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    Algérie: l'intervention du général Ahmed Gaïd Salah montre «un besoin au sein de l'armée»

    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika aux côtés de son chef d'état-major des armées, Ahmed Gaïd Salah, à Alger le 27 juin 2012. REUTERS/Ramzi Boudina/File Photo

    Le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a demandé l’activation de l’article 102 de la Constitution, ouvrant ainsi la voie à un départ du président Abdelaziz Bouteflika. Pourquoi cette décision ? Qui est derrière cette annonce ? Le clan familial du président peut-il avoir été associé ? Pour décrypter ce dernier coup de théâtre, Akram Kharief, journaliste spécialiste des questions de défense et de sécurité, directeur du média en ligne MenaDefense, répond aux questions de Marie-Pierre Olphand.

    RFI : Le chef d’état-major de l’armée algérienne a demandé l’application de l’article 102 de la Constitution. Est-ce que c’était à lui de faire cette démarche ?

    Akram Kharief : Pas spécialement à lui, mais il fait partie des institutions qui sont habilitées à faire cette demande. Et le fait qu’il l’ait faite comme ça, de manière officielle, dénote d’un besoin exprimé à l’intérieur de l’armée algérienne pour que soit mis fin à cette situation politique qui est pour le moins très compliquée.

    Quand Ahmed Gaïd Salah demande l’application de l’article 102 pour déclarer Abdelaziz Bouteflika inapte au nom de qui le fait-il ? Au nom des militaires, au nom du clan Bouteflika de qui il est proche ?

    Il le fait, je pense, après concertation à l’intérieur de l’armée et après l’expression de la volonté de changement, et de concrétiser le changement politique. C’est très important parce que plusieurs options se présentaient pour le chef d’état-major. L’une des options aurait été de décréter l’état d’urgence ou l’état d’exception, et donc prendre de facto le pouvoir de manière directe. Mais là, il semble que la volonté des militaires algériens parce que Ahmed Gaïd Salah ne s’est en aucun cas exprimé en son propre nom, il le fait après concertation, à l’intérieur de l’état-major, pour qu’il y ait remise sur les rails d’un processus de changement politique, et non pas un processus militaire.

    Ce que vous dites, c’est que l’armée aurait très bien pu choisir de serrer la vis et de renforcer son pouvoir en décrétant l’état d’urgence par exemple au vu des manifestations. Et là, l’armée décide donc de renvoyer plutôt la balle du côté de la Constitution ?

    Il semble que l’armée ait décidé de se délester de la charge politique qu’elle avait. C’est un phénomène que l’on voit depuis maintenant une vingtaine d’années. Il y a une distanciation volontaire de la part des militaires dans la gestion de la cité. Aujourd’hui, ils ont décidé que c’était une bonne occasion de rompre directement avec le monde politique et laisser faire ce monde-là, tout en se positionnant comme garant de la Constitution et comme garant de la sécurité et des biens publics et des citoyens.

    Est-ce que cela veut dire que, si l’armée souhaite enclencher ce processus avec l’article 102, elle a un candidat et elle aura peut-être un candidat à présenter aux prochaines élections qui arriveront beaucoup plus rapidement que prévu ?

    Je ne pense pas parce que dans le cas où il y aurait eu un candidat choisi par l’armée, il y aurait là aussi eu la possibilité de l’imposer déjà comme président de transition.

    Parce qu’on disait beaucoup qu’on maintenant Abdelaziz Bouteflika à la présidence parce qu’aucun consensus n’était trouvé au sein du système, même si le mot est vague. Est-ce que là cette annonce ne peut pas vouloir dire justement qu’un consensus a été trouvé et que le processus peut s’accélérer, et que maintenant le système est prêt à des élections parce qu’un candidat consensuel a été trouvé ?

    Je ne pense pas. Je pense au contraire que le calcul qui a été fait à l’intérieur des différentes sphères du pouvoir algérien, incluant l’armée, incluant les services secrets, c’est que vu l’étendue de la protestation sur le terrain, le fait que des millions d’Algériens sortent tous les vendredis manifester de manière jusque-là pacifique, tout ceci fait qu’il y a énormément de pression qui est mise sur ces cercles-là. Il me semble que le pouvoir a réellement peur des conséquences de ces sorties répétitives de la population et des citoyens dans la rue. Ils ont peur qu’il y ait un incident, ils ont peur qu’il y ait des dérapages, ils ont peur de la manipulation et de la récupération. Donc, l’application de l’article 102 est une façon résignée de jouer le jeu contre des garanties de pacification de l’ordre public et des garanties pour éviter d’éventuels dérapages parce que la situation fait réellement peur.

    Est-ce que le chef d’état-major de l’armée a pu faire cette déclaration sans avoir l’aval du président ou en tout cas de son frère, de ses plus proches ?

    Autant Ahmed Gaïd Salah est très intimement lié par son passé personnel d’ancien combattant, qu’il se sent réellement frère d’Abdelaziz Bouteflika, autant il n’a aucune relation tangible avec son jeune frère.

    Le clan présidentiel n’a pas forcément validé cette option à l’heure qu’il est ?

    Le clan présidentiel est en perte de vitesse. Il n’y a qu’à voir les ralliements en masse de ce qui faisait les mamelles de ce clan-là : le FLN [Front de libération nationale], le RND [Rassemblement national démocratique], ces deux partis politiques qui étaient des châteaux forts pour le président. Quand on voit que les membres de ces deux partis se rallient et que sa direction ferme les yeux, on voit que ce clan-là est dans un très mauvais état.


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