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    Comores: «Chacun doit payer pour ce qu'il a fait» dit le président Azali Assoumani

    Le président des Comores, Azali Assoumani (image d'illustration). AFP/Gianluigi Guercia

    Aux Comores le président Azali Assoumani a été réélu avec près de 60% des voix. Le chef de l'Etat prêtera serment fin mai. Il a déjà mis fin à son congé électoral et repris la direction du pays. Pourtant, l'opposition continue de contester l'élection du 24 mars. Un scrutin entaché de violences et de soupçons de fraudes. Les adversaires du chef de l'État se sont rassemblés autour d'un Conseil national de transition, dont le président est en prison. Azali Assoumani est l'invité d'Afrique matin. Il répond aux polémiques et aux doutes autour de sa réélection, au micro de Sébastien Németh.

    ► A lire aussi : Comores: l'opposition discrète après la proclamation des résultats

     

    RFI : Est-ce que pour vous, c’est la fin de cette crise électorale ?

    Azali Assoumani : Je suis un humain, mais je l’espère. Comme c’est une institution légale mise en place qui a proclamé, que tout le monde doit être d’accord pour cela. Pour les récalcitrants, ce sera le moment effectivement de les convaincre d’aller dans ce sens-là.

    Vous avez tendu la main à vos adversaires. Est-ce que, dans cet appel, vous incluez le Conseil national de transition (CNT) ?

    Le CNT, c’est quoi ? (rires) C’est un organe qui n’existe pas. S’ils enlèvent le « T », il n’y a pas de problèmes. Au contraire, je ne demande que ça. Ils enlèvent le « T », « Conseil national », de l’opposition, de dialogue. Mais comment on peut parler d’une transition alors que les élections sont déclarées  ? Je pense que maintenant le match est fini. Une transition, c’est presque un coup d’État. Si cela se maintient, c’est un défi à la République. J’espère que la main que j’ai tendue hier, ils ont compris qu’on a intérêt à aller ensemble. Si c’est l’opposition, oui. Mais le CNT pour moi, il n’y a pas de transition.

    Pensez-vous que les représentants du CNT doivent être poursuivis par la justice ?

    C’est à la justice de dire qui a fait quoi, qui doit être libéré ou pas.

    S’il y a des sanctions pénales, est-ce qu’il n’y a pas un risque de tendre à nouveau le pays ?

    Il n’y a pas de risque. Chacun doit payer de ce qu’il a fait, parce qu’aujourd’hui, un agriculteur qui tue quelqu’un, on le met en prison ; un homme d’affaires qui fait de la politique n’est pas mis en prison parce qu’il est politique. Dans des grands pays, il y a des anciens présidents qui sont en prison, pourquoi ce qui est faisable dans ce pays-là n’est pas faisable ici ? C’est parce qu’on est un petit pays, c’est parce que ça se voit ? Non, ce n’est pas une raison.

    L’opposition vous accuse de fraude électorale. Est-ce que, selon vous, l’élection a été complètement crédible ?

    C’est du déjà entendu. Mais notre campagne, telle qu’elle a été organisée, effectivement avait une forme qui prédisait les résultats par rapport à nos adversaires. Ce qui est quand même un peu étonnant malgré cela, ils se sont mis dans la campagne. Ils ont participé aux élections. J’ai entendu un candidat qui a dit : « heureusement, ça se passe bien », à 10 heures et demie. Mais comment on peut comprendre qu’à partir de 16 heures, il faut renvoyer les accesseurs, ils cassent les urnes dans leur fief ? Les observateurs, qui étaient là, étaient très honnêtes. C’est vrai, il y a eu des couacs, mais comparé à d’autres pays, il n’y a pas de comparaison. Mais, j’ai vu des communiqués de missions diplomatiques, des félicitations de mes pairs présidents. Eux peuvent dire « fraude, fraude, fraude ». La Cour suprême a déclaré les résultats. On ne peut pas dire qu’il n’y avait pas de problèmes, il y en a eu. Mais globalement, cela s’est très bien passé.

