit crédible, qu’elle soit composée de manière paritaire. Il y a des préalables à une indépendance d’une institution électorale.

    Pour être candidat à la présidentielle d’avril 2020, il faut avoir résidé au Togo pendant un an d’affilée, avant le scrutin. Est-ce la raison pour laquelle vous souhaitez rentrer dès cette semaine ?

    Je vous l’ai dit, il est trop tôt pour que je me prononce sur cette question qui, je sais, vous tient à cœur. En tout cas, je ne m’interdis rien. L’enjeu majeur du prochain scrutin est de sortir des antagonismes stériles, des postures, l’une de conservation vaille que vaille du pouvoir, et l’autre d’opposition idéologique, trop idéologique pour être stratégique. Donc mon pays a besoin vraiment de normalité politique.

    Voilà plusieurs mois que vous demandez votre certificat de nationalité, vous ne l’obtenez pas. Est-ce que le pouvoir ne va pas retarder la délivrance de ce document afin d’essayer de vous empêcher d’être candidat l’année prochaine ?

    Je n’ose pas croire qu’on peut exclure du jeu politique par des méthodes d’un autre âge, mais tout est possible. Pour moi, ce ne sont que des détails. Mais vous avez raison, utiliser ce détail pour empêcher ou pour faire barrage à une potentielle candidature n’est pas politiquement élégant. L’essentiel pour moi est de rentrer au Togo, en toute sécurité, de retrouver les miens et de renouer avec le peuple togolais dans ses joies comme dans ses difficultés.

    Notre confrère Togo Actualités se demande si vous allez renoncer à votre « confort de technocrate international » pour descendre dans l’arène politique ?

    « Confort de technocrate international », c’est trop dire. Quand il s’agit de servir mon pays, je ne m’interdirai rien. Servir mon pays est plus honorifique que tout autre confort imaginaire. Je veux aider ce pays à sortir du statu quo dans lequel il s’est englué depuis des décennies. J’estime que, jusqu’à présent, je n’ai pas suffisamment rendu à ce pays ce qu’il m’a donné.


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