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    Algérie: «Le clan Bouteflika risquait la prison» (Maghreb Emergent)

    Ihsane El Kadi, directeur de «Maghreb Emergent» @ElkadiIhsane

    Le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné dans la soirée du 2 avril. Jusqu'au bout, son clan familial a tenté de résister. Mais l'armée l'a menacé de prison, affirme le directeur de Maghreb Emergent, Ihsane El Kadi.

    RFI : Ihsane El Kadi, votre première réaction à la démission d’Abdelaziz Bouteflika ?

    Ihsane El Khadi : Mitigée. Mitigée parce que, dans la tête des observateurs, acteurs, citoyens et militants, dans le contexte algérien, Bouteflika était symboliquement tombé dès le 22 février. Tout le reste était une question d’agenda et d’organisation de la transition. Mais quand même, satisfaction d’avoir réussi au bout de sept semaines de mobilisation populaire pacifique. Ce beau résultat était quasiment impensable il y a un peu plus d’un mois.

    Je n’ai pas compris votre première réponse. Vous avez dit « mitigée ». C’est cela ?

    Mitigée, parce que c’est une décision qui ne va pas arrêter le mouvement. Il faut bien être d’accord là-dessus ! La décision du président Bouteflika, c’est de laisser [le pouvoir] à Abdelkader Bensalah, le président du Sénat, qui est un homme du système Bouteflika pendant toutes ces dernières années. C’est lui qui va assurer l’intérim. L’article 102 signifie que c’est le gouvernement en place qui va assurer les élections dans trois mois, sous le même régime légal. Autant de choses qui sont totalement refusées, à la fois par le mouvement populaire et par l’opposition.

    Il y a quand même, Ihsane El Kadi, un épisode important. Lundi soir, on a le camp Bouteflika qui dit que le président choisira le jour de son départ et ce mardi après-midi on a l’armée qui dit : « Non, non… Il ne choisit pas le moment de son départ. Il part tout de suite ! ». Cela veut dire, quand même, qu’il se passe des choses à l’intérieur du système.

    Il s’est passé des choses. Il y a une compétition entre deux agendas. Il y a une compétition entre l’agenda du général Gaïd Salah, qui va se retrouver face au mouvement populaire et qui veut garder la main sur la transition. Le général Gaïd Salah voulait faire démettre Bouteflika par le canal de l’article 102 et rester dans un processus où les institutions sont sous la coupe de l’armée. Personne ne pense en Algérie que, quelqu’un comme Abdelkader Bensalah [le président par intérim] peut résister au chef d’état-major, si celui-ci lui dicte sa feuille de route pour l’élection présidentielle qu’il est supposé organiser au titre de son nouveau statut de président par intérim.

    De même que personne ne peut penser une seconde que le Premier ministre Noureddine Bedoui va résister à l’armée ou organiser des élections autrement que de la façon dont l’armée le voudra. Donc, le chef d’état-major voulait rester dans ce cadre-là, supposé être celui de la Constitution. Alors qu’il y avait un deuxième agenda, celui du clan Bouteflika, d’une tentative désespérée de toute dernière minute, de redonner la main au mouvement populaire, en amenant l’ancien président Zeroual à être à la tête d’une Haute instance de la Transition. C’est cet agenda-là qui a été combattu. Et c’est pour cela que le général Gaïd Salah a accéléré le départ de Bouteflika, en usant de menaces physiques. Il est évident que l’arrestation des frères de Bouteflika était sur la table, si jamais il ne se démettait pas dans les délais fixés par le chef d’état-major.

    Donc, ce deuxième agenda aurait mis hors circuit le chef d’état-major. Zeroual ayant été destinataire d’une proposition de Saïd Bouteflika pour assurer cette transition-là, parce qu’il a été revendiqué et réclamé par une partie du mouvement populaire. On ne peut pas dire que le nom de Zeroual, pour diriger la transition, ait fait l’unanimité du mouvement populaire, mais il y a une frange du mouvement populaire qui a souhaité que ce soit l’ancien président qui assure la neutralité de cette instance de la transition, censée nous mener vers la refondation des institutions, au titre de la fondation d’une deuxième république.

    Donc, à vous écouter, il y a deux camps actuellement dans le système. Il y a le camp Saïd Bouteflika, qui soutient une transition Liamine Zeroual, et le camp du général Gaïd Salah qui soutiendrait - alors là, ce n’est pas très clair -, une transition avec le président actuel du Sénat Abdelkader Bensalah ? C’est cela ?

    Absolument. C’est celui qui hérite légalement de la transition, oui. Sauf que, c’était vrai - ce que vous dites -, jusqu’ à la démission du président Bouteflika. Le fait nouveau c’est qu’il n’y a plus deux clans. Il n’y en a qu’un seul.

    Oui, le camp Saïd Bouteflika a perdu ?

    Définitivement.

    Ce qui est impressionnant, Ihsane El Kadi, c’est la façon dont l’armée sort de l’ombre ! Puisque c’est par un communiqué du ministère de la Défense, à l’issue d’une réunion de tous les chefs d’état-major de l’armée algérienne qu’Abdelaziz Bouteflika a été sommé de démissionner ce mardi soir.

    Elle ne sort pas de l’ombre, l’armée. L’armée a communiqué tout le temps, par la voie de son chef d’état-major et vice-ministre de la Défense. Et le général Gaïd Salah, aujourd’hui, essaie de jouer le rôle du Zorro qui va nous débarrasser de Bouteflika. Mais bon… Personne n’est dupe, Vous aviez des manifestations, avant cette annonce, dans les rues d’Alger des étudiants, pour dire : « Le gouvernement est à nous, c’est nous qui allons le désigner ». Et donc, la prochaine bataille, cela va être de décider de qui va diriger la transition. Il est à peu près certain que les Algériens vont refuser que ce soit cet attelage, qui vient de se mettre en place, qui la dirigera.

    Donc, si vendredi prochain les manifestations sont à nouveau massives, c’est le général Gaïd Salah qui sera visé par les manifestants ?

    Il faut s’attendre à cela, effectivement. Evidemment, une partie de l’ancienne base du système, qui, ayant bien compris que cela ne servait plus à rien de soutenir Bouteflika, s’est mise à soutenir le général Gaïd Salah, justement sous ce nouveau jour de sauveur et d’allié du mouvement populaire. Mais personne n’est dupe. Les médias, qui étaient des médias pro-Bouteflika, sont devenus des médias pro-Gaïd Salah. Et là aussi, l’opinion n’est pas dupe.

    Donc l’histoire est loin d’être terminée ?

    Non, non… Pas du tout. En dehors de cette frange, dont j’ai parlé, de la société algérienne, qui va essayer de nous vendre l’idée que l’on vient de gagner, l’essentiel, pour l’instant, sera encore dans la rue, vendredi, pour dire : « On ne veut pas d’Abdelkader Bensalah pour organiser les élections et on ne veut pas de Bedoui à la tête du gouvernement ». Le mot d’ordre c’est : « le système dégage, et vous partez tous ». Et donc, le dégagisme va se poursuivre.


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