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    Le marché de la vanille se rééquilibre lentement

    Des gousses de vanille. Géraud Bosman/RFI

    L'ingrédient des crèmes glacées, dont la saison commence dans l'hémisphère nord, la vanille a vu son marché se rééquilibrer en 2018, après trois années de flambée des prix. Mais la récolte à venir à Madagascar cette année risque d'être moins bonne que l'an dernier.

    La floraison est moins dense et plus tardive cette année dans les plantations de vanille de Madagascar, de loin le premier fournisseur de cette épice avec 80 % des exportations mondiales. La récolte de la vanille verte pourrait n'intervenir qu'à partir de mi-août, voire septembre, soit deux mois après la date normale. « Les risques que la prochaine récolte apporte des gousses immatures sont donc élevés, souligne Emmanuel Nee directeur du département ingrédients chez Touton SA, l'importateur français, ce qui se traduirait à coup sûr par de faibles rendements de production et des qualités bien inférieures à l'an dernier ».

    Amélioration de la qualité

    2018 avait pourtant été marquée par une accalmie sur le marché de la vanille. Il était temps après le record de 2017 : un pic à plus de 500 dollars la tonne, contre 30 dollars encore en 2012. L'apogée d'un emballement lié à l'engouement des consommateurs pour la vanille naturelle et aux accidents de récolte à Madagascar. Avec à la clé une spéculation folle, qui s'était retournée contre les cultivateurs malgaches, puisqu'on leur volait la vanille et qu'ils n'avaient plus le temps de sécher correctement les gousses. La pénurie s'était donc accompagnée d'une baisse dramatique de la qualité.

    Une demande en chute de 25 %

    En 2018, les prix ont cessé de grimper et se sont même repliés un peu, même s'ils restent élevés, autour de 400 dollars la tonne. La production malgache s'est améliorée en qualité comme en quantité (1 900 tonnes en 2018-2019 contre 1 750 tonnes en 2017-2018 et 1 150 tonnes en 2013-2014).

    Surtout la consommation de vanille a considérablement chuté : à 1 900 tonnes en 2018, elle est anticipée à 1 700 tonnes seulement cette année, contre 2 800 tonnes consommées en 2013-2014. « En cinq ans, la demande de produits 100 % à base de vanille naturelle pourrait avoir diminué de 25 %, estime le négociant français. Les acheteurs ont logiquement développé des stratégies alternatives, de reformulation et de nouvelles recettes contenant plus de produits non vanillés », explique-t-il.

    Substitution par... le clou de girofle

    C'est d'ailleurs ce qui motive parallèlement une demande accrue pour le clou de girofle dont l'essence, riche en eugénol, permet de produire de l'arôme naturel de vanille. Là aussi Madagascar est le premier exportateur mondial, même si les Comores, l'île tanzanienne de Zanzibar et le Brésil sont des concurrents sérieux. Mais là aussi la production est très irrégulière, ce qui peut faire passer les prix du simple au triple (de 4 à 13 dollars le kilo) selon les années.

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