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    Report du Brexit: quel impact pour Dublin en Irlande?

    Un panneau anti-Brexit à la frontière entre les deux Irlandes, le 1er décembre 2017. Paul FAITH / AFP

    Le Brexit n’aura donc pas lieu demain, soit deux semaines après la date initiale à laquelle le Royaume-Uni devait quitter l’UE. Au contraire, les 27 ont accordé davantage de temps aux Britanniques pour s’entendre sur l’accord de divorce. Ces développements sont toujours suivis de près en Irlande. Quel impact pour ce nouveau report à Dublin où, cette nouvelle extension est sans doute une bonne nouvelle ?

    Alors, un divorce brutal et imminent est évité, c’est vrai. L’Irlande n’y aurait eu aucun intérêt car elle a beau se préparer à l’éventualité d’un Brexit dur depuis quelques temps, elle aurait eu du mal à gérer cette rupture soudaine. Difficile d’imaginer l’imposition du jour au lendemain de contrôles douaniers, notamment à la frontière entre les deux Irlande. Ce serait un véritable casse-tête, même si l’on sait que Dublin discute depuis quelques temps déjà avec Bruxelles de l’hypothèse d’un Brexit sans accord et de ses conséquences sur l’île.

    On se souvient d’ailleurs que ça a été l’un des principaux points de négociation entre Londres et les 27. Quelles options existe-t-il aujourd’hui pour éviter le retour d’une frontière ?

    En fait il n’y en a qu’une pour Dublin et les 27 : c’est le backstop, le filet de sécurité contenu dans l’accord de sortie que l’UE a négocié avec Londres. Il prévoit, en gros, que si aucune autre solution n’est possible pour maintenir la frontière irlandaise en l’état, c’est-à-dire invisible, le backstop interviendrait. L’Irlande du Nord britannique continuerait alors à suivre les règles et les normes européennes comme l’Irlande. Pas de divergence entre les deux pays, pas besoin de contrôles donc.

    Sauf que cet accord de divorce, le Parlement britannique l’a rejeté trois fois déjà !

    Effectivement, d’ailleurs c’est précisément le backstop qui pose problème. Les plus ardents partisans du Brexit y voient une tentative délibérée de Bruxelles d’empiéter sur la souveraineté du Royaume-Uni. Parmi ces Brexiters, il y a les unionistes nord-irlandais dont les voix sont déterminantes à Westminster. Ce sont les premiers adversaires du traité de divorce en l’état. Ils ne cessent d’ailleurs de rappeler que l’une des seules majorités qui s’est dégagée au Parlement britannique pour l’instant réclame la suppression ou le remplacement du backstop. Hors de question pour les 27, et en particulier pour l’Irlande, qui martèlent que l’accord de divorce ne peut être renégocié à ce stade.

    Pourquoi alors Dublin souhaitait-il une extension dans une situation qui semble verrouillée ?

    Tout d’abord pour éviter le crash immédiat que représenterait un Brexit dur. Sans doute également dans l’espoir que Theresa May finira par convaincre le Parlement britannique dont le dernier vote sur l’accord de retrait n’a échoué qu’à quelques dizaines de voix près. Et puis les récents pourparlers à Londres entre les conservateurs de la Première ministre et le parti travailliste ont peut-être donné aux Européens motif à envisager une sortie de l’impasse…

    Les 27 réclamaient une raison valable pour proposer une extension. Une entente bipartite en est une, si elle se solde par un vote du traité de divorce. Ce n’est d’ailleurs certainement pas innocent si le Premier ministre irlandais a évoqué hier l’hypothèse d’une future union douanière entre l’UE et le Royaume-Uni où Londres aurait son mot à dire car c’est une option que souhaite le Labour de Jeremy Corbyn qui a tout de suite salué cette déclaration de Leo Varadkar. Or, une union douanière serait aussi un moyen d’éviter en partie la réimposition d’une frontière en Irlande.


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