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    A la Une : la chute d’Omar el-Béchir au Soudan

    Des manifestants opposés au président Omar el-Béchir ont rejoint des militaires sur leurs véhicules blindés, jeudi 11 avril 2019 à Khartoum. AFP

    Il s’appelle Ahmed Awad Ibn Ouf, il est ministre de la Défense et premier vice-président au Soudan, il a grade de lieutenant-général, et c’est en treillis militaire, épaulettes étoilées et béret à écusson qu’il apparaît en Une du journal Sudan Tribune. Le nouvel homme fort de Khartoum vient de « renverser al-Bashir », pointe la version en ligne de ce journal soudanais. « Moi, ministre de la Défense (…) annonce le déracinement du régime et l’arrestation de sa tête », a dit ce militaire engalonné, rapporte Sudan Tribune.

    Déjà beaucoup de commentaires en Afrique ou en France. « Béchir comme Bouteflika », lance ainsi Wakat Sera. Pour ce confrère burkinabè, il est désormais « certain » qu’un un air de « printemps arabe » a recommencé à souffler sur l’Afrique. Et il est, selon lui, tout aussi certain que cet air printanier doit bien « faire trembler certains dirigeants ». Certes, admet-il, « des mains invisibles se cachent souvent derrière ces soulèvements populaires ». Toutefois, complète Wakat Sera, il est « clair que les peuples africains ne veulent plus se laisser mener comme des moutons par des hommes forts qui ne visent que l’éternité au pouvoir ».

    En France, le journal Libération n’écrit pas autre chose. Ce qui vient de se jouer au Soudan – en plus de l’Algérie - est un « printemps arabe, saison 2 », formule ce journal en Une. Et Libé d’agiter le « spectre » qui hante le monde musulman, « le spectre de la liberté », tout en soulignant que « le vent levé par les « printemps arabes » de 2011 n’est pas retombé. On pouvait penser, avec une sorte de résignation, que le monde musulman était condamné, comme en Syrie ou en Egypte, à louvoyer entre Charybde et Scylla, entre les islamistes d’un côté et les régimes militaires de l’autre (avec une variante, comme au Soudan, où régnait un régime à la fois militaire et islamiste). Les événements récents montrent qu’un troisième acteur tient toujours son rôle : le peuple », se réjouit Libération.

    Escape game au Mali

    Il s’appelle Aliou Mahamane Touré. Cet ancien commerçant était le « commissaire de la police islamique » de Gao lors de l’occupation de cette ville par le Mujao. Il avait fait amputer des voleurs et fait fouetter en public des femmes qui ne portaient pas le voile. En août 2017, il avait été condamné à dix ans de prison par la cour d’assises de Bamako pour atteinte à la sûreté de l’État, détention illégale d’armes, association de malfaiteurs et coups et blessures aggravées.

    Selon Mediapart,  Aliou Mahamane Touré « a été discrètement libéré le 17 février dernier. Incarcéré depuis son jugement à la maison centrale d’arrêt de Bamako, il en a été extrait par des agents de la Sécurité d’État, avec un autre homme, Mamadou Sangaré, dit "Tchambel", qui venait tout juste d’arriver dans la prison en provenance des geôles de la Sécurité d’État et dont le parcours est pour l’heure peu connu. Depuis, les deux hommes ont disparu », révèle Mediapart, qui évoque un « probable échange de prisonniers entre le gouvernement et les groupes djihadistes ».

    Au-delà, « l’écrasante majorité des djihadistes, pourtant accusés de nombreux crimes, n’a été ni jugée ni condamnée », souligne ce journal en ligne. Depuis février dernier, « quinze autres détenus, dont certains étaient liés à des groupes djihadistes, ont eux aussi été extraits de la maison d’arrêt et ont disparu des radars de l’administration pénitentiaire », énonce Mediapart.

    Gbagbo et les autres, huit ans après

    En Côte d’Ivoire, c’était hier le huitième anniversaire du 11 avril 2011, jour où Laurent Gbagbo fut arrêté par les troupes d’Alassane Ouattara avec l’aide de l’armée française. Et pour l’ex-président de la République de Côte d’Ivoire, c’était le premier de ces huit anniversaires passé parmi les siens à Bruxelles, hors les murs de la prison de la CPI, qui l’a acquitté le 15 janvier dernier à l’issue de son procès en première instance.

    En Côte d’Ivoire-même, « chaque 11 avril voit  chaque année chacun interpréter l’histoire à sa façon dans le but de servir son propre story-telling », remarque l’hebdomadaire ivoirien en ligne Aujourd’hui. Lequel y voit la « preuve que huit ans après ces terribles événements, ses principaux acteurs ne sont toujours pas réconciliés ».

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