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    A la Une : Netanyahu en piste pour un cinquième mandat

    Les deux partis placés en tête dans les sondages aux élections législatives israéliennes du mardi 9 avril : le Likoud, de Benjamin Netanyahu, et le parti Bleu et blanc, de Benny Gantz. À Petah Tikva, Israël, le 7 avril, 2019. REUTERS/Nir Elias

    Malmené dans les sondages, le Premier ministre israélien pourrait malgré tout tirer son épingle du jeu ce mardi à l’issue des élections législatives anticipées.

    En effet, constate Libération, « s’il est à la traîne dans les sondages, Nétanyahou, qui crie à la défaite assurée, pourrait, malgré tout, de nouveau gouverner avec son bloc de droite. (…) Les derniers sondages, précise le journal, accordent entre 4 et 5 sièges de plus à ses rivaux Benny Gantz et Yaïr Lapid, alliés de circonstance sous la bannière Bleu et Blanc, dont le chétif programme peut se résumer à 'tout sauf Nétanyahou'. Mais suivant un subtil mécanisme parlementaire, où chaque grand parti doit compter sur l’appui de ses satellites, le 'bloc' de la droite et des partis religieux devrait rester dominant à la Knesset. Ainsi, pointe Libération, même si le Likoud n’arrive qu’en deuxième place, il suffira à Nétanyahou de réunir 61 députés pour poursuivre son long règne. »

    Mobilisation générale à droite

    Netanyahu qui a joué son va-tout samedi dernier en annonçant qu’Israël, sous sa direction, étendrait sa souveraineté à l’ensemble des colonies établies en Cisjordanie.

    « Geste décisif, commente Libération, qui reviendrait à annexer une bonne partie des Territoires occupés et ruinerait une bonne fois pour toutes la perspective déjà infime de voir une paix s’instaurer un jour entre deux Etats, l’un palestinien, l’autre israélien. »

    En fait, analyse Le Monde, « risquant d’être devancé par le parti Bleu Blanc de l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, Nétanyahou lance la mobilisation générale à droite. Il joue sur le réflexe du vote utile en faveur du Likoud, pour éviter l’éparpillement des voix entre les petits partis. (…) Mais, au-delà du simple cynisme électoral, poursuit Le Monde, les propos du premier ministre israélien confirment sa fuite en avant populiste et identitaire. Focalisé sur sa survie face aux enquêtes judiciaires pour corruption qui le cernent, 'Bibi' a organisé une polarisation politique détestable en Israël, estime le quotidien du soir. La droite a imposé l’idée d’un affrontement entre 'nous', les patriotes, et 'eux' : les faibles, les traîtres, les gauchistes, les médias, les défenseurs des droits de l’homme. Tous ceux qui ne partagent pas ses projets. Tel est le vrai enjeu du scrutin de ce 9 avril. »

    Baisser les impôts des Français !

    A la Une également, l’urgence fiscale… C’est la principale conclusion du grand débat.

    « Le mal s’est aggravé, constate Le Figaro. Diagnostiqué dès août 2013 par Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie, le 'ras-le-bol fiscal' des Français a franchi un cap pour atteindre la 'tolérance fiscale zéro'. À en juger par les propos d’Édouard Philippe, qui rendait compte hier à Paris des principaux enseignements du grand débat national, la baisse des impôts fait désormais figure d’urgence nationale.

    Alors « chiche, deux fois chiche ! », s’exclame Le Figaro. « 'Vite baisser les impôts' ? Si tel est le cas, ce serait une première dans notre pays où les prélèvements obligatoires battent tous les records du monde. » Et si pour ce faire, il faut baisser la dépense publique, « chiche encore ! », lance le quotidien de droite.

    Pour Le Courrier Picard, « c’est un peu court ! (…) Le grand débat est résumé par les impôts à baisser. Voilà pour l’instant ce qu’Édouard Philippe en a retenu, adoubé par l’hôte élyséen et en attendant que la parole présidentielle ne résonne à la mi-avril. Baisser les impôts veut tout et rien dire. Baisser les impôts de qui, quand, comment ? »

    La Croix est dubitative également : « la baisse des impôts est sans doute le souhait le plus communément partagé par les Français. Ce n’est pas pour autant le seul. Le discours prononcé hier par le Premier ministre en témoigne, puisqu’il a également évoqué l’attente d’un rééquilibrage des territoires ou le souci de la transition écologique. Objectifs qui demanderont des investissements publics pour être atteints. » Or, relève La Croix, « si la priorité est donnée à une baisse des impôts pour tout le monde, les sacrifices à faire dans les dépenses existantes n’en seront que plus grands. Et les protestations seront nombreuses. Une impasse fiscale risque d’être remplacée par une autre. »

    En tout cas, constate L’Alsace, « le grand débat a créé une forte attente. S’il fut juste une habileté, la désillusion sera brutale. Si des mesures importantes sont annoncées, elles devront d'abord être crédibles. Dans les deux cas, l’heure de vérité approche, et les difficultés d’Emmanuel Macron s’apprêtent à repartir de plus belle. »

    Macron attendu au tournant

    La balle est donc désormais dans le camp du président : quand va-t-il s’exprimer ?

    « Sur l’entrée en scène du Président, le plus grand flou demeure, pointe Le Parisien. 'On pense que ça devrait être avant le 20 avril. L’Élysée a envisagé une grande émission télé ou une interview dans la presse régionale, mais rien n’est fait', grince un collaborateur ministériel. 'Sa réflexion est quand même avancée', rassure toutefois un pilier de la majorité, sans en dire plus. Seule certitude, le maître des annonces, ce sera lui. 'Politiquement, il a endossé le risque. C’est son idée, il l’a animée. Ce serait illogique qu’il ne porte pas les annonces', martèle un dirigeant du parti. »

    Que va-t-il décider ? Le Parisien avance plusieurs pistes : Emmanuel Macron pourrait bien proposer une baisse de l’imposition visant les classes moyennes en rendant l’impôt plus progressif. Il pourrait proposer aussi des baisses ciblées de la TVA. Revoir les règles des allocations chômage. Mieux adapter les services publics aux attentes du public. Ou encore, instaurer une démocratie plus participative.

    Libye : Haftar aux portes de Tripoli

    Enfin, retour à Libération qui consacre une double page à la situation en Libye… « Libye : le maréchal Haftar fait trembler Tripoli », titre Libé. « Depuis cinq jours, l’autoproclamée Armée nationale libyenne dirigée par le chef militaire tente d’investir la capitale, siège du gouvernement (formé sous l’égide des Nations-Unies). Le rapport de force lui est défavorable mais son offensive surprise pourrait saper le processus de paix porté par l’ONU. (…) Que cherche Haftar ? Il n’en fait aucun mystère, répond Libération. Le maréchal de 75 ans a maintes fois menacé de marcher sur Tripoli pour 'purger la région, dit-il, des terroristes et des mercenaires' et de les remplacer par une toute-puissante armée nationale unifiée dont il prendrait bien sûr la tête. »

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