    Vous mentionnez la Cour suprême. Certains disent que malheureusement, cette institution n’est pas assez crédible parce que certains juges ont été nommés par vous-même, monsieur le président. Que répondez-vous ?

    Par rapport à l’ancienne Cour constitutionnelle qui était là, il n’y avait même pas un seul juge de formation professionnelle. Mais tous les autres, c’était des gens qui étaient pris par le président qui devait les nommer. Cette Cour suprême a le mérite que c’est seulement des juges professionnels. On dirait tout ce qu’on voudra. Et c’est une Cour suprême qui était là avant même que je n’arrive au pouvoir.

    Sur les incidents, il y a quand même plusieurs journalistes qui ont vu cinq blessés, dont trois par balles. Certes, les autorités n’ont pas constaté ces victimes parce qu’elles sont parties se faire hospitaliser à Mayotte. Est-ce qu’il y a eu un usage excessif de la force ce jour-là ?

    Je vous réponds que c’est un faux mensonge. Quand on est blessé, il y a des hôpitaux ici. Vous pouvez m’expliquer, qu’on est à Anjouan, qu’on a eu une balle et au lieu d’aller dans un hôpital Anjouanais, on est parti à Mayotte. C’est du n’importe quoi.

    Vous savez très bien, monsieur le président, que les autorités de Mayotte, elles-mêmes, ont reconnu avoir reçu des blessés par balles et qu’ils sont venus parce que les hôpitaux mahorais sont peut-être de meilleure qualité que les hôpitaux d’Anjouan…

    Ce n’est pas une raison. Avant d’aller dans un hôpital meilleur, on va dans un autre hôpital. Et c’est le médecin qui dit : allez ailleurs. Je peux vous dire que les autorités mahoraises qui ont répondu ça, je les appelle à venir ici, on va faire un face-à-face avec eux. Pour montrer le blessé. Si les autorités mahoraises certifient cela, ça, c’est très grave. Ce n’est pas digne d’un pays comme la France. Déjà pour aller à Mayotte, il faut un visa. Pourquoi ils sont partis sans visa ? L’humanitaire, quand ils sont partis, pourquoi ils n’ont pas téléphoné aux autorités comoriennes pour leur dire ? Mais ils jouent le jeu, ce jeu de manipulation politique. Je peux vous dire que c’est du faux, du faux, et je mets au défi n’importe qui de venir me dire qui a été blessé, où et comment il est parti à Mayotte. Je peux vous certifier ça.

    Quasiment tous vos adversaires, durant la campagne et encore aujourd’hui, souhaitent un éventuel retour aux accords de Fomboni, la capitale de l'île de Mohéli, et à l’ancienne Constitution. Est-ce que c’est un débat qui aujourd’hui est terminé, sur lequel il ne faut pas revenir ?

    Comment voulez-vous qu’on retourne en arrière alors qu’on est déjà en avance  ? Posez-leur la question : pourquoi pendant les assises, ils ne sont pas venus défendre les accords de Fomboni ? S’ils vous répondent, vous revenez me poser la question.

    Trois journaux privés ont été interdits de publication parce qu’ils allaient faire un titre sur les mauvais traitements subis par un journaliste à la gendarmerie. N’est-on pas dans une censure pure et simple de la presse ?

    L’état a des moments, il a les moyens d’agir pour prévenir, au cas où. Donc ils n’ont pas été censurés. Mais c’est le titre du jour « La guerre commence » qui a été interdit. Ça, je suis d’accord. On ne peut pas permettre ça. Ça arrive dans tous les pays du monde. Des fois, ce sont des journalistes qui font des choses incommensurables, on les rappelle à l’ordre. Je suis prêt à me défendre devant la FIDH [Mouvement mondial des droits humains – FIDH]. Ils sont d’abord Comoriens, ils doivent penser à l’intérêt du pays.


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