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    Mouigni Baraka Saïd Soilihi: aux Comores, «il n'y pas eu d'élection, c'est un coup d'État»

    Une femme comorienne passe près du port le 25 mars 2019 à Moroni, aux Comores. AFP/Gianluigi Guercia

    Aux Comores, le président Azali a été réélu avec près de 60% des voix. Le chef de l’État prêtera serment fin mai. Il a déjà mis fin à son congé électoral et repris la direction du pays. Pourtant, l’opposition continue de contester l’élection du 24 mars. Les adversaires du chef de l’État se sont rassemblés autour d’un Conseil national de transition (CNT), dont le président est en prison. Azali Assoumani a tendu la main à ses adversaires. Le président par intérim du Conseil National de Transition, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, répond, au micro de Sébastien Németh.

    RFI : Quelle est votre réaction après l’annonce des résultats finaux ? Est-ce que c’est la fin de cette crise électorale et on tourne la page ?

    Mouigni Baraka Saïd Soilihi : Il n’y a pas eu d’élection. Pour nous, c’est un coup d’État. Les résultats de la Cour suprême n’engagent pas les Comoriens. Nous comptons continuer le combat pour aller vers l’annulation de ces élections.

    Est-ce que vous pensez que le président Azali peut quitter le pouvoir ? Pour l’opposition, il n’y a pas un sentiment d’impuissance un petit peu ?

    D’abord, il faut que l’opposition s’organise. Et cela n’a pas été facile parce que, c’est douze candidats des partis politiques différents et d’ailleurs la plupart aussi, ce sont des candidats indépendants. Et c’est pour cela que nous avons créé le CNT. Donc nous pensons toujours que nous pourrons gagner, quelle que soit l’armada qu’il a. Il n’est pas le seul dictateur qui a cette armada. Mais après tout, ils sont tous tombés.

    Vous avez dit « ça n’a pas été facile ». Est-ce que l’opposition aujourd’hui est divisée sur la stratégie à adopter ?

    Ce n’est pas une division, chacun a sa manière de réfléchir. C’est plutôt l’échange, tout ce qui se décide, c’est que nous sommes tous d’accord. La charte vient d’être signée. Pour le moment, sur les douze candidats, il n’y a qu’un seul candidat qui n’a pas signé. Le plus important, c’est que chacun doit écouter l’autre.

    Vous n’avez pas réagi tout de suite à l’annonce des résultats. Est-ce que cela ne montre pas que le CNT est divisé ?

    Comment est-ce qu’on allait réagir, immédiatement on est poursuivis ? L’État fait tout pour étouffer le CNT. Donc ce n’est pas du retard, c’est la pression du groupe Azali, c’est insensé.

    Justement, avez-vous des nouvelles du président du CNT, Soilihi Mohamed ? [arrêté le 28 mars après avoir annoncé avoir pris la tête CNT]

    Ce matin, c’est sa femme qui doit aller voir le procureur. Pour le moment, nous n’avons pas de nouvelles. On ne sait pas réellement les motifs, on ne sait pas où il est. Mais même s’il veut nous faire peur, je crois que personne n’a peur. On se prépare aussi. Les gens vont descendre dans la rue pour réclamer leur victoire le 24.

    Aujourd’hui, que demande le CNT concrètement ?

    D’abord l’annulation des élections. Ensuite, la mise en place d’un gouvernement de transition et cette structure va bien sûr aller vers l’organisation d’autres élections, avec d’autres organes qui ne seraient pas la Céni [Commission électorale nationale indépendante], qui ne seraient pas la Cour suprême d’Azali.

    Comment justement obtenir cette transition ? Quelles actions allez-vous mener ?

    Nous sommes prêts à dialoguer, mais ce dialogue doit être bien sûr patronné par l’Union africaine. Mais je pense que c’est au cours de ce dialogue que tout sera décidé.

    Organiser des manifestations, des grèves, des journées ville morte, ce genre de choses, est-ce que pour l’instant ce n’est pas à l’ordre du jour, est-ce que vous attendez ?

    Je crois que les manifestations auront lieu, ça sera toujours des manifestations pacifiques. Nous, nous avons écrit à l’Union africaine pour leur demander d’intervenir parce que nous ne voulons pas que cette crise dégénère.

    Une campagne de désobéissance civile avait été annoncée. Elle n’a pas encore eu lieu. Est-ce que cela veut dire que ce projet est abandonné ou c’est toujours discuté ?

    Non, ce n’est pas abandonné. On est partis d’un élan, on est revenus et puis on reprend. Même la notabilité s’aligne avec le CNT. Je vois même qu’il y a des oulémas. Si toutes les équipes se retrouvent, je pense que ces actions-là qui seront menées et ils vont réussir bien sûr.

    Engager ce type d’action, est-ce qu’il n’y a pas une équation difficile à résoudre parce que les Comoriens sont un peuple très pacifique, mais les Comoriens sont aussi un peuple pauvre ?

    La réalité ici, c’est le pouvoir qui est faible. Mais la réalité du pouvoir, c’est dans la capitale. Donc lorsqu’il y a soulèvement dans toutes ces régions, lorsque ces gens-là se sentiront tous concernés, le pouvoir ne résistera pas. Le pouvoir est dans l’impossibilité aujourd’hui de quadriller tous les villages. Donc le pouvoir n’aura qu’à négocier.

    Est-ce que porter le combat dans la rue n’est pas un risque d’entraîner un bain de sang et une arrestation des membres du CNT ?

    Mais les arrestations, ce n’est pas ça qui nous fait peur. Et dire que la manifestation, c’est du bain de sang, le sang c’est Azali qui le fait parce que c’est lui qui a des armes. Mais le militaire, il reçoit les ordres et après tout c’est un Comorien. Ces gens-là, ils se rendent compte. Ils ne vont pas continuer à tirer, ils vont peut-être continuer à négocier.

    Le jour de l’élection, vous aviez appelé la population à empêcher le retour des urnes et à vous rejoindre au palais du Peuple. Très peu de gens finalement avaient répondu à cet appel. Est-ce que vous ne craignez pas un nouvel échec dans les démarches que vous allez engager ?

    Oui, cela a été un échec l’autre jour. Mais vous savez aussi que ce jour-là, c’est le jour du vote. Donc les gens étaient chez eux, il n’y avait pas de moyens de transport. Donc cela a été un peu difficile. Mais la marche à Moroni a réussi. Récemment, nous avons fait appel à des prières et cela a été suivi un peu partout. Ce n’est pas un échec, c’est peut-être un moment qui n’a pas été bien étudié. Et c’est pour cela que toutes les actions actuellement, nous réfléchissons, vous voyons la manière où ces actions-là vont réussir.

    Sur le long terme, avec l’application de la réforme constitutionnelle, est-ce que vous craignez de nouvelles crises, de nouvelles violences, peut-être à Anjouan ?

    J’ai peur des montées d’esprit séparatiste, mais il y a certains Anjouanais qui ne veulent même pas entendre parler d’un Grand Comorien. Ils se disent qu’après tout, lorsque vous avez pris le pouvoir, voilà ce que vous faites. Cela me fait vraiment peur, le pays n’a pas besoin de ça. On n’a pas besoin de se déchirer.


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