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    J.-B. Elias (Le Fonac): «La démocratie risque de tourner en dictature» au Bénin

    Des policiers montent la garde dans une rue de Cotonou, le 11 mars 2019, lors d'une marche pacifique de l'opposition (image d'illustration). Yanick Folly / AFP

    La campagne électorale pour les législatives du 28 avril commence vendredi prochain au Bénin. À moins d’un nouveau coup de théâtre, ces élections n’opposeront que deux partis de la mouvance présidentielle, car toutes les listes des partis d’opposition ont été disqualifiées. Des élections sans l’opposition au Bénin. C’est une première depuis l’instauration du multipartisme, en 1990, dans un pays pourtant considéré comme le modèle de la démocratie en Afrique francophone. Une perspective qui inquiète au plus haut point la société civile béninoise. À l’instar de Jean-Baptiste Elias, président du Front des organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac) et qui a prévu de monter une mission d’observation dans les 14 000 bureaux de vote du pays.

    RFI : Pourquoi êtes-vous aussi inquiet ?

    Jean-Baptiste Elias : Il semble, avec ce qui se passe actuellement, qu’il n’y aura qu’un seul son de cloche au Parlement pour légiférer. Et de ce point de vue il n’y aura pas de contradictoire. Il n’y aura donc que la pensée unique. Toute chose que nous avons refusée au Bénin depuis les années de la dictature militaro-marxiste. Quand les dérives s’installent, les lois qui seront prises ne seront pas forcément dans l’intérêt du peuple et la démocratie risque de tourner en dictature. Et cela fait peur à tout le monde. Cela inquiète tout le monde. Voilà le problème.

    Comment en est-on arrivé là, selon vous, à qui la faute ? Est-ce que c’est le président Talon qui n’aurait pas été sincère ? Est-ce que c’est l’opposition qui se serait montrée jusqu'au-boutisme ? Est-ce la faute des politiciens, de manière générale ?

    Pour nous, que la faute soit à droite ou à gauche, nous souhaitons savoir qui peut donner la réponse, qui peut donner la solution. Celui qui a la clé pour donner la solution afin que l’apaisement que nous souhaitons au Bénin puisse avoir lieu, c’est le président de la République. Au niveau de l’Assemblée nationale, ils ne se sont pas mis d’accord pour prendre les lois dérogatoires pour avancer. Le chef de l’État, conformément aux dispositions de l’article 68 de la Constitution, peut prendre une ordonnance pour mettre en veilleuse les deux lois qui posent problème : à savoir, le Code électoral et la charte des partis politiques. C’est cela que nous avons souhaité, afin que tout le monde puisse aller aux élections. C’est ça qu’il s’agit.

    Prendre une ordonnance c’est l’article 68 de la Constitution des pouvoirs exceptionnels, en-cas, par exemple, de non-fonctionnement des institutions. Mais aujourd’hui, les institutions fonctionnent. Ce n’est pas un article préventif, explique-t-on du côté du pouvoir.

    Non. Dans ce pays, au Bénin, les chefs d’État ont pris bel et bien une ordonnance pour promulguer le code des marchés publics.

    Vous voulez dire que c’est banalisé ?

    C’est banalisé, bien sûr. Une fois que l’on a fait ça dans ce pays. Une situation qui est en train de chercher à paralyser le pays, à paralyser le nouveau Parlement. C’est une situation préoccupante. Prendre une ordonnance pour ça, à notre avis, nous, de la société civile, nous estimons que c’est nécessaire. Il fallait le faire, puisqu’au niveau du Parlement, ils n’ont pas pu prendre les lois dérogatives qu’il faut.

    Et vous attendez cela du chef de l’État, aujourd’hui ?

    Jusque-là, c’est encore possible. Nous supplions le chef de l’État de prendre cette ordonnance pour calmer le jeu.

    Et justement, s’il refuse ?

    Ce serait la mort dans l’âme que nous, organisations de la société civile, nous allons constater le refus du chef de l’État. Mais nous estimons, nous avons toujours espoir, que le chef de l’Etat aime bien ce pays, qu’il veillera à ce qu’il n’y ait pas de tensions, qu’il n’y ait pas de remous. Et nous pensons qu’il acceptera et qu’il fera ce que nous souhaitons.

    Mais est-ce que ce n’est pas trop tard, aujourd’hui que la décision semble prise, que le processus électoral est lancé ?

    Pour sauvegarder la paix dans le pays, il n’est jamais trop tard.

    Une ordonnance du chef de l’État cela veut dire aussi un report des élections ? Vous êtes favorable ?

    Nous sommes encore dans la logique de faire les élections jusqu’au 12 mai. C’est vrai que les lois prévoient que la campagne électorale dure deux semaines. Mais nous avons déjà connu au Bénin des campagnes électorales qui ont duré trois jours. Tenez. Prenons l’hypothèse que le chef de l’État prend son ordonnance ce jour. Le lendemain, tous les partis politiques qui sont en rade vont déposer leur candidature dans une semaine au plus tard. Puis, on ouvre la campagne électorale pour une semaine et nous irons au plus tard le 12 mai. Nous sommes toujours dans ce calendrier. Là, ça ira. Mais on perd du temps à tourner en rond et à ne pas ouvrir la porte, jusqu’à ce que nous nous retrouvions face au délai qui posera problème. On va dire que c’est l’opposition qui a son calendrier.

    Pendant ce temps, l’opposition menace. Pas d’opposition, pas d’élection, dit-elle. N’est-ce pas la politique du pire ?

    Malheureusement, nous ne souhaitons pas cela pour le pays. S’ils vont aux élections et qu’ils sont battus, ils vont se ranger. Mais les empêcher d’aller aux élections, ils vont se prévaloir de cela pour faire ce que nous ne souhaitons pas. Hélas.

    Que peut faire, selon vous, la société civile dans ce cas de figure ?

    Elle ne peut rien faire, puisqu’elle ne peut pas obliger le chef de l’État à prendre la décision que nous proposons.

    Pas question de rejoindre l’opposition dans des appels à manifester ?

    Non, non… Il n’est pas question pour nous autres d’appeler à manifester. Nous ne sommes pas dans des partis politiques, ni de la mouvance ni de l’opposition. La société civile ne peut qu’exhorter les uns et les autres au calme pour qu’il y ait la paix dans le pays.

    Est-ce que ce risque de troubles est vraiment réel ? Il n’y a pas de signes aujourd’hui ?

    Mais c’est le calme qui est trompeur. Il y a une formule simple qui dit : frustration + frustration = détonation. Personne ne peut préjuger de ce qui va se passer. Et de ce point de vue, nous, nous sommes dans le peuple. Nous interrogeons les gens, nous les voyons. L’inquiétude est là ! Personne ne veut d’un Parlement monocolore ! Sauf ceux qui ont intérêt à y aller. En dehors de ceux-là, personne ne vous dira ici, au Bénin : « Moi, je veux un Parlement monocolore ». Et nous savons que, quand ça commence, on ne sait jamais quand et comment ça va finir. Nous ne le souhaitons pas pour le Bénin.


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